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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2300485

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2300485

vendredi 10 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2300485
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantLEPLAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 février 2023, Mme A B C, représentée par Me Macera, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 13 février 2023 de la maire de la commune de Lohitzun-Oyhercq, portant refus d'autoriser l'installation d'un mobile-home et son raccordement électrique sur un terrain dont elle est propriétaire sur le territoire de cette commune, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Lohitzun-Oyhercq une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la recevabilité :

- le recours est recevable car un mail peut être considéré comme une décision administrative faisant grief ;

En ce qui concerne la condition d'urgence :

- elle est remplie compte tenu de la situation précaire dans laquelle elle se trouve ;

- cette décision la prive de la seule solution de relogement dont elle dispose avec sa famille ;

En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité :

- elle est entachée d'un vice de forme en ce qu'elle est motivée par référence à un article qui n'existe pas ;

- cette décision est entachée d'une inexacte application des dispositions de l'article R.11-42 du code de l'urbanisme qui permet l'installation d'un mobile-home privé de ses moyens de traction sur un terrain privé pour une durée de plus de trois mois, ce qui est le cas en l'espèce.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mars 2023, la commune de Lohitzun-Oyhercq, représentée par Me Leplat conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête et subsidiairement au caractère mal fondé de la demande de référé et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme B C sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne à titre principal la recevabilité :

- aucun dossier de déclaration de travaux ou de permis de construire n'a été déposé, de sorte qu'aucune décision de refus n'a pu naitre ;

- la décision dont la suspension est sollicitée est donc inexistante et le courriel en litige présente un caractère purement informatif ;

En ce qui concerne à titre subsidiaire les conditions de la suspension :

- la condition d'urgence n'est pas remplie, dès lors que des solutions de relogement existent pour la requérante et sa famille ;

- l'erreur matérielle concernant le visa du texte ne saurait constituer un défaut de motivation, alors au surplus que comme il a été relevé, ce courrier ne présente pas le caractère d'une décision faisant grief ;

- si la requérante soutient qu'il est possible d'installer un mobile-home privé de ses moyens de traction, cela ne la dispensait pas, en tout état de cause, de solliciter une autorisation d'urbanisme, ce qu'elle n'a pas fait.

Par un courrier du 9 mars 2023 les parties ont été informées que le tribunal était susceptible de soulever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées à l'encontre du courriel du 13 février 2023 de la maire de Lohitzun-Oyhercq, lequel est purement informatif et ne présente aucun caractère décisoire.

Par une décision du 9 mars 2023 Mme B C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 22 février 2023 sous le numéro 2300484 par laquelle Mme B C demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 9 mars 2023 à 11 heures en présence de Mme Caloone, greffière d'audience :

-le rapport de Mme D ;

-et les observations de Me Taormina, substituant Me Leplat, pour la commune de Lohitzun-Oyhercq, qui confirme ses écritures en défense en insistant sur l'absence de toute demande formelle d'autorisation déposée par la requérante, de sorte que le courriel en litige doit être regardé comme une réponse apportée par la maire à une demande d'information ; maintient pour le surplus les éléments invoqués dans le mémoire en défense pour combattre l'urgence et écarter les deux moyens invoqués ; et insiste sur la demande présentée au titre des frais irrépétibles compte tenu notamment des frais de déplacement et au regard de l'irrecevabilité de la requête.

Mme B C n'étant ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à 11 h 30 à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit

1. Mme B C demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision matérialisée par un courriel du 13 février 2023 de la maire de Lohitzun-Oyhercq, portant selon elle refus d'autoriser l'installation d'un mobile-home et son raccordement électrique sur un terrain dont elle est propriétaire sur le territoire de cette commune. Par la requête visée ci-dessus, enregistrée le 22 février 2023 sous le numéro 2300484, la requérante a saisi le tribunal d'une requête au fond, en vue d'obtenir l'annulation de cet acte.

Sur les conclusions aux fins de suspension :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".

3. Selon l'article R. 421-1 du code de justice administrative, qui est relatif à l'introduction de l'instance au principal, " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () ".

4. Lorsque la requête en annulation d'une décision administrative, faisant l'objet d'une suspension présentée au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, est irrecevable, cette demande de suspension doit être rejetée comme non fondée.

5. Par son courriel du 13 février 2023, dont la requérante demande la suspension, la maire de Lohitzun-Oyhercq a indiqué à Mme B C, pour répondre à son " intention " d'installer un mobile-home, qu'au regard des dispositions applicables, son " souhait " n'était " pas possible ". Compte tenu des termes dans lesquels il est rédigé, et alors que Mme B C n'a pas justifié avoir formellement sollicité une autorisation d'installer un mobile-home sur sa propriété, ce courriel doit être regardé dans les circonstances de l'espèce comme se bornant à répondre à une demande d'information que la requérante aurait formulée. Dans ces conditions, ainsi que le soulève d'ailleurs la commune de Lohitzun-Oyhercq, un tel courriel, qui présente un caractère purement informatif, ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de recours devant la juridiction administrative. Les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B C à l'appui de sa requête au fond mentionnée au point 1, contre un tel document, sont par suite irrecevables, de sorte que sa demande de suspension présentée sur le fondement des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative n'est pas fondée.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme B C tendant à la suspension de l'exécution du courriel du 13 février 2023 de la maire de Lohitzun-Oyhercq doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige:

7. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Lohitzun-Oyhercq, qui n'a pas dans la présente instance de référé, la qualité de partie perdante, la somme que Mme B C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

8. En revanche, il y a lieu, en application des mêmes dispositions de mettre à la charge de Mme B C, la somme de 800 (huit cents) euros à verser à la commune de Lohitzun-Oyhercq au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B C est rejetée.

Article 2 : Mme B C versera à la commune de Lohitzun-Oyhercq, la somme de 800 (huit cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C et à la commune de Lohitzun-Oyhercq.

Fait à Pau, le 10 mars 2023.

Le juge des référés,

Signé

V.DLa greffière,

Signé

M.CALOONE

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Signé

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