lundi 23 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2300497 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | CHAMBRE 1 |
| Avocat requérant | SARROUILHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 février 2023, Mme D A, représentée par Me Sarrouilhe doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 310 310,47 euros procédant de la mise en demeure valant commandement de payer en date du 13 octobre 2022 et à ce que soit mis à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle n'a jamais été tenue au courant de la procédure d'examen et n'a jamais réceptionné d'avis de mise en recouvrement dès lors qu'elle a divorcé en novembre 2017 ;
- le bien-fondé de l'imposition méconnaît l'article L. 281 du livre des procédures fiscales ;
- l'action en recouvrement est prescrite du fait de son divorce en novembre 2017.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 août 2023, le directeur départemental des finances publiques des Hautes-Pyrénées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête de Mme A ne sont pas fondés.
Un mémoire présenté pour Mme A a été enregistré le 8 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crassus,
- et les conclusions de Mme Neumaier, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A et M. B, son ex-époux, étaient associés à hauteur de 50 % chacun de la SCI Les P'tites Maisons, qui a fait l'objet d'un contrôle sur pièces au cours de l'année 2014. Par ailleurs un examen contradictoire de leur situation personnelle a été engagé par avis du 24 novembre 2016 sur les années 2014 et 2015. Ces contrôles ont donné lieu à l'émission de trois avis de mise en recouvrement, les 15 octobre 2014, 15 juin 2018 et 14 septembre 2018. Une mise en demeure de payer valant commandement de payer a alors été adressée à Mme A le 13 octobre 2022. L'opposition à poursuites formée par cette dernière le 27 octobre 2022 a été rejetée le 22 décembre suivant. Par sa requête, Mme A doit être regardée comme demandant de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 310 310,47 euros procédant de la mise en demeure valant commandement de payer en date du 13 octobre 2022.
Sur les conclusions tendant à la décharge de l'obligation de payer :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics compétents mentionnés à l'article L. 252 doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. Les contestations ne peuvent porter que : 1° Soit sur la régularité en la forme de l'acte ; 2° Soit sur l'existence de l'obligation de payer, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués, sur l'exigibilité de la somme réclamée, ou sur tout autre motif ne remettant pas en cause l'assiette et le calcul de l'impôt () ".
3. A supposer que Mme A ait entendu soutenir qu'elle n'a jamais été destinataire des avis de mise en recouvrement antérieurs à la mise en demeure de payer dont elle a fait l'objet, il n'appartient pas à la juridiction administrative, de connaître d'une telle contestation, laquelle se rattache à la régularité en la forme de l'acte de poursuite.
4. En deuxième lieu, à supposer également que Mme A ait entendu soutenir qu'elle n'a pas été destinataire d'un avis de mise en recouvrement individuel comportant les mentions prescrites par l'article R. 256 du livre des procédures fiscales, un tel moyen porte également sur la régularité en la forme de l'acte de poursuite, pour lequel la juridiction administrative n'est pas compétente pour en connaître. En tout état de cause, alors que l'acte contesté n'est pas un avis de mise en recouvrement, régi par l'article R. 256 du livre des procédures fiscales, mais une mise en demeure valant commandement de payer, régie par l'article R. 257 du même livre, Mme A ne peut utilement invoquer un tel moyen.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales : " Sauf dispositions contraires et sous réserve de causes suspensives ou interruptives de prescription, l'action en recouvrement des créances de toute nature dont la perception incombe aux comptables publics se prescrit par quatre ans à compter du jour de la mise en recouvrement du rôle ou de l'envoi du titre exécutoire tel que défini à l'article L. 252 A () ". Aux termes de l'article L. 275 du même livre : " La notification d'un avis de mise en recouvrement interrompt la prescription courant contre l'administration et y substitue la prescription quadriennale. Le délai de quatre ans mentionné au premier alinéa est interrompu dans les conditions indiquées à l'article L. 274 ". Le délai de prescription est également interrompu dans les conditions de droit commun fixées par le code civil. L'article 2244 de ce code prévoit que le délai de prescription est interrompu par une mesure conservatoire prise en application du code des procédures civiles d'exécution ou un acte d'exécution forcée. Ainsi un commandement de payer est bien un acte interruptif de prescription lorsqu'il est personnellement notifié au redevable de même qu'un avis de saisie à tiers détenteur.
6. Mme A soutient qu'en application des dispositions susvisées, la créance dont le recouvrement est poursuivi par la mise en demeure de payer est prescrite dès lors qu'aucun acte interruptif de prescription n'a été effectué à son égard. Toutefois il résulte de l'instruction que les impositions pour lesquelles le recouvrement poursuivi est litigieux ont été mises en recouvrement le 22 juin 2018, et qu'une première mise en demeure tenant lieu de commandement de payer a été adressée à l'intéressée le 29 juin suivant, régulièrement notifiée le 7 juillet 2018. De la même façon, Mme A a personnellement accusé réception, le 2 février 2019, d'un avis de saisie administrative à tiers détenteur lui ayant été adressé le 30 janvier précédent. Ces actes d'exécution ont donc valablement interrompu le cours de la prescription de l'action en recouvrement prévue à l'article L. 274 du livre des procédures fiscales, de sorte que contrairement à ce que soutient Mme A, les impositions litigieuses étaient toujours exigibles lorsque la mise en demeure valant commandement de payer litigieuse lui a été notifiée le 13 octobre 2022. Par suite ce moyen sera écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme D A et au directeur départemental des finances publiques des Hautes-Pyrénées.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
M. Rivière, premier conseiller,
Mme Crassus, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 23 décembre 2024.
La rapporteure,
L. CRASSUS
La présidente,
M. SELLES
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026