jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2401336 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 27 mai et 12 juin 2024, Mme B A conteste, d'une part, la décision du 9 avril 2024 par laquelle le président du conseil départemental des Hautes-Pyrénées a implicitement rejeté son recours administratif préalable formé à l'encontre de la décision du 27 novembre 2023 mettant à sa charge un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 4 353,77 euros, d'autre part, cette dernière décision en ce qu'elle met à sa charge un indu de prestations familiales d'un montant de 2 748,08 euros, et demande au tribunal de lui accorder la remise de ces indus.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ".
2. Aux termes de l'article R. 412-1 de ce code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. () ".
3. Aux termes de l'article R. 772-6 du même code : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".
4. Mme A conteste la décision du 9 avril 2024 par laquelle le président du conseil départemental des Hautes-Pyrénées a implicitement rejeté son recours administratif préalable formé à l'encontre de la décision du 27 novembre 2023 mettant à sa charge un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 4 353,77 euros et demande au tribunal de lui accorder la remise de cet indu. A l'appui de sa requête, elle soutient que cet indu résulte du versement de sommes d'argent par sa mère afin de faire face à ses dépenses en période d'inactivité professionnelle, et qu'elle est dans l'incapacité de régler sa dette compte tenu de la précarité de ses revenus et de l'inactivité de son conjoint. Si elle peut être regardée comme invoquant ainsi sa bonne foi et la situation de précarité financière dans laquelle elle se trouve, ces circonstances sont sans incidence sur le bien-fondé de l'indu qu'elle conteste. Mme A demande également au tribunal de lui accorder la remise de cet indu, ainsi que celle d'un indu de prestations familiales, dont elle ne précise pas la nature, d'un montant de 2 748,08 euros. Toutefois, s'il appartient au juge administratif, en sa qualité de juge de plein contentieux, d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande, à la date à laquelle il statue, ce n'est qu'à la condition préalable d'être saisi d'un recours dirigé contre une décision de l'administration rejetant cette demande de remise gracieuse. Or, en l'espèce, la requête de Mme A n'est pas accompagnée d'une telle décision. Par un courrier recommandé du 30 mai 2024, dont elle a accusé réception le 6 juin 2024, la requérante a été invitée, d'une part, à adresser au tribunal la ou les décisions qu'elle conteste, d'autre part, à compléter la motivation de sa requête à l'aide d'un formulaire prérempli. Ce formulaire invitait notamment la requérante à préciser les motifs de sa demande et l'informait de la nécessité, sous peine d'irrecevabilité, de soumettre au juge des arguments destinés à établir l'illégalité de la décision contestée, et de transmettre à celui-ci tout document utile au soutien de sa demande. Si Mme A a retourné ce formulaire, enregistré au greffe du tribunal le 12 juin 2024, accompagné de pièces, elle ne formule aucun nouveau moyen de nature à remettre en cause le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active qu'elle conteste. En outre, elle ne justifie pas avoir adressé à l'administration des demandes tendant à la remise gracieuse des indus litigieux. Il s'ensuit que la requête de Mme A, qui n'a pas été régularisée, ne peut qu'être rejetée comme irrecevable en application des dispositions des 4° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Pau, le 19 septembre 2024.
Le président du tribunal,
J.C. PAUZIÈS
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026