Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2603281
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2603281 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET GEIGER |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 septembre 2026, M. A... B..., représenté par Me Geiger, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision du 25 septembre 2026 par laquelle la cheffe d’établissement du centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan a décidé de mettre en place, pour une durée de trois mois, un dispositif de séparation de type hygiaphone pour l’ensemble des parloirs dont il bénéficie jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d’enjoindre à la cheffe d’établissement de permettre dès la notification de la décision à intervenir le déroulement des visites dans un parloir sans dispositif de séparation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’État une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors, d’une part, que la décision est immédiatement exécutoire et aura épuisé ses effets avant que le tribunal ne statue au fond et que, d’autre part, il est placé à l’isolement depuis plusieurs mois, ce qui a réduit considérablement ses possibilités de contacts sociaux, réduit encore la qualité de ses relations familiales et porte atteinte au maintien de ses liens familiaux ;
- des moyens sont propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée dans la mesure où :
- elle a été prise à l’issue d’une procédure entachée de vices substantiels en méconnaissance des articles R. 313-1 et R. 313-2 du code pénitentiaire en l’absence de communication préalable des éléments invoqués par l’administration à son conseil ; l’administration n’a pas pris en compte ses observations ;
- aucun incident n’est survenu lors d’une visite antérieure ; la seule découverte de stupéfiants dans l’environnement carcéral ne permet pas d’établir leur provenance, ni leur lien avec un de ses visiteurs, ainsi cette décision est fondée sur des suppositions et les raisons sérieuses exigées par l’article R. 341-13 du code pénitentiaire ne sont pas établies ;
- cette décision porte atteinte à son droit au maintien des liens familiaux garanti à l’article L. 341-1 du code pénitentiaire sans que soit établi son caractère nécessaire puisque ses visiteurs font déjà l’objet de contrôles de sécurité et qu’aucun incident n’a été relevé et elle est disproportionnée dès lors qu’il est déjà placé à l’isolement depuis plusieurs mois ;
- elle a été prise en méconnaissance des articles L. 1, L. 2 et L. 6 du code pénitentiaire ;
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2603277 par laquelle M. B... demande l’annulation de la décision attaquée.
Vu :
• le code pénitentiaire ;
• le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Brouard-Lucas, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 25 septembre 2026, la cheffe d’établissement du centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan a décidé la mise en place d’un dispositif de séparation de type hygiaphone, pour les parloirs de M. A... B..., pour une durée de 3 mois. M. B... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de cette décision.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
3. La condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.
4. Aux termes, par ailleurs, de l’article R. 341-13 du code pénitentiaire : « Les visites se déroulent par principe dans un parloir ne comportant pas de dispositif de séparation. Toutefois, pour les personnes prévenues, le magistrat chargé du dossier de la procédure peut prescrire que les visites ont lieu dans un parloir avec dispositif de séparation. En outre, le chef de l'établissement pénitentiaire peut décider que les visites ont lieu dans un parloir avec un tel dispositif de séparation dans l'un des cas suivants : 1° S'il existe des raisons sérieuses de redouter un incident (…) ».
5. Il résulte de l’instruction que la décision de soumettre les visites au parloir de M. B... à un dispositif de séparation par hygiaphone est motivée, d’une part, par l’inscription de l’intéressé au répertoire des détenus particulièrement signalés depuis le 14 mars 2025. D’autre part, la décision fait état de la découverte à l’occasion d’une fouille sectorielle réalisée le 17 septembre 2026 d’un gramme de résine de cannabis sur le toit terrasse sous sa fenêtre, après que les personnels aient remarqué qu’il avait fait glisser quelque chose à l’extérieur par sa fenêtre au moment de l’ouverture de la porte. Dès lors que l’intéressé est placé en quartier d’isolement, secteur étanche, cette découverte a été considérée par l’administration pénitentiaire comme démontrant une introduction frauduleuse lors d’un contact avec l’extérieur. Cette mesure est ainsi considérée comme indispensable pour prévenir toute tentative d’introduction de substance illicite, préserver la sécurité des personnes et de l’établissement ainsi que prévenir toute infraction.
6. Si M. B... fait valoir que la condition d’urgence est remplie dès lors que le dispositif d’hygiaphone mis en place aura de graves conséquences sur la qualité des visites des membres de sa famille et porte ainsi atteinte à son droit au maintien des liens familiaux ainsi que sur les conditions de sa détention alors qu’il est placé à l’isolement depuis plusieurs mois. Toutefois, il est constant que ce dispositif n’a ni pour objet ni pour effet de réduire la fréquence ou la durée des visites de ses proches, alors au demeurant que le requérant n’apporte aucun élément circonstancié permettant de déterminer la nature et l’ampleur du nombre de visites qu’il est amené à recevoir. En tout état de cause, eu égard aux éléments précisés au point 5 de la présente ordonnance, et quand bien même M. B... soutient que la résine de cannabis ne lui appartenait pas, qu’aucun incident n’a été relevé lors de ses visites, et que ses visiteurs n’ont jamais été trouvés porteurs de produits stupéfiants, la mesure en litige n’apparait pas porter une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale du requérant compte tenu des motifs d’intérêt général qu’elle entend poursuivre et de son caractère limité dans le temps. Par suite, la décision en litige ne porte pas à la situation du requérant une atteinte suffisamment grave et immédiate pour constituer une situation d’urgence, au sens de l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
7. Par conséquent, la requête présentée par M. B... doit être rejetée en toutes ses conclusions sur le fondement des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Pau le 1er octobre 2026.
La juge des référés,
C. BROUARD-LUCAS
La République mande et ordonne au ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Par une requête enregistrée le 29 septembre 2026, M. A... B..., représenté par Me Geiger, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision du 25 septembre 2026 par laquelle la cheffe d’établissement du centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan a décidé de mettre en place, pour une durée de trois mois, un dispositif de séparation de type hygiaphone pour l’ensemble des parloirs dont il bénéficie jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d’enjoindre à la cheffe d’établissement de permettre dès la notification de la décision à intervenir le déroulement des visites dans un parloir sans dispositif de séparation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’État une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors, d’une part, que la décision est immédiatement exécutoire et aura épuisé ses effets avant que le tribunal ne statue au fond et que, d’autre part, il est placé à l’isolement depuis plusieurs mois, ce qui a réduit considérablement ses possibilités de contacts sociaux, réduit encore la qualité de ses relations familiales et porte atteinte au maintien de ses liens familiaux ;
- des moyens sont propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée dans la mesure où :
- elle a été prise à l’issue d’une procédure entachée de vices substantiels en méconnaissance des articles R. 313-1 et R. 313-2 du code pénitentiaire en l’absence de communication préalable des éléments invoqués par l’administration à son conseil ; l’administration n’a pas pris en compte ses observations ;
- aucun incident n’est survenu lors d’une visite antérieure ; la seule découverte de stupéfiants dans l’environnement carcéral ne permet pas d’établir leur provenance, ni leur lien avec un de ses visiteurs, ainsi cette décision est fondée sur des suppositions et les raisons sérieuses exigées par l’article R. 341-13 du code pénitentiaire ne sont pas établies ;
- cette décision porte atteinte à son droit au maintien des liens familiaux garanti à l’article L. 341-1 du code pénitentiaire sans que soit établi son caractère nécessaire puisque ses visiteurs font déjà l’objet de contrôles de sécurité et qu’aucun incident n’a été relevé et elle est disproportionnée dès lors qu’il est déjà placé à l’isolement depuis plusieurs mois ;
- elle a été prise en méconnaissance des articles L. 1, L. 2 et L. 6 du code pénitentiaire ;
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2603277 par laquelle M. B... demande l’annulation de la décision attaquée.
Vu :
• le code pénitentiaire ;
• le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Brouard-Lucas, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 25 septembre 2026, la cheffe d’établissement du centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan a décidé la mise en place d’un dispositif de séparation de type hygiaphone, pour les parloirs de M. A... B..., pour une durée de 3 mois. M. B... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de cette décision.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
3. La condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.
4. Aux termes, par ailleurs, de l’article R. 341-13 du code pénitentiaire : « Les visites se déroulent par principe dans un parloir ne comportant pas de dispositif de séparation. Toutefois, pour les personnes prévenues, le magistrat chargé du dossier de la procédure peut prescrire que les visites ont lieu dans un parloir avec dispositif de séparation. En outre, le chef de l'établissement pénitentiaire peut décider que les visites ont lieu dans un parloir avec un tel dispositif de séparation dans l'un des cas suivants : 1° S'il existe des raisons sérieuses de redouter un incident (…) ».
5. Il résulte de l’instruction que la décision de soumettre les visites au parloir de M. B... à un dispositif de séparation par hygiaphone est motivée, d’une part, par l’inscription de l’intéressé au répertoire des détenus particulièrement signalés depuis le 14 mars 2025. D’autre part, la décision fait état de la découverte à l’occasion d’une fouille sectorielle réalisée le 17 septembre 2026 d’un gramme de résine de cannabis sur le toit terrasse sous sa fenêtre, après que les personnels aient remarqué qu’il avait fait glisser quelque chose à l’extérieur par sa fenêtre au moment de l’ouverture de la porte. Dès lors que l’intéressé est placé en quartier d’isolement, secteur étanche, cette découverte a été considérée par l’administration pénitentiaire comme démontrant une introduction frauduleuse lors d’un contact avec l’extérieur. Cette mesure est ainsi considérée comme indispensable pour prévenir toute tentative d’introduction de substance illicite, préserver la sécurité des personnes et de l’établissement ainsi que prévenir toute infraction.
6. Si M. B... fait valoir que la condition d’urgence est remplie dès lors que le dispositif d’hygiaphone mis en place aura de graves conséquences sur la qualité des visites des membres de sa famille et porte ainsi atteinte à son droit au maintien des liens familiaux ainsi que sur les conditions de sa détention alors qu’il est placé à l’isolement depuis plusieurs mois. Toutefois, il est constant que ce dispositif n’a ni pour objet ni pour effet de réduire la fréquence ou la durée des visites de ses proches, alors au demeurant que le requérant n’apporte aucun élément circonstancié permettant de déterminer la nature et l’ampleur du nombre de visites qu’il est amené à recevoir. En tout état de cause, eu égard aux éléments précisés au point 5 de la présente ordonnance, et quand bien même M. B... soutient que la résine de cannabis ne lui appartenait pas, qu’aucun incident n’a été relevé lors de ses visites, et que ses visiteurs n’ont jamais été trouvés porteurs de produits stupéfiants, la mesure en litige n’apparait pas porter une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale du requérant compte tenu des motifs d’intérêt général qu’elle entend poursuivre et de son caractère limité dans le temps. Par suite, la décision en litige ne porte pas à la situation du requérant une atteinte suffisamment grave et immédiate pour constituer une situation d’urgence, au sens de l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
7. Par conséquent, la requête présentée par M. B... doit être rejetée en toutes ses conclusions sur le fondement des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Pau le 1er octobre 2026.
La juge des référés,
C. BROUARD-LUCAS
La République mande et ordonne au ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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