lundi 2 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2202731 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | CHAMBRE 1 |
| Avocat requérant | LAMPRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 5 décembre 2022, le 12 décembre 2022 et le 26 juillet 2023, Mme F et Mme B, représentées par Me Lampre doivent être regardées comme demandant au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de condamner la commune de Biarritz à leur verser la somme de 10 000 euros en réparation de leur préjudice moral et la somme de 1 560 euros en réparation de leur préjudice matériel ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Biarritz la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- un contrat tacite les liait à la commune de Biarritz en vue de l'exposition d'objets anciens de l'art basque et que la commune n'a pas tenu sa promesse ;
- la commune s'est engagée à tenir cette conférence de sorte que les requérantes ont engagé des frais liés à l'exposition de leurs œuvres.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 4 juillet 2023 et le 5 octobre 2023, la commune de Biarritz, représentée par Me Cambot conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme F et Mme B une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- il n'existe aucun contrat la liant aux requérantes, leurs discussions en amont doivent s'apparenter à des pourparlers ;
- le courriel en réponse de la directrice de la médiathèque n'a pour objet d'engager la commune mais d'informer de la prise en compte de leurs courriels ;
- la commune de Biarritz ne s'est jamais engagée envers les requérantes.
Un mémoire présenté pour Mme F et Mme B a été enregistré le 9 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crassus,
- les conclusions de Mme Neumaier, rapporteure publique,
- et les observations de Me Lampre qui informe que les manifestations culturelles antérieures avec les mêmes acteurs se sont déroulées de manière verbale et qu'il ne s'agit, en l'espèce que d'une répétition de sorte que le cumul de manifestation donne droit à une promesse.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F et Mme B soutiennent que la commune de Biarritz est engagée en raison de la non-exécution du contrat verbal qui les liait concernant l'exposition qui devait se dérouler en juin 2022 au sein de la médiathèque de Biarritz. Elles sollicitent la somme de 10 000 euros en réparation de leur préjudice moral subi et l'indemnisation de 1 560 euros au titre du remboursement du matériel acheté en vue de l'exposition.
Sur la responsabilité contractuelle de la commune de Biarritz :
2. En premier lieu, il est constant qu'aucun contrat n'a été signé entre la commune de Biarritz et les requérantes. Les requérantes ne peuvent donc pas se fonder sur les relations contractuelles avec la commune, inexistantes au cas d'espèce.
3. En deuxième lieu, les requérantes soutiennent qu'elles ont conclu un accord tacite avec la commune de Biarritz. Il résulte de l'instruction que si Mme F et Mme B ont participé à de nombreuses manifestations culturelles sur la culture basque, aucun document ne permet de considérer que la commune de Biarritz a lancé officiellement le projet consistant à exposer les objets de la culture basque appartenant aux requérantes. Les courriels échangés avec Mme E, directrice de la médiathèque ne permettent pas d'établir, contrairement à ce que soutiennent les requérantes, que l'exposition pour laquelle elles auraient investi dans du matériel de présentation, aurait lieu. Les deux parties n'ont pas suffisamment échangé pour convenir qu'un tel projet d'exposition conférence les liait. Il ne résulte pas de l'instruction qu'un projet d'exposition des œuvres des requérantes était envisageait. En outre, la période d'exposition des œuvres dans la médiathèque de Biarritz n'était pas fixée à des dates précises. Ainsi il résulte de l'instruction que la commune de Biarritz ne peut être regardée comme s'étant engagée à exposer les objets de la culture basque appartenant aux requérantes. Par conséquent, la responsabilité contractuelle de la commune ne peut être engagée.
Sur la responsabilité quasi-délictuelle de la commune de Biarritz :
4. Le comportement de l'administration ou certains de ses agissements peuvent être analysés par le juge comme un manquement à une promesse, dès lors que la conviction que leur destinataire a pu légitimement acquérir s'est révélée infondée. Ainsi, si la responsabilité de l'administration est susceptible d'être retenue en cas de promesse non tenue, il appartient néanmoins au demandeur de démontrer l'existence d'un engagement ferme et précis qui n'aurait pas été respecté à son égard.
5. Ainsi, les documents versés au dossier ne permettent pas d'établir l'existence d'une quelconque promesse. Les seules pièces portant sur le projet d'exposition en litige permettent seulement de tenir pour établi que les consorts F et B avaient présenté un projet d'exposition sur l'art populaire basque, mais pas que la commune de Biarritz avait pris l'engagement ferme et précis de mener à terme un tel projet. Dans ces conditions, les conclusions des requérantes en tant qu'elles sont fondées sur la responsabilité quasi-délictuelle de la ville de Biarritz ne peuvent qu'être rejetées.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les dépens :
7. Mmes F et B demandent le remboursement des dépens alors que la présente instance n'a donné lieu à aucun dépens. Par suite ces conclusions ne pourront qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Biarritz, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par Mme F et Mme B. En application de ces mêmes dispositions, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de ces dernières une somme au titre des frais exposés par la commune de Biarritz dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme F et de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A F, à Mme D B et à la commune de Biarritz.
Délibéré après l'audience du 24 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
M. Rivière, premier conseiller,
Mme Crassus, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.
La rapporteure,
L. CRASSUS La présidente,
M. SELLES
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026