jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2301020 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 1 |
| Avocat requérant | DE GAULLE FLEURANCE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 avril 2023, la société coopérative agricole (SCA) Lur Berri, représentée par Me Schmitt, demande au tribunal :
1°) de prononcer le dégrèvement des taxes foncières auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2020 à hauteur de 58 787 euros et de l'année 2021 à hauteur de 33 179 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a droit à l'exonération de taxe foncière sur les propriétés bâties s'agissant de ses bâtiments affectés au triage, séchage, égrenage, calibrage, traitement et ensachage des semences en application du 6° de l'article 1382 du code général des impôts ;
- son établissement ne présente pas un caractère industriel dès lors que les moyens techniques n'excèdent pas les besoins collectifs des adhérents, quelle que soit l'importance de ces moyens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 octobre 2023, le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il soutient que, d'une part, la société Union coopérative agricole d'alimentation du bétail du Pays Basque n'est plus redevable de la taxe foncière pour le site d'Aïcirits-Camou-Suhast et que, d'autre part, l'établissement en litige revêt un caractère industriel dont l'activité est la fabrication d'aliments pour bétail et que dès lors, ce bâtiment reste assujetti à la taxe foncière sur les propriétés bâties.
La SCA Lur Berri, la société par actions simplifiée (SAS) Lurali et la direction départementale des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques ont été informées le 24 avril 2024, sur le fondement de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que la société Lurali était susceptible, dans la décision à intervenir, d'être regardée comme redevable légale de taxe foncière sur les propriétés bâties mise à la charge de l'Union coopérative agricole d'alimentation du bétail du Pays Basque au titre des années 2020 et 2021, en application des articles 1400-II et 1404 du code général des impôts.
Les sociétés Lur Berri et Lurali et la direction départementale des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques ont été informées le 29 mai 2024, sur le fondement de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité de la requête présentée par la SCA Lur Berri qui n'est pas le redevable légal de l'imposition en litige et qui ne présente pas de mandat lui donnant qualité à venir aux droits de la SAS Lurali, susceptible d'être regardée comme le redevable légal de la taxe foncière sur les propriétés bâties mise à la charge de l'Union coopérative agricole d'alimentation du bétail du Pays Basque au titre des années 2020 et 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sellès, présidente ;
- les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Lur Berri est propriétaire sur le territoire de la commune d'Aïcirits de plusieurs parcelles cadastrées section B n° 96 et n° 101, sur lesquelles sont situés des bâtiments affectés au séchage, triage, égrenage, calibrage, traitement et ensachage des semences de maïs. Elle a conclu un bail emphytéotique, le 5 mars 1986, avec la société Union coopérative agricole d'alimentation du bétail du Pays Basque. Ce bail a été cédé à la société Lurali, le 17 mars 2008. La société Lur Berri conteste le bien-fondé des taxes foncières incluant la taxe spéciale d'enlèvement, la taxe d'enlèvement des ordures ménagères et les frais de gestion de la fiscalité directe locale auxquelles la société Union coopérative agricole d'alimentation du bétail du Pays Basque a été assujettie, au titre des années 2020 et 2021, à raison de ces bâtiments. Elle a contesté ces impositions par une réclamation en date du 27 décembre 2021, laquelle a été rejetée par l'administration fiscale le 8 février 2023. Par sa requête, la société Lur Berri demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties, de taxe spéciale d'équipement, de taxe d'enlèvement des ordures ménagères et des frais de gestion de la fiscalité directe locale au titre des années 2020 et 2021.
2. D'une part, aux termes de l'article 1400 du code général des impôts : " I. - Sous réserve des dispositions des articles 1403 et 1404, toute propriété, bâtie ou non bâtie, doit être imposée au nom du propriétaire actuel. II. - Lorsqu'un immeuble est grevé d'usufruit ou loué soit par bail emphytéotique, soit par bail à construction, soit par bail réel solidaire, soit par bail à réhabilitation ou fait l'objet d'une autorisation d'occupation temporaire du domaine public constitutive d'un droit réel, la taxe foncière est établie au nom de l'usufruitier, de l'emphytéote, du preneur à bail à construction ou à réhabilitation, du preneur du bail réel solidaire ou du titulaire de l'autorisation ".
3. Il résulte des dispositions précitées, combinées avec celles de l'article R*. 190-1 du livre des procédures fiscales, que lorsqu'un immeuble est loué par bail emphytéotique, qu'il soit administratif ou non, la taxe foncière est établie au nom de l'emphytéote, redevable légal des cotisations de taxe foncière.
4. Par ailleurs, aux termes du I de l'article 1404 du même code : " I. - Lorsqu'au titre d'une année une cotisation de taxe foncière a été établie au nom d'une personne autre que le redevable légal, le dégrèvement de cette cotisation est prononcé à condition que les obligations prévues à l'article 1402 aient été respectées. L'imposition du redevable légal au titre de la même année est établie au profit de l'Etat dans la limite de ce dégrèvement ". Il résulte de ces dispositions que le juge de l'impôt est tenu de désigner le redevable légal de l'imposition au vu des éléments portés à sa connaissance et ce après avoir mis en cause ce redevable, sans qu'ait d'incidence, à cet égard, la circonstance qu'aucune demande n'ait été présentée en ce sens devant lui.
5. Il résulte de l'instruction, et il n'est pas contesté, que la SCA Lur Berri, propriétaire des parcelles cadastrées section B n° 96 et n° 101 sur le territoire de la commune d'Aïcirits, a conclu, le 5 mars 1986, avec la société Union coopérative agricole d'alimentation du bétail du Pays Basque un bail emphytéotique qui a été cédé, le 17 mars 2008 à la SAS Lurali. Il résulte de ce qui vient d'être exposé que la société Lurali était l'emphytéote, au 1er janvier des années d'imposition en litige, des bâtiments affectés au séchage, triage, égrenage, calibrage, traitement et ensachage des semences de maïs. Par suite, il y a lieu de décharger l'Union coopérative agricole d'alimentation du bétail du Pays Basque des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2020 et 2021 auxquelles elle avait été assujettie, de désigner la société Lurali comme le redevable légal de ces mêmes impositions et de les mettre à sa charge.
6. D'autre part, aux termes de l'article R*. 197-4 du livre des procédures fiscales : " Toute personne qui introduit ou soutient une réclamation pour autrui doit justifier d'un mandat régulier. Le mandat doit, à peine de nullité, être produit en même temps que l'acte qui l'autorise ou enregistré avant l'exécution de cet acte () ". Aux termes de l'article R*. 200 2 du même livre : " Par dérogation aux dispositions des articles R. 431-4 et R. 431-5 du code de justice administrative, les requête au tribunal peuvent être signées d'un mandataire autre que ceux qui sont mentionnés à l'article R. 431-2 du même code. En ce cas, les dispositions de l'article R. 197-4 sont applicables. () ".
7. Toute personne qui présente une requête au nom d'un contribuable et qui ne tient pas de ses fonctions ou de sa qualité le droit d'agir au nom d'autrui doit, en principe, justifier de sa qualité pour agir avant l'introduction de la requête. Toutefois, une personne qui a introduit une requête sans justifier de sa qualité pour agir peut ensuite, tant que l'instruction n'est pas close, produire la ou les pièces de nature à justifier de cette qualité à la date où le juge statue et ainsi procéder à la régularisation de la requête.
8. A défaut de justifier, en vertu des dispositions des articles R*. 197-4 et R*. 200-2 du livre des procédures fiscales, d'un mandat de la part de la société Lurali, désignée comme redevable légale des impositions en litige, la SCA Lur Berri ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité à venir aux droits de la SAS Lurali, pour poursuivre devant le juge de l'impôt une contestation d'assiette afférente aux cotisations de taxes foncières précitées.
9. Il résulte de ce qui précède que, pour regrettable que soit la circonstance que l'administration fiscale ait adressé un avis d'imposition à une personne morale non redevable de la taxe en litige, les conclusions de la requérante à fin de décharge sont entachées d'une irrecevabilité et doivent être rejetées ainsi que par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La société Union coopérative agricole d'alimentation du bétail du Pays Basque est déchargée de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2020 et 2021 à raison des bâtiments situés dans la commune d'Aïcirits sur les parcelles cadastrées section B n° 96 et n° 101.
Article 2 : La SAS Lurali est désignée redevable légale de la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2020 et 2021 à raison des biens mentionnés à l'article 1er de la présente décision.
Article 3 : La cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties établie au titre des années 2020 et 2021 à raison des biens mentionnés à l'article 1er de la présente décision est mise à la charge de la société Lurali.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à la société coopérative agricole Lur Berri, à la société Lurali et au directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Neumaier, conseillère,
Mme Crassus, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
La présidente-rapporteure,
M. SELLÈSL'assesseure,
L. NEUMAIERLa greffière,
M. A La présidente-rapporteure,
M. SELLÈS
L'assesseure,
L. NEUMAIER
La présidente-rapporteure,
M. SELLÈS
L'assesseure,
L. NEUMAIER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026