lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2302352 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 1 |
| Avocat requérant | SYMCHOWICZ WEISSBERG ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 septembre 2023 et le 21 février 2024, la société par actions simplifiée (SAS) THD 64, représentée par Me Le Bouëdec, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler le titre de perception n° 35 émis à son encontre par le syndicat mixte La Fibre 64 en vue de recouvrer une somme de 1 300 euros ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme réclamée ;
3°) de mettre à la charge du syndicat mixte La Fibre 64 la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'auteur de l'acte attaqué n'est pas compétent ;
- le titre de perception n'est pas signé ;
- le titre de perception est insuffisamment motivé car il ne comporte aucun détail sur les bases et éléments de calcul sur lesquels il s'est fondé et ne comporte aucune référence à un courrier qui viendrait préciser ces bases ;
- le titre a été émis suite à une procédure irrégulière dès lors qu'elle n'a pas été mise en mesure de présenter ses observations avant l'émission du titre exécutoire ;
- le titre viole l'ordonnance de référé n° 2301214 rendue par le tribunal de céans ;
- elle n'est pas la partie perdante dans l'instance 2301214 ;
- le syndicat mixte La Fibre 64 ne justifie pas la réalité de la créance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 novembre 2023, le syndicat mixte La Fibre 64, représenté par Me Tissier, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que l'auteur du titre est compétent.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sellès, présidente ;
- les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique ;
- les observations de Nègre, substituant Me Le Bouëdec, représentant la SAS THD 64, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise qu'aucun courrier expliquant les bases de calcul n'a été joint à l'envoi du titre ;
- les observations de Me Tissier, représentant le syndicat mixte La Fibre 64, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise qu'un courrier comportant une annexe expliquant les bases de calcul a été adressé au délégataire avant l'envoi du titre exécutoire et une copie de ce courrier a été joint à l'envoi dudit titre.
Considérant ce qui suit :
1. La société SFR collectivités a conclu une convention de délégation de service public avec le département des Pyrénées-Atlantiques le 21 décembre 2018 pour une durée de 25 ans. Le 1er janvier 2019, la convention a fait l'objet d'un transfert par le département des Pyrénées-Atlantiques au profit du syndicat mixte La Fibre 64. Le 6 février 2019, la société SFR collectivités a constitué une société ad hoc, la SAS THD 64, et lui a confié l'ensemble des droits et obligations acquis au titre de la convention de délégation de service public. Dans le cadre de l'exécution de la convention, le syndicat mixte La Fibre 64 a émis le titre de perception n° 35 le 18 juillet 2023, concernant le remboursement des frais d'avocat engagés par le syndicat mixte à l'occasion d'une instance de référé l'opposant à la SAS THD 64. Par la présente requête, la SAS THD 64 demande au tribunal d'annuler ce titre de perception et de prononcer la décharge de la somme correspondant à la créance du syndicat mixte.
2. Les frais d'avocat ne peuvent donner lieu à une indemnisation car le préjudice correspondant à des frais non compris dans les dépens est réputé intégralement réparé par la décision que prend le juge dans l'instance en cause sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En l'espèce, dans l'instance n° 2301214, le juge des référés a rejeté les conclusions présentées par le syndicat mixte La Fibre 64 sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par suite, le syndicat mixte n'est pas fondé à demander à la SAS THD 64 la somme de 1 300 euros en réparation de ce préjudice de sorte que le moyen tiré de l'illégalité interne du titre exécutoire n° 35 contesté émis le 18 juillet 2023 doit être accueilli.
3. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, le titre litigieux doit être annulé.
4. Il résulte de ce qui précède que la SAS THD 64 est fondée à demander la décharge des frais d'avocat mis à sa charge par le titre exécutoire litigieux.
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la SAS THD 64 sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par ailleurs, ces mêmes dispositions font obstacle à ce que soit mis à la charge de la SAS THD 64, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme demandée par le syndicat mixte La Fibre 64 au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le titre n° 35 émis le 18 juillet 2023 est annulé.
Article 2 : la SAS THD 64 est déchargée de l'obligation de payer la somme de 1300 euros.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à la société par actions simplifiée THD 64 et au syndicat mixte La Fibre 64.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Corthier, conseillère,
Mme Crassus, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.
La présidente-rapporteure,
M. SELLÈSL'assesseure,
Z. CORTHIER
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026