lundi 7 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2300762 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | PITCHER AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 22 mars 2023 et le 6 avril 2023, Mme B A, représentée par Me Pitcher, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) à lui verser une somme de 1 200 euros en paiement de la prime qui lui a été accordée ;
2°) de mettre à la charge de l'ANAH une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la créance dont elle se prévaut n'est pas sérieusement contestable dès lors que :
- le consentement n'est pas une condition nécessaire au paiement de la prime, et en tout état de cause, elle a signé un contrat pour l'attribution de la prime avec la société Drapo la désignant comme mandataire auprès de l'ANAH ; la réalité de ce consentement n'a pas été contestée lors de l'octroi de la subvention par l'ANAH ;
- l'ANAH se trouvait dans l'obligation de liquider la prime dès lors que les travaux ont été exécutés dans le délai d'un an à compter de la notification de l'octroi de la prime et qu'ils sont conformes aux travaux soumis à l'ANAH ; le montant réclamé correspond au montant de la prime accordée ;
- le retrait de la prime n'a pas été précédé d'une procédure contradictoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mai 2023, l'ANAH conclut au rejet de la requête, à titre principal pour irrecevabilité et, à titre subsidiaire au fond.
Elle précise que :
- la requête est irrecevable dès lors que Mme A n'a pas formé, contre la décision prononçant de retrait de la prime qui lui a été accordée, le recours administratif préalable obligatoire prévu à l'article 9 du décret du 14 janvier 2020 ;
- l'attribution d'une subvention publique n'engage pas la personne publique à verser le montant estimé, et en l'état, la créance dont se prévaut la requérante est sérieusement contestable dès lors que la décision d'octroi de subvention a fait l'objet d'une décision de retrait.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020 ;
- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 ;
- le décret n° 2021-1938 du 30 décembre 2021 modifiant le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 ;
- l'arrêté du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le 4 juin 2021, l'Agence nationale de l'habitat a accordé à Mme A une subvention de 1 200 euros au titre du dispositif " MaPrimeRénov' ". Le 17 octobre 2022, l'ANAH l'a informée qu'elle avait décidé de retirer l'aide qui lui avait été accordée. La requérante demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner l'ANAH à lui verser la provision de 4 000 euros à laquelle elle estime avoir droit en raison des travaux qu'elle a réalisés.
Sur la demande de provision :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".
3. Il résulte de ces dispositions que pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui paraît revêtir un caractère de certitude suffisant.
4. Aux termes des dispositions de l'article 6 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique, dans sa version applicable : " La prime de transition énergétique est gérée, pour le compte de l'Etat, par l'Agence nationale de l'habitat. ". Aux termes des dispositions de l'article 5 de ce même décret, dans sa version applicable : " Les demandes de prime de transition énergétique, de versement d'avance et de versement du solde ainsi que de perception de fonds peuvent être déposées par le demandeur lui-même ou par l'intermédiaire d'une personne de son choix. Dans ce cas, le mandataire s'identifie auprès de l'Agence nationale de l'habitat et lui communique les documents dont la liste est fixée par arrêté conjoint des ministres chargés du logement, de l'énergie, de l'économie et du budget. ". ". Aux termes de l'article 9 de ce décret : " L'introduction d'un recours afférent aux décisions relatives à la prime de transition énergétique est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès du directeur général de l'Agence nationale de l'habitat () ". Enfin, aux termes de l'article 11 de ce décret : " En cas de non-respect des conditions d'attribution de la prime de transition énergétique, la décision attributive peut être retirée en totalité ou partiellement () ".
5. Il résulte de l'instruction que la prime accordée à Mme A a fait l'objet d'une décision de retrait en date du 17 octobre 2022 fondée sur le motif que " les travaux réalisés n'étaient pas éligibles au regard de leurs critères techniques ". Mme A, qui ne justifie pas de la production d'observations dans le cadre de la procédure contradictoire préalable au prononcé de cette décision de retrait, alors qu'elle y avait été invitée par un courrier du 17 août 2022, soutient dans la présente instance de référé, que son consentement à la réalisation des travaux a été donné plusieurs fois, notamment par la signature d'un mandat avec la société Drapo qu'elle a chargé de déposer sa demande d'aide, et que les travaux ont été réalisés dans le délai d'un an requis et correspondent à ceux initialement mentionnés dans la demande de prime.
6. Toutefois il ne résulte pas de l'instruction qu'avant de saisir le juge des référés provision, Mme A a exercé le recours préalable mentionné à l'article 9 précité du décret du 14 janvier 2020, contre la décision du 17 octobre 2022 par laquelle la directrice de l'ANAH a retiré l'aide qui lui avait été accordée. Dès lors, l'existence de l'obligation de payer la somme de 1 200 euros correspondant au montant de la prime dont le retrait est intervenu depuis plusieurs mois par une décision susceptible d'être devenue définitive, n'est pas établie avec un degré suffisant de certitude.
7. Par suite, la créance dont se prévaut Mme A ne présente pas, en l'état de l'instruction, un caractère non sérieusement contestable au sens et pour l'application des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative. Les conclusions de la requête de Mme A tendant à la condamnation de l'ANAH à lui verser une provision sur cette prime doivent dès lors être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'ANAH, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à l'Agence nationale de l'habitat et à la société Drapo.
Fait à Pau, le 7 août 2023.
La juge des référés,
Signé
S. PERDU
La République mande et ordonne à la ministre de la transition énergétique en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026