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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2401013

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2401013

jeudi 19 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2401013
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Indu de prime d'activité. Tribunal administratif de Pau. Rejet de la requête pour irrecevabilité, faute pour la requérante d'avoir régularisé son recours après invitation. Application des articles R. 222-1 (7°) et R. 772-6 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 avril 2024, Mme B A conteste la décision du 5 avril 2024 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques a rejeté son recours administratif préalable formé contre la décision du 2 octobre 2023 mettant à sa charge un indu de prime d'activité d'un montant de 2 751,28 euros, et demande au tribunal de lui accorder la remise totale de cet indu.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () ; 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ; (). ".

2. Aux termes de l'article R. 772-6 du même code : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".

3. Lorsque, le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de prime d'activité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu.

4. Mme A, doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 5 avril 2024 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques a rejeté son recours administratif préalable formé contre la décision du 2 octobre 2023 mettant à sa charge un indu de prime d'activité d'un montant de 2 751,28 euros, et demande au tribunal de lui accorder la remise totale de cet indu. A l'appui de sa requête, elle soutient que l'erreur qu'elle a commise dans la déclaration de ses revenus résulte d'un défaut d'information des services de la caisse d'allocations familiales, et qu'elle est dans l'incapacité de régler sa dette compte tenu de la faiblesse de ses revenus. Si elle peut être regardée comme invoquant ainsi sa bonne foi et la situation de précarité financière dans laquelle elle se trouve, ces circonstances sont sans incidence sur le bien-fondé de l'indu qu'elle conteste. Mme A demande en outre au tribunal de lui accorder la remise totale de l'indu litigieux. Toutefois, s'il appartient au juge administratif, en sa qualité de juge de plein contentieux, d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande, à la date à laquelle il statue, ce n'est qu'à la condition préalable d'être saisi d'un recours dirigé contre une décision de l'administration rejetant cette demande de remise gracieuse. Or, en l'espèce, la requête de Mme A n'est pas accompagnée d'une telle décision. Par un courrier du 30 avril 2024, dont elle a accusé réception le 18 juin 2024, la requérante a été invitée à régulariser sa requête, dans le délai de quinze jours, à l'aide d'un formulaire prérempli. Ce formulaire invitait notamment la requérante à préciser les motifs de sa demande et l'informait de la nécessité, sous peine d'irrecevabilité, de soumettre au juge des arguments destinés à établir l'illégalité de la décision contestée, et de transmettre à celui-ci tout document utile au soutien de sa demande. Ce courrier est toutefois resté sans réponse. Par suite, la requête de Mme A, qui ne comporte que des moyens inopérants et n'a pas été régularisée, ne peut qu'être rejetée comme irrecevable en application des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Pau, le 19 septembre 2024.

Le président du tribunal,

J.C. PAUZIÈS

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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