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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2402914

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2402914

vendredi 31 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2402914
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationPrt, magistrat désigné R.778-3

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 novembre 2024, et un mémoire enregistré le 23 décembre 2024, Mme A B demande au tribunal d'ordonner au préfet du Gers de lui attribuer un logement décent et durable, en application des dispositions de l'article L. 778-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle sollicite l'attribution d'un logement social depuis le 20 novembre 2020 ; elle a saisi la commission de médiation du Gers le 29 février 2024 et, par une décision du 8 avril 2024, elle a été reconnue comme devant être logée en urgence, au titre du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, dans un logement de type T2 à Auch, mais qu'elle n'a pas reçu de proposition de logement, dans le délai de quatre mois applicable dans le Gers ou même au-delà de ce délai ;

- elle remplit toujours les conditions pour se voir attribuer un logement : elle est âgée de 78 ans et son logement n'est plus adapté à son état de santé ;

- elle comprend que les logements en rez-de-chaussée sont plus rares et elle accepterait un T2 au 1er étage, même sans ascenseur, tant qu'elle peut encore monter des escaliers, et souligne que si sa retraite peut paraître élevée, dans le département rural du Gers, ses charges augmentent, notamment pour chauffer son logement actuel, non isolé correctement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 novembre 2024, le préfet du Gers conclut au rejet de la requête.

Il précise que :

- les services compétents de l'Etat ont interrogé le maire d'Auch par courrier du 7 mai 2024, et les quatre bailleurs sociaux du département ont été sollicités par courrier du 28 mai 2024 afin de reloger la requérante ; ils ont été relancés le 24 juin 2024 ;

- la requérante a précisé qu'elle souhaitait en priorité être logée en rez-de-chaussée car elle vit avec un chien et un chat ; cependant ces logements, plus rares, sont réservés aux personnes handicapées, ce qui limite encore les offres ; en outre, le montant de la retraite de la requérante (1 636 euros) est élevé pour le département du Gers, ce qui a conduit à ce que sa situation n'a pas été positionnée en premier pour l'attribution d'un T1 bis lors de la commission qui s'est réunie en février 2024 ;

- aucun manquement de la requérante ne peut être retenu, mais l'implication des services de l'État dans la recherche d'un logement est également établie.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;

- le code de justice administrative, et notamment l'article R. 778-1.

Le président a désigné Mme Perdu, vice-présidente, en application de l'article R. 778-3 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges visés à cet article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Mme B a informé le tribunal, le 29 janvier 2025, qu'un logement lui avait été attribuée, et le préfet du Gers a produit une pièce en ce sens, enregistrée le 29 janvier 2025.

Le rapport de Mme Perdu été entendu au cours de l'audience publique tenue le 29 janvier 2025, en présence de Mme Strzalkowska, greffière.

Les parties n'étant ni présentées ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience, conformément aux dispositions de l'article R. 778-5 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. () / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne statue en urgence, dans un délai de deux mois à compter de sa saisine. Sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du commissaire du Gouvernement. / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir son injonction d'une astreinte. Pour les seuls jugements prononcés après le 1er janvier 2016, le jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive./ Lorsqu'il est manifeste, au vu de la situation du demandeur, que son logement ou relogement doit être ordonné, le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné peut y procéder par ordonnance, après avoir mis le représentant de l'Etat en mesure de présenter ses observations en défense et clôturé l'instruction./ Le produit de l'astreinte est versé au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, institué en application de l'article L. 300-2./ Pour les seules astreintes prononcées après le 1er janvier 2016, tant que l'astreinte n'est pas liquidée définitivement par le juge, le versement de l'astreinte au fonds est effectué deux fois par an, le premier versement devant intervenir à la fin du sixième mois qui suit le mois à compter duquel l'astreinte est due en application du jugement qui l'a prononcée. Toute astreinte versée en application du jugement la prononçant reste acquise au fonds. Lorsque l'astreinte a été liquidée définitivement, le versement du solde restant dû, le cas échéant, est effectué dans le mois qui suit la notification de la décision de liquidation définitive ".

2. Il résulte de l'instruction que lors de sa séance du 8 avril 2024, la commission de médiation du Gers a considéré que la situation de Mme B entrait dans les critères définis au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, dès lors qu'elle attendait un logement social depuis un délai supérieur au délai anormalement long fixé à treize mois dans le département par arrêté préfectoral, et que sa situation était ainsi reconnue prioritaire et urgente, au titre de ces dispositions, pour être logée dans un logement répondant à ses besoins et à ses capacités, de type T2, à Auch.

3. Il résulte également de l'instruction qu'un logement a été attribué à Mme B par la commission d'attribution des logements de l'Office public de l'habitat du Gers du 16 janvier 2025, de type T2, situé au 1er étage d'un immeuble à Auch, ce qui correspond à l'orientation retenue par la commission de médiation, pour un loyer mensuel charges comprises de 412,74 euros.

4. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur la demande de logement formée par Mme B dans la présente requête.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande présentée par Mme B.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine auprès du ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation.

Copie pour information en sera adressée au préfet du Gers.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2025.

La magistrate désignée,

S. PERDU

La greffière,

A. STRZALKOWSKA

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine auprès du ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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