jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2300709 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 1 |
| Avocat requérant | SAULNIER |
Vu les procédures suivantes :
I. - Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2023 sous le n° 2301846, la société par actions simplifiée Bioénergie du Sud-Ouest, représentée par Me Saulnier, demande au tribunal :
1°) de joindre les requêtes n° 2300709, n° 2301846 et n° 2301928 ;
2°) de prononcer la décharge, à concurrence de la somme de 752 481 euros, de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle la société Bioénergie du Sud-Ouest a été assujettie au titre de l'année 2018 dans la commune du Mont ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de condamner l'Etat aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- la législation et la jurisprudence permettent d'exclure l'ensemble des biens comptabilisés en compte 215 du bilan de la société ; les biens immobiliers réintégrés dans la base imposable ont toujours été présents en comptabilité malgré leur libellé en espagnol ; leur présence sur le site, ainsi que leur destination, sont validées par l'expert ; le lien direct entre leur présence et leur destination suffit à démontrer que ces biens immobiliers sont exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 octobre 2024, le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les biens inscrits aux comptes 212, 213 et 215 sont présumés entrer dans la base imposable de la taxe foncière, et il appartient à la société d'apporter la preuve que ces biens sont exonérés ; la seule référence au rapport du cabinet Galtier contenant une liste exhaustive des immobilisations et des photographies, sans qu'un lien direct entre ces éléments ne puisse être établi avec certitude, ne suffit pas à justifier de l'exonération demandée ;
- il y a eu un excédent de dégrèvement, dès lors que le dégrèvement partiel opéré par la réclamation exclut des immobilisations qui n'avaient pas été intégrées à la base imposable et que le calcul des immobilisations de moins de 1 500 euros, également exclues de la base imposable, est erroné.
II. - Par une requête, enregistrée le 17 mars 2023 sous le n° 2300709, la société par actions simplifiée Bioénergie du Sud-Ouest, représentée par Me Saulnier, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, à concurrence de la somme de 1 433 173 euros, de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle la société Bioénergie du Sud-Ouest a été assujettie au titre de l'année 2019 dans la commune de Mont ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de condamner l'Etat aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- la législation et la jurisprudence permettent d'exclure l'ensemble des biens comptabilisés en compte 215 du bilan de la société ; les biens immobiliers réintégrés dans la base imposable ont toujours été présents en comptabilité malgré leur libellé en espagnol ; leur présence sur le site, ainsi que leur destination, sont validées par l'expert ; le lien direct entre leur présence et leur destination suffit à démontrer que ces biens immobiliers sont exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2023, le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les biens inscrits aux comptes 212, 213 et 215 sont présumés entrer dans la base imposable de la taxe foncière, et il appartient à la société d'apporter la preuve que ces biens sont exonérés ; la seule référence au rapport du cabinet Galtier contenant une liste exhaustive des immobilisations et des photographies, sans qu'un lien direct entre ces éléments ne puisse être établi avec certitude, ne suffit pas à justifier de l'exonération demandée ;
- il y a eu un excédent de dégrèvement, dès lors que le dégrèvement partiel opéré par la réclamation exclue des immobilisations qui n'avaient pas été intégrées à la base imposable et que le calcul des immobilisations de moins de 1 500 euros, également exclues de la base imposable, est erroné.
III. - Par une requête, enregistrée le 21 juillet 2023 sous le n° 2301928, la société par actions simplifiée Bioénergie du Sud-Ouest, représentée par Me Saulnier, demande au tribunal :
1°) de joindre les requêtes n° 2300709, n° 2301846 et n° 2301928 ;
2°) de prononcer la décharge, à concurrence de la somme de 1 502 976 euros, de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle la société Bioénergie du Sud-Ouest a été assujettie au titre de l'année 2020 dans la commune de Mont ;
3°) de prononcer la décharge, à concurrence de la somme de 755 114 euros, de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle la société Bioénergie du Sud-Ouest a été assujettie au titre de l'année 2021 dans la commune de Mont ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de condamner l'Etat aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- la législation et la jurisprudence permettent d'exclure l'ensemble des biens comptabilisés en compte 215 du bilan de la société ; les biens immobiliers réintégrés dans la base imposable ont toujours été présents en comptabilité malgré leur libellé en espagnol ; leur présence sur le site, ainsi que leur destination, sont validées par l'expert ; le lien direct entre leur présence et leur destination suffit à démontrer que ces biens immobiliers sont exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 octobre 2023, le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les biens inscrits aux comptes 212, 213 et 215 sont présumés entrer dans la base imposable de la taxe foncière, et il appartient à la société d'apporter la preuve que ces biens sont exonérés ; la seule référence au rapport du cabinet Galtier contenant une liste exhaustive des immobilisations et des photographies, sans qu'un lien direct entre ces éléments ne puisse être établi avec certitude, ne suffit pas à justifier de l'exonération demandée ;
- il y a eu un excédent de dégrèvement, dès lors que le dégrèvement partiel opéré par la réclamation exclut des immobilisations qui n'avaient pas été intégrées à la base imposable et que le calcul des immobilisations de moins de 1 500 euros, également exclues de la base imposable, est erroné ;
- en ce qui concerne les cotisations foncières au titre de l'année 2021, le calcul du montant du dégrèvement demandé par la société Bioénergie du Sud-Ouest est erroné.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Magali Sellès, présidente,
- les conclusions de Mme Anne Beneteau, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Bioénergie du Sud-Ouest est propriétaire d'un établissement industriel sis en partie sur la commune de Mont dans les Pyrénées-Atlantiques. Elle a fait l'objet, au cours de l'année 2017, d'une vérification de comptabilité diligentée par la direction des vérifications nationales et internationales à l'issue de laquelle l'administration fiscale a révisé les bases d'imposition des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles la société avait été assujettie au titre des années 2016 et 2017. Postérieurement à cette rectification, les cotisations primitives de la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2018, 2019, 2020 et 2021 ont été mises en recouvrement respectivement les 31 août 2018, 31 août 2019, 31 août 2020 et 31 août 2021, en tenant compte de la rectification des bases imposables des années antérieures. Par des réclamations du 31 décembre 2019, 23 décembre 2020, 25 décembre 2021 et 30 décembre 2022, la société Bioénergie du Sud-Ouest a adressé à la direction départementale des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques une demande de dégrèvement partiel de la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années précitées. Tenant compte de l'exclusion de la base imposable des taxes foncières des années 2016 et 2017 de certaines immobilisations dans le cadre du contentieux engagé par la société Bioénergie du Sud-Ouest concernant la taxe foncière des années 2016 et 2017, l'administration fiscale a pris des décisions partielles d'acceptation les 2 mai 2023, 12 janvier 2023 et 23 mai 2023. Par les présentes requêtes, la société Bioénergie du Sud-Ouest demande au tribunal de prononcer des décharges complémentaires.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées n° 2301846, n° 2300709 et n° 2301928 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la détermination de la base imposable :
3. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code. ". L'article 1381 du même code dispose que : " Sont également soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties : 1° Les installations destinées à abriter des personnes ou des biens ou à stocker des produits ainsi que les ouvrages en maçonnerie présentant le caractère de véritables constructions tels que, notamment, les cheminées d'usine, les réfrigérants atmosphériques, les formes de radoub, les ouvrages servant de support aux moyens matériels d'exploitation ; 2° Les ouvrages d'art et les voies de communication ; ()". L'article 1382 du même code dispose : " Sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties : () 11° Les outillages et autres installations et moyens matériels d'exploitation des établissements industriels à l'exclusion de ceux visés aux 1° et 2° de l'article 1381 ; ". L'article 1495 du même code dispose : " Chaque propriété ou fraction de propriété est appréciée d'après sa consistance, son affectation, sa situation et son état, à la date de l'évaluation (). ". L'article 324 B de l'annexe III du code général des impôts dispose : " II. - Pour l'appréciation de la consistance il est tenu compte de tous les travaux équipements ou éléments d'équipement existant au jour de l'évaluation. ".
4. Pour apprécier, en application des dispositions précitées, la consistance des propriétés qui entrent, en vertu de ses articles 1380 et 1381, dans le champ de la taxe foncière sur les propriétés bâties, il est tenu compte, non seulement de tous les éléments d'assiette mentionnés par ces deux derniers articles mais également des biens faisant corps avec eux. Sont toutefois exonérés de cette taxe, en application du 11° de l'article 1382 du même code, ceux de ces biens qui font partie des outillages, autres installations et moyens matériels d'exploitation d'un établissement industriel, c'est-à-dire ceux de ces biens qui relèvent d'un établissement qualifié d'industriel au sens de l'article 1499, qui sont spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans un tel établissement et qui ne sont pas au nombre des éléments mentionnés aux 1° et 2° de l'article 1381.
5. Les installations qui ne sont pas spécifiquement adaptées aux activités susceptibles d'être exercées dans un établissement industriel ne peuvent bénéficier de l'exonération prévue par l'article 1382, 11° précité, quand bien même elles concourent à celles-ci.
6. Si, en vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits qu'elle invoque au soutien de ses prétentions, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient dès lors au contribuable, pour l'application des dispositions précitées du code général des impôts, de justifier tant de la nature et de la consistance des constructions qu'il entend exclure de la base imposable à la taxe foncière sur les propriétés bâties que du montant de celles-ci. Le contribuable apporte cette justification par la production de tous éléments suffisamment précis sur l'importance, l'usage et les caractéristiques techniques des constructions et des biens faisant corps avec elles et, le cas échéant, sur l'adaptation spécifique de ces bâtiments aux activités susceptibles d'être exercées dans un établissement qualifié d'industriel au sens de l'article 1499 du code général des impôts.
7. A l'appui de sa demande de décharge, la société requérante se borne à produire le rapport du cabinet d'expertise Galtier, lequel comprend notamment, d'une part, une présentation des activités exercées au sein de l'établissement industriel, accompagnée de photographies de certaines des constructions et équipements de cet établissement, ainsi qu'une qualification juridique des biens soumis et non soumis à la taxe foncière, d'autre part, une synthèse de l'estimation par l'expert du prix de revient des bâtiments et installations et du caractère imposable ou non du bâtiment et enfin un plan de masse du site ainsi que la traduction des libellés des immobilisations inscrits dans la comptabilité de la société.
8. En premier lieu, l'expert a attribué un numéro de 1 à 106 à des composantes de l'établissement industriel. Les silos à poussière et silos du jour ne sont pas photographiés, et ne sont pas évalués dans la synthèse de la page 127 de l'expertise. Le silo du jour, numéroté 6, ne correspond à aucune des lignes des immobilisations. Par ailleurs, les appellations utilisées par l'expertise ne permettent pas de comprendre immédiatement la consistance de ce qui est désigné et les bâtiments auxquels elles se rapportent, tels que " déchargement de train ", " déchargement de camion ", " prélavage ", " mouture ", " Distillation / déshydratation alcools de vin ", " compresseur air ", " TP07 - 2500 KVA ", " TP09 - 2500 KVA ", " TP02 - 2500 KVA ", " TP04 - 2500 KVA ", " chargement / déchargement d'alcools par camions ", " Distillation / déshydratation ", " stripper ", " liquefaction ", " évaporation ", " chargement camions des D.D.G.S ", " granulation ", " chargement alcools par wagons ", " point regroupement déchets ", " TP01 - 2500 KVA ", " TP06 - 2500 KVA ", " bascule DDGS ", " chargement DDGS par wagons ", " rainwaterdike ", " commun sur tout le site ", " projet Corn-Oil ", " process industriel - transformation du maïs ".
9. Par ailleurs, plus de la moitié des composants numérotés ne sont pas photographiés, en particulier certains réservoirs, comme le réservoir à levure TK-422, le réservoir mélange nutriments TK-419, le réservoir nettoyage fermenteurs TK-436, le réservoir condensats évaporateur TK-721, mais également le réservoir acide sulfamique TK-733, le réservoir solution ammoniaque TK-321, ou encore le réservoir nettoyage soude TK-438, cette liste n'étant pas exhaustive. Or, un réservoir peut ne pas être assujetti à la taxe foncière, être exonéré de taxe foncière en vertu de l'article 1382 du code précité ou entrer dans le champ d'application de l'article 1381, 1°, du même code. Il en va de même des unités non photographiées intitulées " TP07- 2500 KVA 5,5/0,42-0,24KV ", " TP09 - 2500 KVA 5,5/0,42-0,24KV ", " TP02 - 2500 KVA 5,5/0,725-0.24KV " et " TP 04 - 2500 KVA 5,5/0,42-0,24KV ", lesquelles sont probablement liées au réseau électrique. Or, pour être exonérées de taxe foncière au titre de l'article 1382 du code précité, les installations électriques ne doivent pas être qualifiables d'ouvrage de maçonnerie, et s'il s'agit de véritables bâtiments, doivent être spécifiquement adaptées à une activité industrielle et non pas seulement concourir à celle-ci.
10. En deuxième lieu, l'expertise transmise comporte une liste exhaustive de l'ensemble des éléments inscrits sur le compte des immobilisations du bilan de la société, environ 1 390 immobilisations. Cette seule liste ne suffit pas à déterminer les éléments non assujettis à la taxe foncière ou exonérés de celle-ci, en l'absence de factures et de descriptifs détaillés des unités bâtimentaires associées à ces libellés, lesquels permettraient également de déterminer les constructions et les éléments faisant corps avec un bâtiment. Ainsi, les composantes numérotées 1, 2, 3, 4 et 7 sont rassemblées sur une ligne d'immobilisation " Réception, nettoyage, ensilage et broyage - Equipements process STOLZ ", d'un montant de 8 184 285 euros qui ne seraient pas soumis à la taxe foncière d'après l'expertise, sans que cette exclusion ne soit expliquée, ni soutenue par aucune des pièces du dossier. Également, la composante 9 " distillation / déshydratation alcools de vin " correspond à 192 immobilisations, dont des vannes, des soupapes, des distributeurs, des soupapes de sécurité, des filtres. Certaines de ces immobilisations ont été exclues de la base imposable par l'administration. En ce qui concerne les immobilisations encore incluses dans la base imposable des cotisations à la taxe foncière, il appartient à la société Bioénergie du Sud-Ouest de démontrer que ces éléments ne font pas corps avec une construction imposable.
11. Par ailleurs, de nombreux libellés ne permettent pas de comprendre la consistance réelle des immobilisations, notamment " reducteur seul bat-molienda C-220 ", " installation mécanique 6 ", " UCP 5. 1 ", " FAT et SAT ", cette liste n'étant pas exhaustive. Il appartient à la société requérante de démontrer que ces éléments font partis à tort de sa base imposable.
12. En troisième lieu, le caractère non imposable de certaines constructions photographiées n'est pas certain. Ainsi, le numéro 12 est attribué au Jet-cooker, et correspond à trois lignes d'immobilisation, " dalle de béton au-dessous du jet-cooker ", d'une valeur de 9 385 euros, estimée soumise à la taxe foncière, " ED-306 (jet-cooker), ED-343 (mélange moult chauffe-eau) ED- 420 (chauffe-eau) ", d'une valeur de 188 254,73 euros, estimé non soumis à la taxe foncière, et " clapet acier carbone pour protection du jet cooker ", d'une valeur de 2 265 euros, estimé non soumis à la taxe foncière. La seule photographie produite du jet cooker intitulée " Jet cooker (ED 306) ", ne permet pas de distinguer les parties ED-343 et ED-420, ainsi que la construction, les éléments d'ouvrage servant de support aux équipements adaptés à une activité industrielle et ces équipements.
13. En quatrième lieu, l'administration a exclu de la base imposable près de 500 immobilisations réparties sur plusieurs unités numérotées, et soutient sans être contredite qu'une erreur de calcul et d'appréciation a entraîné un excédent de dégrèvement pour les cotisations de taxe foncière des années 2018, 2019, 2020 et 2021. Dans ces conditions, le caractère exagéré de l'imposition à la taxe foncière n'est pas établi.
14. Il résulte de tout ce qui précède qu'il appartenait à la société requérante, à l'appui de l'expertise du cabinet Galtier, d'établir la consistance, l'importance, l'usage et les caractéristiques techniques des constructions qu'elle estime exclue de la base d'imposition de la taxe foncière, ainsi que le prix de revient, lequel correspond à la valeur d'origine pour laquelle ces immobilisations doivent être inscrites au bilan de leur propriétaire. Lorsqu'elles ont été acquises à titre onéreux, leur valeur d'origine s'entend, en l'absence de dispositions y dérogeant, de leur prix d'acquisition intégral. Par suite, la société Bioénergie du Sud-Ouest n'est pas fondée à demander la réduction de la base imposable à la taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2018, 2019, 2020 et 2021, ni la décharge subséquente de ses cotisations audit impôt pour les mêmes années.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante, verse à la société Bioénergie du Sud-Ouest la somme qu'elle réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
16. Par ailleurs, à défaut de dépens engagés en l'espèce, les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ne pourront également qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2300709, n° 2301846 et n° 2301928 présentées par la société Bioénergie du Sud-Ouest sont rejetées.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à la société Bioénergie du Sud-Ouest et au directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Corthier, conseillère,
Mme Neumaier, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
La présidente-rapporteure,
M. SELLÈSL'assesseure,
Z. CORTHIERLa greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Nos 2300709, 2301846, 2301928
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026