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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2002833

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2002833

jeudi 13 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2002833
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantNASSOY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 avril 2020, et des mémoires récapitulatifs, présentés les 28 mars 2022 et 7 octobre 2022 sur le fondement de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, la commune de Basse-Ham, représentée par Me Keller (M et D), demande au tribunal :

1°) de condamner solidairement, sinon conjointement, les sociétés Cabinet ID Architecture, Bicome, Secalor, EGPL, Joffroy Menuiserie, WZ Constructions, Hoerrmann - Schad, Solotoit, Qualiconsult, SN Brunori, M. C A, Me Anne Tresse ès qualités de commissaire à l'exécution du plan de la société Brunori, ès qualité de mandataire judiciaire de la société Entreprise Jean Salmon, es qualités de liquidateur judiciaire de la société Entreprise Jean Salmon, et Me Vincent Suty, ès qualités d'administrateur judiciaire de la société Entreprise Jean Salmon à lui verser la somme de 200 471,14 euros TTC, au titre des désordres et malfaçons affectant l'hôtel de ville et le bâtiment périscolaire ;

2°) de condamner solidairement, sinon conjointement, les sociétés Cabinet ID Architecture, Bicome, Secalor, EGPL, Joffroy Menuiserie, WZ Constructions, Hoerrmann - Schad, Solotoit, Qualiconsult, SN Brunori, M. C A, Me Anne Tresse ès qualités de commissaire à l'exécution du plan de la société Brunori, ès qualité de mandataire judiciaire de la société Entreprise Jean Salmon, ès qualités de liquidateur judiciaire de la société Entreprise Jean Salmon, et Me Vincent Suty, ès qualités d'administrateur judiciaire de la société Entreprise Jean Salmon à l'indemniser des sommes exposées au titre des frais de l'expertise judiciaire, soit un montant de 13 302,50 euros TTC ;

3°) de mettre à la charge solidairement, sinon conjointement, des sociétés Cabinet ID Architecture, Bicome, Secalor, EGPL, Joffroy Menuiserie, WZ Constructions, Hoerrmann - Schad, Solotoit, Qualiconsult, SN Brunori, de M. C A, de Me Anne Tresse ès qualités de commissaire à l'exécution du plan de la société Brunori, ès qualité de mandataire judiciaire de la société Entreprise Jean Salmon, ès qualités de liquidateur judiciaire de la société Entreprise Jean Salmon, et de Me Vincent Suty, ès qualités d'administrateur judiciaire de la société Entreprise Jean Salmon le versement de la somme de 3 000 euros chacun sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune de Basse-Ham soutient, dans l'état récapitulé de ses écritures, que :

- les désordres dont elle demande la réparation ont été constatés par huissier, puis par l'expert judiciaire et le sapiteur en charge des désordres thermiques ;

- s'agissant spécifiquement du désordre affectant le bardage de l'hôtel de ville, l'expert a retenu un risque d'infiltrations ; ce désordre a donc un caractère décennal ;

- la température dans la salle du conseil de l'hôtel de ville, et les salles de motricité et de restauration du bâtiment périscolaire, rendent ces locaux impropres à leur destination en été, et qu'ainsi la responsabilité décennale des constructeurs est engagée ;

- l'expert judiciaire a retenu, sur ces derniers désordres, une erreur de conception imputable au maître d'œuvre ; la commune n'a pas exclu le recours à la climatisation ;

- elle justifie, par les devis qu'elle produit dans la présente instance, du montant des travaux rendus nécessaires par les désordres constatés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 décembre 2020, et des mémoires récapitulatifs, présentés les 10 mars et 5 juillet 2022 sur le fondement de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, les sociétés ID Architecture, Bicome et M. A C, représentés par Me Zine, concluent :

1°) au rejet de la requête ;

2°) au rejet des appels en garantie formés à leur encontre ;

Subsidiairement, concernant l'installation du système de climatisation :

3°) au rejet de la demande de condamnation solidaire de la commune de Basse-Ham à hauteur de 90 284,73 euros TTC ;

4°) à ce que les éventuels travaux d'installation du système de climatisation soient limités à la seule salle de restauration du bâtiment périscolaire ;

5°) à ce que la prise en charge du coût de l'installation par la maîtrise d'œuvre soit limitée à 20 % HT s'agissant de travaux d'amélioration ;

Subsidiairement, concernant les autres travaux de reprise :

6°) à ce que la responsabilité de la maîtrise d'œuvre soit limitée au volet thermique à hauteur de 14 248,30 euros HT et sans solidarité ;

7°) à ce qu'un partage de responsabilité soit ordonné entre la maîtrise d'œuvre et les sociétés défenderesses ;

8°) à ce que la responsabilité de la maîtrise d'œuvre soit limitée en-deçà de 5 % ;

9°) à la condamnation des parties défenderesses à garantir les sociétés ID Architecture, Bicome et M. A C de toutes condamnations qui seraient mises à leur charge ;

10°) dire qu'en cas de procédure collective d'une des parties, sa quote-part devra être répartie entre les codéfendeurs condamnés in solidum et au prorata du partage de responsabilité ;

11°) dire que le montant des éventuelles condamnations doit s'entendre HT alors que la commune de Basse-Ham ne démontre pas être assujettie à la TVA ;

A titre plus subsidiaire :

12°) ordonner un partage de responsabilité entre la maîtrise d'œuvre, les sociétés défenderesses et la commune de Basse-Ham ;

13°) limiter la part de responsabilité de la maîtrise d'œuvre à 5% ;

14°) condamner les parties défenderesses in solidum à garantir sociétés ID Architecture, Bicome et M. A C de toutes condamnations qui seraient mises à leur charge ;

15°) dire qu'en cas de procédure collective d'une des parties, sa quote-part devra être répartie entre les codéfendeurs condamnés in solidum et au prorata du partage de responsabilité ;

16°) dire que le montant des éventuelles condamnations doit s'entendre HT alors que la commune de Basse-Ham ne démontre pas être assujettie à la TVA ;

En tout état de cause :

17°) à ce que la créance des sociétés ID Architecture, Bicome et Monsieur A C résultant de toute éventuelle condamnation en principal, intérêts, frais et accessoires soit fixée au passif de la liquidation judiciaire de la société Entreprise Jean Salmon ;

18°) à ce que soit mise à la charge de la commune de Basse-Ham ou de toute autre partie succombant le versement de la somme de 3 000 euros chacun aux société ID Architecture, Bicome et Monsieur A C, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Par un mémoire récapitulatif, présenté le 25 mars 2022 sur le fondement de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, la société Qualiconsult, représentée par la SCP Raffin et Associés, conclut :

1°) au rejet de la requête ;

2°) à la mise hors de cause la société Qualiconsult ;

3°) subsidiairement à la condamnation in solidum des sociétés ID Architecture, Bicome, M. A C, les sociétés Joffroy, WZ Constructions, Lasso Carrelages, Solotoit, Secalor, Hoermann - Schad, EGPL, Me Tresse et Me Suty à relever et garantir indemne la société Qualiconsult de l'intégralité des condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre ;

4°) en tout état de cause, mettre à la charge de la commune de Basse-Ham ou de toute partie succombante la somme de 3 000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 avril 2022, la société Solotoit, représentée par Me Rivera, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la commune de Basse-Ham la somme de 2 500 euros au titre des frais irrépétibles, ainsi que les entiers dépens.

La société Solotoit fait valoir que les conclusions de la commune à son encontre sont irrecevables, les travaux à sa charge ayant été repris et la commune entièrement indemnisée.

Par un mémoire en défense enregistré le 31 mai 2022, la société Hoerrmann - Schad, représentée par Me Nassoy, conclut :

1°) au rejet des conclusions de la commune de Basse-Ham à son encontre ;

2°) reconventionnellement, à ce que la commune de Basse-Ham soit condamnée à lui verser les sommes de 17 247,78 euros à titre du solde du décompte général définitif et 17 694,96 euros au titre de la retenue des garanties de 5 % ;

3°) à ce que soit mise à la charge de la commune de Basse-Ham la somme de 3 000 euros au titre des frais irrépétibles.

Des mémoires récapitulatifs ont été enregistrés pour la société Qualiconsult les 25 et 30 mai 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction. Ils n'ont pas été communiqués.

Le 15 mai 2023, les parties ont été informées, par application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office et tiré de ce que les conclusions indemnitaires présentées par la commune de Basse-Ham au titre des désordres " couverture et étanchéité " et " menuiseries extérieures " sont dépourvues d'objet, dès lors que les titulaires des lots concernés ont procédé à la reprise des malfaçons et à l'indemnisation, le cas échéant, du maître d'ouvrage.

Le 17 mai 2023, les parties ont été informées, par application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office et tiré de ce que la commune de Basse-Ham est irrecevable à fonder les conclusions indemnitaires qu'elle présente à l'encontre des sociétés EGPL et Salmon sur la responsabilité contractuelle des constructeurs, compte tenu de la réception définitive des travaux de ces lots.

La société Solotoit a présenté des observations en réponse à ces moyens d'ordre public le 20 mai 2023. Ces observations ont été communiquées.

La société Qualiconsult a présenté des observations en réponse à ces moyens d'ordre public le 25 mai 2023. Ces observations ont été communiquées.

Le 9 juin 2023, les parties ont été informées, par application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office et tiré de ce que la commune de Basse-Ham est irrecevable à fonder les conclusions indemnitaires qu'elle présente à l'encontre des sociétés Hoermann - Schad et Qualiconsult et du groupement solidaire de maîtrise d'œuvre sur la responsabilité contractuelle des constructeurs, compte tenu de la réception définitive des travaux du lot 8, à l'exception des prestations ayant fait l'objet de réserves à la réception.

Le 12 juin 2023, les parties ont été informées, par application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office et tiré de ce que la société Hoerrmann est irrecevable à solliciter la condamnation de la commune de Basse-Ham, à titre reconventionnel, à la restitution de la retenue de garantie, en application des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative.

Par une lettre du 16 juin 2023, la commune de Basse-Ham a été invitée à produire, sur le fondement des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, tout élément justifiant de la réalité et du montant de la réparation qu'elle sollicite au titre du désordre affectant le bardage en façade de l'hôtel de ville.

Le 27 juin 2023, les parties ont été informées, par application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office et tiré de ce que la société Hoerrmann - Schad est irrecevable à solliciter la condamnation de la commune de Basse-Ham, à titre reconventionnel, à lui verser la somme de 17 247,78 euros au titre du solde du marché de travaux, en l'absence de toute liaison du contentieux sur ce point.

Aucune observation n'a été présentée par les parties à la suite de ces différentes informations et la commune de Basse-Ham n'a pas produit les éléments sollicités par le tribunal le 16 juin 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Merri,

- les conclusions de M. Boutot, rapporteur public,

- et les observations de Me Hassan représentant la commune de Basse-Ham.

La commune de Basse-Ham a déposé une note en délibéré le 3 juillet 2023, dont le tribunal a pris connaissance et qui n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. Par acte d'engagement du 16 décembre 2014, la commune de Basse-Ham a confié à un groupement de maîtrise d'œuvre solidaire constitué des sociétés ID Architectures, Secalor et Bicome et de M. A C (E), la maîtrise d'œuvre d'une opération de construction d'un bâtiment périscolaire et de la nouvelle mairie. Le 15 septembre 2015, les marchés de travaux ont été attribués à la société Joffroy pour le lot 6 " Menuiseries extérieures ", la société Hoerrmann Schad pour le lot 8 " Plomberie Chauffage Ventilation ", la société EGPL pour le lot 14 " Revêtements de sols souples ", la société WZ Constructions pour le lot 1 " Gros œuvre ", la société Nasso Carrelages pour les lots 10 et 11 " Chape " et " Carrelage ", la société Solotoit pour le lot 3 " Couverture Etanchéité ", la société Salmon pour le lot 4 " Bardage " et la société Qualiconsult pour la mission de contrôle technique. Ayant constaté un " bullage " du sol PVC du bâtiment périscolaire, notamment au niveau du réfectoire, une surchauffe des bâtiments, des malfaçons sur la toiture de l'hôtel de ville, des infiltrations dans le bâtiment du périscolaire ainsi que le dysfonctionnement des stores extérieurs de la façade arrière de l'hôtel de ville, la commune a sollicité, par requête du 26 novembre 2018, la désignation d'un expert en vue d'examiner les désordres. Par ordonnance du 30 avril 2019, le juge des référés a désigné l'expert. Le juge des référés a étendu les opérations d'expertise à Me Anne Tresse ès qualité de mandataire judiciaire de la société Jean Salmon, Me Suty ès qualité d'administrateur judiciaire de la société Jean Salmon, la société Brunori, et leurs assureurs par ordonnance du 13 septembre 2019. Le 13 décembre suivant, le juge des référés a désigné M. B comme sapiteur. Le rapport définitif de l'expertise a été déposé au tribunal le 31 octobre 2021.

Sur les conclusions indemnitaires présentées par la commune de Basse-Ham :

En ce qui concerne le désordre affectant la couverture et l'étanchéité des bâtiments :

2. Il est constant que la société Solotoit a repris la couverture et l'étanchéité des bâtiments, et indemnisé la commune pour les dommages causés par les infiltrations à l'intérieur du bâtiment périscolaire, ce dont la commune reconnaît d'ailleurs lui en avoir donné quitus en mars 2022. Dans ces conditions, les conclusions indemnitaires de la commune de Basse-Ham tendant à la réparation de ce désordre ont perdu leur objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

En ce qui concerne le désordre affectant les menuiseries extérieures :

3. Il résulte de l'instruction, notamment des constatations de l'expert judiciaire, confirmées par les écritures de la commune, que la société Joffroy, titulaire du lot 6 " Menuiseries extérieures ", est intervenue postérieurement au dépôt de la requête pour remplacer les stores extérieurs défaillants. Dans ces conditions, les conclusions indemnitaires de la commune de Basse-Ham tendant à la réparation de ce désordre ont perdu leur objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

En ce qui concerne le désordre affectant le bardage en façade de l'hôtel de ville :

4. En dépit d'une mesure d'instruction, la commune de Basse-Ham n'a ni chiffré ses conclusions indemnitaires tendant à la réparation du désordre affectant le bardage en façade de l'hôtel de ville, ni produit le moindre élément de nature à justifier du montant des préjudices qu'elle soutient avoir subis du fait de ce désordre. Dès lors, ses conclusions indemnitaires au titre de ce désordre ne peuvent qu'être rejetées.

En ce qui concerne le désordre affectant le revêtement de sol du bâtiment périscolaire :

5. En premier lieu, la réception est l'acte par lequel le maître de l'ouvrage déclare accepter l'ouvrage avec ou sans réserve. En l'absence de réserve, elle met fin aux rapports contractuels entre le maître de l'ouvrage et les constructeurs en ce qui concerne la réalisation de l'ouvrage.

6. Il résulte de l'instruction que la réception des travaux du lot 14 a été prononcée le 16 mars 2018 à effet du 12 décembre 2017, sans réserve. Elle a donc mis fin à cette date aux rapports contractuels entre la commune et la société EGPL. Dès lors, la commune de Basse-Ham n'est pas fondée à rechercher la responsabilité contractuelle de cette société en ce qui concerne le désordre affectant les sols souples du bâtiment périscolaire.

7. En deuxième lieu, l'article 1792-6 du code civil n'est pas applicable aux litiges opposant les maîtres d'ouvrages publics aux constructeurs. Par ailleurs, ces dispositions ne s'inspirent d'aucun principe dont le juge administratif serait tenu de faire application. Par suite, la commune de Basse-Ham ne peut pas rechercher la responsabilité de la société EGPL sur le fondement de ces dispositions ou des principes dont elles s'inspirent.

8. En troisième et dernier lieu, en tant qu'elles sont dirigées contre les autres parties, les conclusions indemnitaires de la commune de Basse-Ham relatives à la réparation du désordre affectant le revêtement de sol du bâtiment périscolaire ne sont assorties d'aucune précision, ce qui ne permet pas au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.

En ce qui concerne les désordres thermiques affectant l'hôtel de ville et le bâtiment périscolaire :

* S'agissant de la garantie de parfait achèvement, de la garantie de bon fonctionnement, et de la garantie décennale :

9. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 7, la commune ne peut pas, devant le juge administratif, utilement invoquer l'article 1792-6 du code civil ou les principes dont il s'inspire. Par suite, les conclusions indemnitaires de la commune tendant à la mise en œuvre de la garantie de parfait achèvement pour la réparation des désordres affectant le système de chauffage et ventilation de l'ouvrage et fondées exclusivement sur ces dispositions et principes, ne peuvent qu'être rejetées.

10. En second lieu, il résulte des principes qui les régissent que la garantie décennale et la garantie biennale des constructeurs ne s'appliquent qu'après la réception de l'ouvrage. Or, il ne résulte pas de l'instruction, notamment du procès-verbal des opérations préalables à la réception des travaux du lot 8 " Plomberie Chauffage Ventilation " produit par la commune, lequel ne saurait constituer une décision de réception de ces travaux, que ces derniers ont fait l'objet d'une réception par le maître d'ouvrage. Par suite, les conclusions indemnitaires de la commune tendant à la réparation des désordres affectant le système de chauffage et ventilation de l'ouvrage ne peuvent qu'être rejetées en tant qu'elles sont fondées sur la garantie de bon fonctionnement et la garantie décennale.

* S'agissant de la responsabilité contractuelle :

Quant à la responsabilité de la société Hoerrmann :

11. La commune de Basse-Ham soutient que les manquements de la société Hoerrmann à ses obligations contractuelles sont de nature à engager la responsabilité de celle-ci à son égard. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que la société Hoerrmann a tardé à assurer la mise en service des centrales de chauffage-ventilation et à régler la sonde permettant d'assurer une meilleure ventilation nocturne dans les locaux non occupés, ainsi qu'à remettre les dossiers des ouvrages exécutés. Toutefois, et alors que la société Hoerrmann justifie avoir procédé à ces opérations avant même l'introduction de la présente requête et avoir communiqué ces documents lors des opérations d'expertise, il ne résulte pas de l'instruction que les retards constatés soient à l'origine du désordre en litige. En l'absence de lien entre ces retards et ces désordres, la commune n'est pas fondée à rechercher la responsabilité contractuelle de la société Hoerrmann.

Quant à la responsabilité du groupement de maîtrise d'œuvre :

12. Contrairement à ce que soutiennent les sociétés ID Architecture, Bicome et M. A C, l'ordonnance de référé du 30 avril 2019 désignant l'expert et cadrant ses missions concerne tant le bâtiment de l'hôtel de ville que le bâtiment périscolaire. Par suite, et alors que la requête de la commune de Basse-Ham introduite le 29 avril 2020 mentionne les deux bâtiments, les sociétés ID Architecture, Bicome et M. A C ne sont pas fondés à soutenir que l'expert aurait excédé l'étendue de sa mission en se prononçant sur les désordres affectant le système de ventilation du bâtiment périscolaire.

13. Il résulte de l'instruction que les apports extérieurs de chaleur dans l'hôtel de ville et le bâtiment périscolaire excèdent largement ce qui est admis par les règles de l'art dans le domaine thermique et ne permettent pas d'y assurer le confort d'été. Les solutions de climatisation qui, seules, permettraient d'y remédier, n'ont pas été prévues par les maîtres d'œuvre, qui ont sous-évalué ces apports extérieurs. Contrairement à ce que soutiennent les sociétés ID Architecture, Bicome et M. A C, la commune n'a pas imposé des bâtiments sans climatisation, mais a seulement exprimé une préférence pour des bâtiments qui en seraient démunis en exigeant des maîtres d'œuvre qu'ils justifient le recours à la climatisation. Il ne résulte pas de l'instruction que les maîtres d'œuvre aient soumis cette solution à la commune, ni à plus forte raison que celle-ci l'ait écartée. Par conséquent, les désordres thermiques affectant l'hôtel de ville et le bâtiment périscolaire résultent d'un défaut de conception de ces ouvrages uniquement imputable aux maîtres d'œuvre.

14. Toutefois, les sommes que la commune de Basse-Ham réclame pour la réparation de ces désordres correspondent à l'installation d'un système de climatisation active dans chacun des deux bâtiments. Or, la réalisation de ces travaux apporte aux ouvrages une amélioration par rapport aux prévisions contractuelles, puisqu'ils ne figurent pas dans les marchés de l'opération. Par conséquent, ils ne peuvent être supportés que par le maître d'ouvrage et ne sauraient être mis à la charge des maîtres d'œuvre.

15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par la commune de Basse-Ham à l'encontre des maîtres d'œuvre ne peuvent qu'être rejetées, en dépit du manquement de ces derniers à leurs obligations contractuelles.

16. Enfin, en ce qu'elles sont dirigées contre les autres intervenants à l'opération de construire, les conclusions indemnitaires de la commune de Basse-Ham relatives à la réparation de ce désordre ne sont assorties d'aucune précision, ce qui ne permet pas au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.

Sur les conclusions reconventionnelles de la société Hoerrmann :

17. Il ne résulte pas de l'instruction que la société Hoerrmann ait réclamé au maître d'ouvrage le paiement d'une quelconque somme correspondant au solde des travaux, ni qu'elle ait sollicité la restitution de la retenue de garantie, laquelle ne saurait, au demeurant, intervenir en l'absence de réception des travaux de son lot. En l'absence de liaison du contentieux, les conclusions indemnitaires présentées à titre reconventionnel par la société Hoermann ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables.

Sur les dépens :

18. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".

19. Compte tenu de ce qui a été dit au point 13, il y a lieu de mettre les frais de l'expertise, taxés et liquidés à la somme globale de 13 302,50 euros par une ordonnance du 10 décembre 2021 de la juge des référés du tribunal administratif de Strasbourg, à la charge définitive et solidaire des sociétés ID Architectures, Secalor et Bicome et de M. A C, constituant le groupement de maîtrise d'œuvre.

Sur les frais de l'instance principale :

20. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

21. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mis à la charge des sociétés EGPL, Joffroy Menuiserie, WZ Constructions, Hoerrmann - Schad, Solotoit, Qualiconsult, SN Brunori, de M. C A, de Me Anne Tresse ès qualités de commissaire à l'exécution du plan de la société Brunori, ès qualité de mandataire judiciaire de la société Entreprise Jean Salmon, ès qualités de liquidateur judiciaire de la société Entreprise Jean Salmon, et de Me Vincent Suty, ès qualités d'administrateur judiciaire de la société Entreprise Jean Salmon le versement de la somme que la commune de Basse-Ham demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

22. Il y a lieu, en application des dispositions précitées, de mettre à la charge de la commune de Basse-Ham le versement de la somme de 1 500 euros chacune aux sociétés Solotoit et Qualiconsult, vis-à-vis desquelles elle est la partie perdante, et de mettre à la charge solidaire des sociétés ID Architectures, Secalor et Bicome et de M. A C, parties tenues aux dépens, la somme de 1 500 euros à verser à la commune de Basse-Ham. En revanche, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Basse-Ham la somme que sollicite la société Hoerrmann-Schad sur le même fondement.

Sur l'appel en garantie des sociétés ID Architecture, Bicome et de M. A C :

23. Les conclusions des sociétés ID Architectures, Bicome et de M. A C tendant à la condamnation des autres parties à les garantir des condamnations prononcées à leur encontre ne sont assorties d'aucune précision, ce qui ne permet pas au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ces conclusions ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les autres frais de l'instance :

24. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions des sociétés ID Architectures, Bicome et de M. A C, ainsi que de la société Qualiconsult, tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge des autres défendeurs sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1 :Les sociétés ID Architectures, Secalor et Bicome et M. A C sont condamnés solidairement à verser à la commune de Basse-Ham la somme de 13 302,50 euros (treize-mille-trois-cent-deux euros et cinquante centimes) toutes taxes comprises.

Article 2 :La commune de Basse-Ham versera aux sociétés Solotoit et Qualiconsult la somme de 1 500 (mille-cinq-cent) euros chacune au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 :Les sociétés ID Architectures, Secalor et Bicome et M. A C verseront solidairement à la commune de Basse-Ham, la somme de 1 500 (mille-cinq-cent) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 :Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 :Le présent jugement sera notifié à la commune de Basse-Ham, à la commune de Basse-Ham, les sociétés Cabinet ID Architecture, Bicome, Secalor, EGPL, Joffroy Menuiserie, WZ Constructions, Hoerrmann - Schad, Solotoit, Qualiconsult, SN Brunori, M. C A, Me Anne Tresse es qualités de commissaire à l'exécution du plan de la société Brunori, es qualité de mandataire judiciaire de la société Entreprise Jean Salmon, es qualités de liquidateur judiciaire de la société Entreprise Jean Salmon, et à Me Vincent Suty, es qualités d'administrateur judiciaire de la société Entreprise Jean Salmon.

Copie en sera adressée au préfet de la Moselle.

Délibéré après l'audience du 28 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Rees, président,

Mme Merri, première conseillère,

Mme Dobry, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.

La rapporteure,

D. MERRI

Le président,

P. REES

La greffière,

V. IMMELÉ

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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