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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2300475

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2300475

mercredi 19 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2300475
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 février 2023 et 22 février 2024, la société civile immobilière (SCI) Anémones doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 35 000 euros en réparation du préjudice financier qu'elle estime avoir subi du fait de la faute commise par l'Etat à l'occasion du calcul de ses cotisations de taxe foncière pour les années 2006 à 2015 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2024, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ".

2. Une faute commise par l'administration lors de l'exécution d'opérations se rattachant aux procédures d'établissement et de recouvrement de l'impôt est de nature à engager la responsabilité de l'Etat à l'égard du contribuable ou de toute autre personne si elle leur a directement causé un préjudice. Un tel préjudice peut se traduire par les conséquences matérielles des décisions prises par l'administration et, le cas échéant, des troubles dans ses conditions d'existence dont le contribuable doit justifier. En revanche, ne sont pas recevables des conclusions indemnitaires qui n'invoquent pas de préjudice autre que celui résultant du paiement de l'imposition et ont, en conséquence, le même objet que l'action tendant à la décharge de cette imposition que le contribuable aurait introduite ou aurait pu introduire sur le fondement des règles prévues par le livre des procédures fiscales.

3. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale oppose une fin de non-recevoir aux conclusions indemnitaires de la requête en faisant valoir que la société Anémones a présenté une réclamation contentieuse portant sur la révision de la taxe foncière au titre des années 2006 à 2015 concernant le bien immobilier en litige situé à Cazaubon, laquelle a fait l'objet d'une décision de rejet le 19 décembre 2022 qui n'a pas été contestée devant le juge de l'impôt. Or, les conclusions indemnitaires présentées par la société Anémones tendant à la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 35 000 euros correspondent au montant des cotisations de taxes foncières qu'elle estime avoir indument acquittées au titre des années 2006 à 2015. La société Anémones n'invoque pas de préjudice autre que celui résultant du paiement de cette imposition, en se bornant à demander réparation du préjudice né de la surimposition alléguée. Ainsi, ses conclusions indemnitaires ont le même objet que l'action aux fins de décharge de cette imposition qu'elle aurait pu introduire devant le tribunal sur le fondement des règles prévues par le livre des procédures fiscales. Par suite, le ministre est fondé à soutenir que les conclusions indemnitaires de la requête sont irrecevables. Il y a lieu d'accueillir cette fin de non-recevoir et de rejeter les conclusions indemnitaires de la requête comme étant entachées d'une irrecevabilité manifeste insusceptible d'être couverte en cours d'instance, en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres fins de non-recevoir opposées en défense, que la requête présentée par la société Anémones, étant entachée d'une irrecevabilité manifeste, doit, dès lors, être rejetée, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société Anémones est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société civile immobilière Anémones et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Fait à Pau, le 19 juin 2024.

La présidente de la 1ère chambre,

M. A

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnane.

Pour expédition,

La greffière,

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