jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2401730 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2024 et le 9 juillet 2024, M. C A, représenté par Me Doré, avocat, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner à l'administration, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui délivrer une carte de résident dans un délai de 10 jours à compter de la notification de l'ordonnance à venir, ainsi qu'un document provisoire de séjour assorti d'une autorisation de travail, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de cette même ordonnance, et ce, sous astreinte de 300 € par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'ordonner à l'administration de lui délivrer un document provisoire de séjour assorti autorisation de travail, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance à venir, et de procéder à l'instruction de sa demande de renouvellement de carte de résident dans un délai de 10 jours, et ce, sous la même astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1500 € en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, et en cas de rejet de la demande d'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État la même somme en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée par les circonstances que la dernière attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour a expiré le 21 mai 2024, qu'il n'est plus autorisé à travailler alors qu'il est titulaire d'un contrat de travail à durée déterminée, qu'il est confronté à des difficultés financières, qu'il ne peut bénéficier des aides sociales et qu'il ne peut plus figurer sur les registres de France travail ;
- il doit bénéficier de plein droit, en sa qualité de réfugié, d'une carte de résident d'une durée de dix ans, en application de l'article L. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour porte une atteinte grave à son droit au respect de sa vie privée et familiale, dès lors qu'il n'est plus autorisé à travailler, qu'il ne peut percevoir des aides sociales et qu'il subit des troubles anxieux ;
- cette décision porte une atteinte grave à sa liberté d'aller et venir dès lors qu'il ne dispose d'aucun document justifiant de la régularité de son séjour en France ;
- cette décision porte une atteinte grave à sa liberté de travailler dès lors qu'il est titulaire d'un contrat de travail à durée déterminée, qu'il n'est plus autorisé à travailler et qu'il est confronté à une précarité financière.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juillet 2024, la préfète des Landes conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que M. A bénéficie d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour jusqu'au 7 janvier 2025, et que la décision implicite de rejet de cette demande serait née le 15 septembre 2023 alors qu'il n'a formé aucun recours depuis cette date ;
- la seule circonstance que le requérant se soit vu opposer un refus de titre de séjour ne constitue pas nécessairement une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale ;
- M. A n'établit pas les incidences de la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour sur son contrat de travail.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 10 juillet 2024 en présence de Mme Caloone, greffière d'audience, M. B a lu son rapport.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, de nationalité afghane, a déposé le 15 mai 2023 une demande de titre de séjour. Il s'est vu délivrer plusieurs attestations de prolongation d'instruction de cette demande, dont la validité de la dernière a expiré le 21 mai 2024. M. A demande la délivrance du titre de séjour sollicité.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. Si M. A soutient que la dernière attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour a expiré le 21 mai 2024, qu'il n'est plus autorisé à travailler alors qu'il est titulaire d'un contrat de travail à durée déterminée, qu'il est confronté à des difficultés financières, qu'il ne peut bénéficier des aides sociales et qu'il ne peut plus figurer sur les registres de France travail, il résulte de l'instruction que les services de la préfecture des Landes lui ont délivré le 8 juillet 2024 une nouvelle attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour, laquelle permet de justifier la régularité de son séjour en France jusqu'au 7 janvier 2025, et l'autorise à exercer une activité professionnelle sur le territoire français. Dès lors, M. A ne justifie pas de la condition d'urgence. Par suite, les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
5. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le juge des référés ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. A doivent dès lors, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'admission de ce dernier au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète des Landes.
Fait à Pau, le 11 juillet 2024.
Le juge des référés,
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLONLa greffière,
M. CALOONE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition
La greffière :
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026