lundi 20 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2001441 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | PONSEELE |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement avant dire droit du 1er février 2022, le tribunal a ordonné une expertise médicale.
Le rapport d'expertise a été enregistré le 4 juillet 2022.
Par des mémoires, enregistrés le 16 août et le 9 novembre 2022, Mme A D, représentée par Me Ponseele, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 17 décembre 2019 par laquelle la directrice générale du centre hospitalier régional (CHR) de Metz-Thionville a rejeté sa demande indemnitaire préalable ;
2°) de condamner le CHR de Metz-Thionville à lui verser la somme de 20 000 euros en réparation des préjudices subis en raison du décès de son compagnon ;
3°) de mettre à la charge du CHR de Metz-Thionville la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de condamner le CHR de Metz-Thionville aux dépens.
Elle soutient que :
- la prise en charge de M. C par le CHR de Metz-Thionville a été défectueuse dès lors qu'il n'a pas été immédiatement pris en charge à son arrivée au service des urgences et eu égard à la panne informatique qui a impacté le fonctionnement du service ce jour-là ;
- le rapport d'expertise aurait dû évaluer ses préjudices de manière détaillée ;
- elle a subi un préjudice moral dès lors qu'elle a été empêchée d'assister son compagnon durant les dernières heures de sa vie, engendrant chez elle un syndrome anxiodépressif réactionnel, des troubles de l'alimentation, de l'angoisse et des troubles du sommeil.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2022, le centre hospitalier régional de Metz-Thionville, représenté par Me Zuck, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que le rapport d'expertise ne retient aucune faute à son encontre.
Par une intervention, enregistrée le 16 avril 2021, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Meurthe-et-Moselle, intervenant pour le compte de la CPAM de Moselle, informe le tribunal qu'elle n'interviendra pas dans la présente instance.
Par une ordonnance du 13 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 14 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Klipfel ;
- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique ;
- les observations de Me Grascoeur, substituant Me Ponseele, représentant Mme D.
Considérant ce qui suit :
Sur l'étendue du litige :
1. La décision du 17 décembre 2019 par laquelle la directrice générale du CHR de Metz-Thionville a rejeté la demande indemnitaire préalable formée par la requérante a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande de l'intéressée. Dès lors, en formulant les conclusions susvisées, Mme D a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Par conséquent, elle doit seulement être regardée comme ayant présenté des conclusions indemnitaires contre le CHR de Metz-Thionville.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. ".
3. Mme D soutient que la prise en charge de M. C par le CHR de Metz-Thionville n'a pas été conforme aux règles de l'art. Elle fait valoir, d'une part, qu'un délai anormalement long s'est écoulé entre l'arrivée de M. C au services des urgences et sa prise en charge par un médecin et, d'autre part, que la panne informatique qui touchait le service des urgences ce jour-là n'a pas permis à l'équipe médicale de prendre connaissance de l'intégralité de ses antécédents, ne lui permettant pas d'apprécier pleinement la gravité de son état de santé. Toutefois, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise ordonnée par jugement avant dire droit, que M. C, qui a été placé en filière " longue " à son arrivée aux urgences et qui a attendu cinq heures avant sa prise en charge, ne présentait aucun signe d'urgence vitale au moment de la prise de ses constantes à son arrivée. Par ailleurs, il résulte également de l'instruction, notamment du rapport d'expertise susmentionné, que la panne informatique invoquée par la requérante a été sans influence sur la prise en charge de M. C, les examens requis par son état de santé ayant être réalisés. Si l'hypocalcémie diagnostiquée à M. C quelques jours plus tôt n'était pas connue par l'équipe médicale présente le 21 février 2018, il résulte de l'instruction que cette hypocalcémie, de nature chronique, avait fait l'objet d'un traitement correctif. Il résulte également de l'instruction que M. C, âgé de soixante-treize ans au moment de son décès, présentait de nombreux antécédents médicaux. Il avait fait l'objet d'hospitalisations pour démence, prenait un traitement pour plusieurs pathologies cardiaques et vasculaires, notamment en raison d'un accident vasculaire-cérébral subi en février 2011 et fumait régulièrement. Si une angioplastie lui avait été prescrite en 2011 en vue de traiter une cardiopathie hypokinétique, le geste avait été refusé par M. C. Dès lors, si M. C était toujours exposé à un risque de problèmes cardiaques, en l'absence de signes d'urgence vitale présentés à son arrivée à l'hôpital, sa prise en charge par le service des urgences de l'hôpital Mercy a donc été conforme aux règles de l'art, tant dans les soins qui lui ont été apportés que dans l'organisation du service.
4. Il résulte de tout ce qui précède qu'en l'absence de faute établie, la responsabilité du CHR de Metz-Thionville ne peut être engagée au titre de la prise en charge de M. C lors de son arrivée au service des urgences le 21 février 2018. Dans ces circonstances, il est sans incidence que l'expert n'ait pas, dans son rapport, évalué les préjudices évoqués par Mme D, dès lors qu'ils ne sont pas imputables au CHR de Metz-Thionville.
Sur les dépens :
5. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / (). ".
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 1 000 euros par une ordonnance du 7 octobre 2022 de la juge des référés du tribunal à la charge définitive de Mme D.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CHR de Metz-Thionville, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme D au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme globale de 1 000 (mille) euros toutes taxes comprises par une ordonnance du 7 octobre 2022 de la juge des référés du tribunal sont mis à la charge définitive de Mme D.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, au centre hospitalier régional de Metz-Thionville et à la caisse primaire d'assurance-maladie de la Meurthe-et-Moselle. Copie en sera adressée au Docteur E B, expert.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Carrier, président,
M. Gros, premier conseiller,
Mme Klipfel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2023.
La rapporteure,
V. KLIPFEL
Le président,
C. CARRIER
Le greffier,
P. HAAG
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026