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Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2603258

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2603258
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 septembre 2026, M. B... C... demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision implicite par laquelle le recteur de l’académie de Toulouse a confirmé la décision d’exclusion définitive de son fils A... du collège Saint-Exupéry de Condom en date du 22 juin 2026 ;

Il soutient que :
• le recteur n’a pas respecté le délai d’un mois pour statuer sur son recours du 29 juin 2026 ;
• il n’est pas justifié de la réunion de la commission académique d’appel ;
• cette décision est entachée de vices de procédure en raison notamment de l’audition de témoins postérieurement à la décision de convoquer le conseil de discipline le 8 juin 2026, de l’absence de certains témoignages dans le dossier, de questions outrancières posés à son fils et de l’absence de confrontation des témoins ;
• les témoignages pris en compte sont indirects ;
• la sanction est disproportionnée ;
• elle a été prise sans mise en place du protocole PHARE.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif a désigné Mme Brouard-Lucas, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. D’une part, aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». Aux termes du second alinéa de l’article R. 522-1 de ce code : « A peine d’irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d’une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d’annulation ou de réformation et accompagnées d’une copie de cette dernière. ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

2. Le juge des référés ne peut opposer une irrecevabilité sur le fondement des dispositions ci-dessus reproduites de l’article R. 522-1 du code de justice administrative que si, à la date à laquelle il se prononce sur une requête tendant à la suspension d’une décision au titre de la procédure de référé, il n’a pas été saisi par ailleurs, d’une requête à fin d’annulation ou de réformation de la décision dont la suspension est demandée. En l’espèce, il résulte de l’instruction que si le requérant demande, par la présente requête, la suspension de l’exécution de la décision implicite du recteur de l’académie de Toulouse confirmant la décision en date du 22 juin 2026 d’exclusion définitive de son fils A... du collège Saint-Exupéry à Condom, il n’a pas introduit de requête au fond tendant à l’annulation de cette décision.

3. Par ailleurs, en vertu de l’article R. 412-1 du code de justice administrative, la requête doit, à peine d’irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l’acte attaqué. Si l’article R. 612-1 de ce code prévoit que le juge ne peut relever d’office une irrecevabilité susceptible d’être couverte après l’expiration du délai de recours qu’après avoir procédé à une demande de régularisation, l’article R. 522-2 écarte l’application de ces dispositions devant le juge des référés statuant en urgence. En l’espèce, la requête de M. C... n’est pas accompagnée de la décision attaquée ou de la copie de son recours préalable obligatoire et il ne démontre pas qu’il serait dans l’impossibilité de la produire.

4. Par suite, les conclusions à fin de suspension de la requête sont, en l’état de l’instruction, manifestement irrecevables et doivent être rejetées en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... C....
Fait à Pau, le 1er octobre 2026.


La juge des référés,





C. Brouard-Lucas

La République mande et ordonne au préfet du Gers en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière :