mardi 30 septembre 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2400085 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL PHELIP & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 janvier 2024, et des mémoires complémentaires, enregistrés le 7 août 2024 et le 8 novembre 2024, la SCI Mahalo, représentée par Me Fouchet, demande au juge des référés :
1°) à titre principal, de condamner la communauté d’agglomération du Pays Basque, sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, à lui verser la somme de 85 346,97 euros en réparation de l’ensemble de ses préjudices ;
2°) à titre subsidiaire, de condamner la communauté d’agglomération du Pays Basque à lui verser à titre de provision la somme de 22 863,42 euros au titre des frais d’expertise, et de 10 013,90 euros et 480 euros au titre des frais de postulation ;
3°) de mettre à la charge solidaire de la communauté d’agglomération du Pays Basque la somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a acquis le 11 juin 2020 un appartement situé avenue de la Reine Nathalie à Biarritz et quelques jours après cette acquisition, le 26 juin 2020, des infiltrations d’eau sont apparues au pied du mur du séjour et de la chambre à la suite de fortes pluies ; les mêmes désordres sont apparus à la suite d’épisodes pluvieux comme en octobre 2022 ;
- elle a sollicité la désignation d’un expert auprès du tribunal judiciaire et l’expert a déposé son rapport définitif le 3 mai 2023 ;
- l’expert a indiqué dans son rapport que les désordres avaient pour origine un défaut d’entretien des canalisations d’évacuation des eaux pluviales et l’absence de raccordement des descentes d’eaux pluviales de la résidence au réseau public ;
- la responsabilité de la communauté d’agglomération du Pays Basque, compétente en matière de gestion de l’assainissement collectif et non collectif, n’est pas sérieusement contestable comme cela ressort du rapport d’expertise qui relève l’absence de raccordement des descentes d’eaux pluviales de la résidence au réseau public ;
- le seul fait que les désordres subis seraient causés par plusieurs faits générateurs ne suffit pas à dégager la communauté d’agglomération du Pays Basque de sa responsabilité, la victime étant fondée à solliciter la réparation intégrale de son préjudice auprès de la seule personne publique, à charge pour elle d’exercer une action récursoire contre l’autre responsable ;
- elle n’a commis aucune faute de nature à exonérer même partiellement la communauté d’agglomération du Pays Basque de sa responsabilité ;
- des meubles ont été abîmés par les infiltrations d’eau et son préjudice matériel peut être évalué à la somme de 2 476,71 euros ;
- des travaux réparatoires sur les murs ont été effectués pour un montant de 10 434,01 euros ;
- elle a dû acquérir un aspirateur à eau pour un montant de 339,68 euros ;
- elle a subi une perte locative pour un montant de 33 640 euros ;
- elle a dû s’acquitter de frais relatifs à l’organisation d’une expertise judiciaire pour un montant de 22 863,42 euros, de frais d’avocats pour un montant de 10 013,90 euros et 480 euros de frais de postulation et de frais d’huissier pour un montant de 99,25 euros ;
- son préjudice moral peut être évalué à la somme de 5 000 euros ;
Par des mémoires en défense, enregistrés le 15 mars 2024 et le 11 septembre 2024, la communauté d’agglomération du Pays Basque, prise en la personne de son président, représentée par Me Phelip, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à la réduction des sommes demandées par la requérante, à la condamnation des sociétés Ingeau et Erd à la garantir des condamnations et à ce que le tribunal mette à la charge de la société requérante une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le lien de causalité entre les infiltrations et les ouvrages publics n’est pas établi et l’expert n’a émis que des hypothèses ; le phénomène décrit par la requérante n’a jamais été constaté et aucun test n’a été réalisé au cours des opérations d’expertise permettant de déterminer l’origine des infiltrations d’eau ;
- les infiltrations sont aussi la conséquence d’un défaut d’étanchéité des canalisations de l’immeuble et la défectuosité des ouvrages de la copropriété constitue la cause adéquate du sinistre ; au demeurant la requérante a saisi le tribunal judiciaire d’une assignation en référé provision tendant au paiement de la même somme que celle qui est réclamée en l’espèce ;
- la SCI Mahalo a commis des fautes au regard des dispositions du code de la construction et de l’habitation et du règlement sanitaire départemental des Pyrénées-Atlantiques car l’appartement de la SCI est constitué de caves situées sous le niveau de la chaussée ;
- elle ne devra supporter que la moitié des conséquences dommageables du sinistre ;
- le préjudice matériel n’est pas établi ;
- les travaux de remise en état de l’appartement ont été évalués à la somme de 3 000 euros par l’expert ;
- les sommes demandées au titre des pertes locatives ne sont pas justifiées et seule la période comprise entre le mois de septembre 2020 et le mois de décembre 2022 peut être concernée par le préjudice locatif ;
- les frais d’avocat pourront seulement être indemnisés au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ;
- les frais d’expertise devront être partagés entre les parties ;
- les sociétés Ingeau et Ecrd, maître d’œuvre et entreprises ayant réalisé les travaux de remplacement du dalot avenue de la Reine Nathalie à Biarritz engagent leur responsabilité décennale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Mahalo a acquis le 11 juin 2020 un appartement au sein d’une résidence située avenue de la Reine Nathalie à Biarritz. Quelques jours après cette acquisition, le 26 juin 2020, des infiltrations d’eau sont apparues au pied du mur du séjour et de la chambre à la suite de fortes pluies et des désordres identiques seraient apparus lors de chaque épisode pluvieux importants notamment au mois d’octobre 2022. La SCI Mahalo a obtenu la désignation d’un expert auprès du tribunal judiciaire et l’expert a déposé son rapport définitif le 3 mai 2023. Par la présente requête, la SCI Mahalo demande au tribunal de condamner la communauté d’agglomération du Pays Basque, sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, à lui verser la somme de 85 346,97 euros en réparation de l’ensemble des préjudices consécutifs à ces infiltrations d’eau.
Sur la demande de provision de la SCI Mahalo :
2. Aux termes de l’article R. 541-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés peut, même en l’absence d’une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l’a saisi lorsque l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable. Il peut, même d’office, subordonner le versement de la provision à la constitution d’une garantie. ». Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s’assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à établir l’existence d’une créance avec un degré suffisant de certitude. Le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n’a d’autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l’obligation dont les parties font état. Dans l’hypothèse où l’évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d’une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui paraît revêtir un caractère de certitude suffisant. Par ailleurs, une obligation dont l’existence soulève une question de droit présentant une difficulté sérieuse ne peut être regardée comme une obligation dont l’existence n’est pas sérieusement contestable. Par suite, le juge du référé ne saurait, sans méconnaître les dispositions de cet article, se prononcer sur la difficulté ainsi soulevée pour accorder la provision demandée.
3. Lorsqu’un dommage trouve sa cause dans plusieurs fautes qui, commises par des personnes différentes ayant agi de façon indépendante, portaient chacune en elle normalement ce dommage au moment où elles se sont produites, la victime peut rechercher devant le juge administratif la réparation de son préjudice en demandant la condamnation de l’une de ces personnes à réparer l’intégralité de son préjudice. L’un des coauteurs ne peut alors s’exonérer, même partiellement, de sa responsabilité en invoquant l’existence de fautes commises par l’autre coauteur.
4. A l’appui de sa demande de provision, la SCI Mahalo se prévaut des conclusions du rapport de l’expertise ordonnée dans le cadre d’une procédure devant le juge judiciaire selon lesquelles les désordres ont pour origine le défaut de raccordement d’un regard d’évacuation d’eaux pluviales au réseau public ainsi que la vétusté et l’absence d’étanchéité du réseau d’évacuation privé de la résidence. Il résulte de l’instruction que l’appartement de la SCI Mahalo a subi des premières infiltrations dès le mois de juin 2020 à la suite de fortes pluies, que de nouvelles infiltrations sont survenues en septembre 2021, décembre 2021 et octobre 2022, et que ces infiltrations ont cessé à la suite de travaux de reprise du branchement du regard d’évacuation des eaux pluviales réalisés par la communauté d’agglomération en décembre 2022. Toutefois, l’expert n’a pas reconstitué le cheminement de l’eau entre le regard et l’appartement et il ressort des écritures des parties que les travaux de réhabilitation des réseaux aux cours desquels le raccordement du regard d’eaux pluviales au réseau n’a pas été effectué ont été réalisés en 2017. Or, il n’est pas fait état au dossier de dégâts des eaux survenus entre 2017 et la date d’acquisition de l’appartement par la SCI Mahalo. Dans ces conditions, la question de savoir si l’absence de raccordement du regard d’évacuation d’eaux pluviales au réseau public comporte en lui l’entier dommage de la SCI Mahalo soulève une difficulté sérieuse. Par suite, l’obligation dont se prévaut la SCI Mahalo doit être regardée comme sérieusement contestable au sens des dispositions de l’article R. 541-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la SCI Mahalo présentées sur le fondement de l’article R. 541-1 du code de justice administrative doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles de la communauté d’agglomération du Pays Basque tendant à être garanties d’une éventuelle condamnation.
Sur les frais d’instance :
6. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu’il soit mis à la charge de la communauté d’agglomération du Pays Basque la somme demandée par la SCI Mahalo au titre des frais d’instance. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y pas lieu de mettre à la charge de la SCI Mahalo la somme que réclame la communauté d’agglomération du Pays Basque en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SCI Mahalo est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la communauté d’agglomération du Pays Basque tendant à être garanties d’une éventuelle condamnation ainsi que les conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SCI Mahalo, à la SARL Ingeau Conseils, à la SARL Entreprise de Canalisation Réseaux Divers (ECRD) et à la communauté d’agglomération du Pays Basque.
Fait à Pau, le 30 septembre 2025.
Le juge des référés,
J-C. PAUZIÈS
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026