jeudi 22 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2402022 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 août 2024, M. C A et Mme B A demandent au tribunal :
1°) d'annuler les décisions des 11 mars et 9 avril 2024 par lesquelles le directeur de la caisse d'allocations familiales des Landes a mis à la charge de Mme A deux indus d'allocations familiales et d'allocation de rentrée scolaire d'un montant respectif de 18 699,83 et 16 630,26 euros ;
2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales des Landes de reconnaître que le CEFOP, établissement d'enseignement privé à distance, ne peut être soumis au régime de l'instruction en famille ;
3°) et de condamner la caisse d'allocations familiales des Landes à leur verser la somme de 20 000 euros au titre, d'une part, des préjudices financier et moral subis en raison de l'illégalité de ces indus et, d'autre part, des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'organisation judiciaire ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 2015-233 du 27 février 2015 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; () ".
2. D'une part, aux termes de l'article L. 142-8 du code de la sécurité sociale : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : / 1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 ; () ". Aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux général de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : / 1° A l'application des législations et règlementations de sécurité sociale () ". Aux termes de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire : " Des tribunaux judiciaires spécialement désignés connaissent : / 1° Des litiges relevant du contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale, à l'exception de ceux mentionnés au 7° du même article L. 142-1 ; () ". Aux termes de l'article L. 511-1 du code de la sécurité sociale : " Les prestations familiales comprennent : / 1°) la prestation d'accueil du jeune enfant ; / 2°) les allocations familiales ; / 3°) le complément familial ; / 4°) L'allocation de logement régie par les dispositions du livre VIII du code de la construction et de l'habitation ; / 5°) l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé ; / 6°) l'allocation de soutien familial ; / 7°) l'allocation de rentrée scolaire ; / 8°) L'allocation forfaitaire versée en cas de décès d'un enfant ; / 9°) l'allocation journalière de présence parentale. ".
3. D'autre part, aux termes du premier alinéa de l'article 32 du décret du 27 février 2015 relatif au tribunal des conflits et aux questions préjudicielles : " Lorsqu'une juridiction () de l'ordre administratif décline la compétence de l'ordre de juridiction auquel elle appartient au motif que le litige ne ressortit pas à cet ordre, elle renvoie les parties à saisir la juridiction compétente de l'autre ordre de juridiction. Toutefois, lorsque la juridiction est saisie d'un contentieux relatif à l'admission à l'aide sociale tel que défini par le code de l'action sociale et des familles (), elle transmet le dossier de la procédure, sans préjuger de la recevabilité de la demande, à la juridiction de l'autre ordre de juridiction qu'elle estime compétente par une ordonnance qui n'est susceptible d'aucun recours. ".
4. Il résulte de ce qui précède que le juge judiciaire est seul compétent pour connaitre des litiges relatifs au paiement des prestations familiales, au nombre desquelles figurent les allocations familiales et l'allocation de rentrée scolaire. Par suite, les conclusions de la requête de M. et Mme A tendant à l'annulation des décisions des 11 mars et 9 avril 2024 mettant à la charge de Mme A deux indus d'allocations familiales et d'allocation de rentrée scolaire doivent être rejetés comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître. Il en est de même des conclusions à fin d'injonction, lesquelles non seulement sont accessoires aux conclusions principales mais, en tout état de cause, ne relèvent pas des mesures pouvant être prononcées par le juge administratif, ainsi que des conclusions indemnitaires fondées sur l'illégalité des pratiques de la CAF des Landes qui en l'espèce ne tiendrait plus compte, à tort selon les requérants, des certificats de scolarité de leurs enfants et exige, en conséquence, le reversement des indus contestés, qui ne relèvent pas de la compétence de la juridiction administrative, ainsi que précisé.
5. Il y a lieu, dès lors, en application des dispositions de l'article 32 du décret du 27 février 2015, de transmettre le dossier de la requête de M. et Mme A au pôle social du tribunal judiciaire de Mont-de-Marsan, compétent en vertu des dispositions des articles L. 211-16 et D. 211-10-3 du code de l'organisation judiciaire et du tableau VIII-III annexé à ce code.
6. Enfin, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle, en tout état de cause, à ce que la caisse d'allocations familiales des Landes, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, verse aux requérants une somme au titre des frais qui auraient été exposés par eux, non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Les conclusions de la requête de M. et Mme A tendant à obtenir l'annulation des décisions des 11 mars et 9 avril 2024 de la caisse d'allocations familiales des Landes leur notifiant des indus d'allocation familiale et d'allocation de rentrée scolaire, la condamnation de cette caisse d'allocations à les indemniser de préjudices allégués en lieu avec ces décisions, et à ce qu'il soit enjoint à la CAF des Landes de modifier le régime appliqué à un établissement d'enseignement privé à distance, sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Le dossier de la requête de M. et Mme A est transmis au pôle social du tribunal judiciaire de Mont-de-Marsan.
Article 3 : Les conclusions présentées par M. et Mme A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et Mme B A et au président du tribunal judiciaire de Mont-de-Marsan.
Fait à Pau, le 22 août 2024.
La vice-présidente du tribunal,
S. PERDU
La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026