vendredi 31 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2403051 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Prt, magistrat désigné R.778-3 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 novembre 2024, deux mémoires enregistrés les 17 décembre 2024 et 27 janvier 2025, ainsi que des pièces, enregistrées les 26 décembre 2024 et les 10 et 13 janvier 2025 , M. A B, représenté par Me Chevalier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'ordonner au préfet des Pyrénées-Atlantiques de lui attribuer un hébergement, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation.
Il soutient que :
- il se désiste de sa demande indemnitaire, au regard de la demande de régularisation que lui a adressé le tribunal le 20 janvier 2025 ;
- il a été domicilié au centre communal d'action sociale (CCAS) de Biarritz à compter du mois de septembre 2021, et a été suivi par l'association Atherbea et a bénéficié de contrats de travail, précaires, puis a été inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi et perçoit une aide au retour à l'emploi (ARE) s'élevant à un montant de 546 euros mensuels ; ses nombreuses demandes de logement social, en 2021, 2022 et 2023, sont restées sans réponse, et il a été logé ponctuellement par des organismes, dans le cadre de mesure d'insertion professionnelle, ou par des particuliers ; il est de nouveau sans domicile fixe depuis le mois de mai 2024 et, par une décision du 19 septembre 2024, la commission de médiation des Pyrénées-Atlantiques a reconnu sa demande urgente et prioritaire, en application du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, pour être accueilli dans une structure d'hébergement ou dans une résidence hôtelière à vocation sociale (CHRS) ;
- il n'a pas obtenu de proposition.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 décembre 2024, et une pièce complémentaire, enregistrée le 24 janvier 2025, le préfet des Pyrénées-Atlantiques, conclut au rejet de la requête.
Il précise que :
- le service intégré de l'accueil et de l'orientation (SIAO) a déjà été saisi en 2021, mais le requérant refusant un accueil collectif dans un CHRS, la demande d'hébergement a été annulée par le service en avril 2023 ;
- il a été orienté vers des hébergements d'urgence, l'hôtel social géré par l'association Atherbea à Biarritz, du 17 juillet au 14 août 2024 ;
- pour exécuter la décision du 19 septembre 2024 de la commission de médiation qui a reconnu la situation du requérant urgente et prioritaire pour être accueilli dans une structure d'hébergement de type CHRS, les SIAO Pays-Basque et Béarn ont été désignés par le préfet pour tenter de le loger dans un délai de six semaines, soit avant le 31 octobre 2024 ; dans l'attente il est accueilli, de nouveau, à l'hôtel social généré par l'association Atherbea, depuis le 18 novembre 2024 ; il a refusé d'être hébergé dans un CHRS situé dans le secteur Béarn, sans motif légitime, n'ayant aucune contrainte professionnelle ; ce refus limite encore les possibilités d'héberger le requérant ;
- aucune place en CHRS au Pays Basque n'est disponible, ainsi qu'en atteste le SIAO, antenne du Pays Basque.
Par ailleurs, par une décision du 26 novembre 2024, l'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. B.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative et notamment l'article R. 778-1.
Le président a désigné Mme Perdu, vice-présidente, en application de l'article R. 778-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Perdu été entendu au cours de l'audience publique tenue le 29 janvier 2025, en présence de Mme Strzalkowska, greffière.
Les parties n'étant ni présentées ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience, conformément aux dispositions de l'article R. 778-5 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du II de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être accueilli dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale et qui n'a pas été accueilli, dans un délai fixé par décret, dans l'une de ces structures peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son accueil dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale. / () / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne statue en urgence, dans un délai de deux mois à compter de sa saisine. Sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du commissaire du gouvernement. / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue prioritaire par la commission de médiation et que n'a pas été proposée au demandeur une place dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, ordonne l'accueil dans l'une de ces structures et peut assortir son injonction d'une astreinte. Pour les seuls jugements prononcés après le 1er janvier 2016, le jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. / Le produit de l'astreinte est versé au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, institué en application de l'article L. 300-2. / Pour les seules astreintes prononcées après le 1er janvier 2016, tant que l'astreinte n'est pas liquidée définitivement par le juge, le versement de l'astreinte au fonds est effectué deux fois par an, le premier versement devant intervenir à la fin du sixième mois qui suit le mois à compter duquel l'astreinte est due en application du jugement qui l'a prononcée. Toute astreinte versée en application du jugement la prononçant reste acquise au fonds. Lorsque l'astreinte a été liquidée définitivement, le versement du solde restant dû, le cas échéant, est effectué dans le mois qui suit la notification de la décision de liquidation définitive. ".
2. Il résulte de l'instruction que lors de sa séance du 19 septembre 2024, la commission de médiation des Pyrénées Atlantiques a reconnu que la situation de M. B était urgente et prioritaire, pour être accueilli dans une structure d'hébergement ou dans une résidence hôtelière à vocation sociale (CHRS).
3. Il résulte également de l'instruction que dans le délai règlementaire de six semaines à compter de la notification de cette décision, aucune proposition d'hébergement correspondant aux besoins de M. B ne lui a été faite. A cet égard, si le préfet semble considérer que le comportement du requérant fait obstacle à l'exécution de la décision de la commission de médiation, dès lors qu'il résulte de l'instruction qu'en réponse au courrier du 5 décembre 2024 qui lui a été adressé et qui précisait que les services intégrés de l'accueil et de l'orientation (SIAO) Pays Basque et Béarn étaient désignés pour répondre à l'orientation en hébergement à vocation sociale (CHRS) décidé par la commission de médiation, M. B a précisé qu'il accepté l'orientation retenue d'un hébergement d'insertion mais uniquement au Pays Basque, d'une part, il n'est ni établi ni même allégué qu'un hébergement géré par un CHRS a été proposé par le SIAO Béarn et a été refusé par M. B, tandis que, d'autre part, il résulte de l'instruction que le requérant est suivi par le service d'insertion vers l'emploi au Pays Basque, et qu'il a bénéficié de contrats d'insertion à durée déterminée, conclus avec une association spécialisée, l'association Horizon, dont le siège est à Anglet, le dernier prenant fin le 31 janvier 2025, pour des missions d'agent polyvalent, et que le requérant ne dispose pas de véhicule pour se déplacer. Ainsi, un motif légitime peut être considéré comme fondant le refus de M. B de se voir proposer un hébergement d'insertion dans le secteur du Béarn.
4. Il résulte enfin de l'instruction que la condition d'urgence à héberger M. B n'a pas disparue, tandis qu'au vu de ce qui précède, il ne peut être retenu que son comportement serait de nature à faire obstacle à l'exécution de la décision de la commission de médiation.
5. Il y a donc lieu, ainsi que le demande M. B, d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Atlantiques de lui proposer un hébergement adapté à ses besoins, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
D É C I D E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet des Pyrénées-Atlantiques de proposer à M. B, un hébergement dans une structure ou une résidence hôtelière à vocation sociale (CHRS), dans un délai d'un mois suivant la notification du présent jugement.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine auprès du ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation.
Copie pour information en sera adressée au préfet des Pyrénées-Atlantiques.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2025.
La magistrate désignée,
S. PERDU
La greffière,
A. STRZALKOWSKA
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine auprès du ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026