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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2402344

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2402344

mercredi 6 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2402344
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Pau a rejeté la requête de M. B contestant une contrainte de la CAF des Pyrénées-Atlantiques pour un indu d'aide personnelle au logement de 132,50 euros. Le juge a constaté que la requête était irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions formelles et que le moyen invoqué (non-versement sur son compte) était insuffisamment précisé. Malgré une demande de régularisation, M. B n'a pas fourni les éléments requis. La décision est fondée sur les articles R. 222-1, R. 411-1 et R. 772-6 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2024, M. A B conteste la contrainte émise à son encontre par le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques en vue de procéder au recouvrement d'un indu d'aide personnelle au logement d'un montant de 132,50 euros.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours () les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ".

2. Aux termes de l'article R. 411-1 de ce code : " La juridiction est saisie par requête. () Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ".

3. Aux termes, enfin, de l'article R. 772-6 du même code, en matière de contentieux sociaux : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".

4. Pour demander la décharge de l'obligation de payer une somme résultant d'une contrainte émise par une caisse d'allocations familiales, le requérant ne peut utilement se prévaloir que de moyens susceptibles d'avoir une incidence sur le principe, la quotité et sur l'exigibilité de la créance de la caisse d'allocations familiales.

5. En l'espèce, si M. B conteste la contrainte émise à son encontre par le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques, en vue de procéder au recouvrement d'un indu d'aide personnelle au logement d'un montant de 132,50 euros, il ne présente formellement aucune conclusion à fin de décharge de l'obligation de payer cette somme dont le juge administratif pourrait se considérer comme valablement saisi, mais présente en réalité devant le tribunal un recours gracieux adressé à la caisse d'allocations familiales aux fins de réexamen de sa situation. En outre, à supposer même que M. B puisse être regardé comme formant opposition à cette contrainte, il se borne à alléguer que l'indu litigieux ne lui est pas imputable dès lors que la somme correspondante n'a jamais été versée sur son compte bancaire, mais sur celui de la société bailleuse de son appartement, sans assortir ce moyen des précisions ou éléments permettant d'en apprécier le bien-fondé.

6. Par un courrier recommandé du 16 septembre 2024, dont il a accusé réception le lendemain, M. B a été invité par le greffe du tribunal à régulariser sa requête à l'aide du formulaire joint, dans le délai de quinze jours. Ce formulaire l'invitait notamment à préciser les motifs de sa demande, et l'informait de la nécessité, sous peine d'irrecevabilité, de soumettre au juge une argumentation destinée à établir que la décision contestée avait méconnu ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. Toutefois, en dépit de cette demande, l'intéressé, qui n'a pas retourné ce formulaire au tribunal, n'a pas régularisé sa requête.

7. Il s'ensuit que la requête de M. B ne peut qu'être rejetée en application des dispositions précitées du 4° et du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Pau, le 6 novembre 2024.

La vice-présidente du tribunal,

S. PERDU

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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