lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2302849 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 1 |
| Avocat requérant | SYMCHOWICZ WEISSBERG ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces complémentaires et un mémoire, enregistrés le 3 novembre 2023, le 22 novembre 2023 et le 7 mai 2024, la société par actions simplifiée (SAS) THD 64, représentée par Me Le Bouëdec, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception n° 36 émis à son encontre par le syndicat mixte La Fibre 64 en vue de recouvrer une somme de 52 900 euros ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme réclamée ;
3°) à titre subsidiaire, de réformer le montant des pénalités ;
4°) de mettre à la charge du syndicat mixte La Fibre 64 la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'auteur de l'acte attaqué n'est pas compétent ;
- le titre de perception n'est pas signé ;
- le titre de perception est insuffisamment motivé car il ne comporte aucun détail sur les bases et éléments de calcul sur lesquels il s'est fondé et ne comporte aucune référence à un courrier qui viendrait préciser ces bases ;
- le titre a été émis à la suite d'une procédure irrégulière dès lors que la mise en demeure est insuffisamment précise ;
- le titre est infondé, le Syndicat Mixte ne pouvait appliquer des pénalités dès lors que la SAS THD 64 s'est conformée aux obligations prévues par la convention ;
- à titre subsidiaire, la réformation du montant des pénalités est nécessaire parce que les pénalités revêtent un caractère systématique et disproportionné.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2024, le syndicat mixte La Fibre 64, représenté par Me Tissier, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la SAS THD 64 le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'auteur du titre est compétent ;
- le titre respecte les dispositions du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales dès lors que le bordereau de titres de recettes a été régulièrement signé ;
- le titre est suffisamment motivé dès lors qu'un courrier explicatif des bases de calcul utilisées a été porté à la connaissance du débiteur ;
- le titre a été émis à la suite d'une procédure régulière dès lors que la mise en demeure précisait les manquements reprochés ;
- les bases de calcul du montant des pénalités, objet du titre litigieux, sont justifiées ;
- les pénalités objet du titre sont proportionnées au regard du montant de la convention.
Par une ordonnance du 11 mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 mai 2024.
Un mémoire, présenté pour le syndicat mixte 64, a été enregistré le 21 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sellès, présidente ;
- les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique ;
- les observations de Nègre, substituant Me Le Bouëdec, représentant la SAS THD 64, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise qu'aucun courrier expliquant les bases de calcul n'a été joint à l'envoi du titre, qu'un portail DSP a été mis en œuvre et qu'il n'a jamais été prévu que le délégant ait un accès total et illimité aux informations collectées par le délégataire ;
- les observations de Me Tissier, représentant le syndicat mixte La Fibre 64, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise qu'un courrier comportant une annexe expliquant les bases de calcul a été adressé au délégataire avant l'envoi du titre exécutoire, qu'une copie de ce courrier a été joint à l'envoi dudit titre et que le système d'information n'a commencé à être mis en place que depuis une semaine.
Une note en délibéré, présentée pour le syndicat mixte La Fibre 64, a été enregistrée le 27 juin 2024.
Considérant ce qui suit :
1. La société SFR collectivités a conclu une convention de délégation de service public avec le département des Pyrénées-Atlantiques le 21 décembre 2018 pour une durée de 25 ans. Le 1er janvier 2019, la convention a fait l'objet d'un transfert par le département des Pyrénées-Atlantiques au profit du syndicat mixte La Fibre 64. Le 6 février 2019, la société SFR collectivités a constitué une société ad hoc, la SAS THD 64, et lui a confié l'ensemble des droits et obligations acquis au titre de la convention de délégation de service public. Dans le cadre de l'exécution de la convention, le syndicat mixte La Fibre 64 a émis le titre de perception n° 36 le 4 septembre 2023, concernant le retard dans la mise en place du système d'information et de l'accès extranet. Par la présente requête, la SAS THD 64 demande au tribunal à titre principal d'annuler ce titre de perception et de prononcer la décharge de la somme correspondant à la créance du syndicat mixte ou à titre subsidiaire de procéder à sa réformation.
Sur la régularité des titres exécutoires :
2. Lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge. Dans le cas où il ne juge fondé aucun des moyens qui seraient de nature à justifier le prononcé de la décharge mais retient un moyen mettant en cause la régularité formelle du titre exécutoire, le juge n'est tenu de se prononcer explicitement que sur le moyen qu'il retient pour annuler le titre. Statuant ainsi, son jugement écarte nécessairement les moyens qui assortissaient la demande de décharge de la somme litigieuse.
3. Aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Dans les conditions prévues pour chaque catégorie d'entre elles, les recettes sont liquidées avant d'être recouvrées. La liquidation a pour objet de déterminer le montant de la dette des redevables. / () Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrir indique les bases de la liquidation ".
4. Les collectivités publiques ne peuvent mettre en recouvrement une créance sans indiquer, soit dans le titre de perception lui-même, soit par une référence précise à un document joint à ce titre ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul sur lesquels elles se sont fondées pour déterminer le montant de la créance.
5. Il résulte de l'instruction que le titre exécutoire contesté n° 36 émis le 4 septembre 2023 a pour objet " Pénalités de retard contrat DSP calculées au 03/09/2023 - Système d'information et accès extranet - Titre de l'ordonnateur en date du 04/09/2023 ". Ces mentions n'indiquent pas les bases sur lesquelles le syndicat mixte s'est fondé pour déterminer le calcul du montant des créances mises à la charge de la SAS THD 64 et ne font pas référence, même implicitement, à une pièce annexe ou à une décision précédemment notifiée, notamment au courrier que le syndicat mixte a adressé à la SAS THD 64 le 4 septembre 2023, reprenant de manière exhaustive les manquements de cette dernière dans la mise en place du système d'information et de l'accès extranet, les références à la convention et les bases de calcul. Dès lors que la décision attaquée ne comprend pas les bases de liquidation des créances concernées, le moyen tiré de l'absence d'indication des bases de la liquidation doit être accueilli. Dans ces conditions, le titre exécutoire en litige n'a pas été suffisamment motivé et doit être annulé.
6. Toutefois, l'annulation du titre de perception en litige résultant seulement d'un vice de forme n'implique pas, compte-tenu qu'aucun des autres moyens invoqués n'étaient susceptibles de fonder cette annulation, que la requérante soit déchargée du paiement des sommes émises par les titres de perception. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la SAS THD 64 sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par ailleurs, ces mêmes dispositions font obstacle à ce que soit mis à la charge de la SAS THD 64, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme demandée par le syndicat mixte La Fibre 64 au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le titre n° 36 émis le 4 septembre 2023 par le syndicat mixte La Fibre 64 est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à la société par actions simplifiée THD 64 et au syndicat mixte La Fibre 64.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Corthier, conseillère,
Mme Crassus, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.
La présidente-rapporteure,
M. SELLÈSL'assesseure,
Z. CORTHIER La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026