mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2003018 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SPAETY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 18 mai 2020 et
17 mars 2022, M. B A, représenté par Me Spaety, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 3 000 euros en réparation des préjudices qu'il aurait subis ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- en procédant au retrait de sa mise à disposition auprès de l'école française de Bâle, l'administration a commis une faute susceptible d'engager sa responsabilité ;
- l'administration a commis une faute en ne lui apportant aucun soutien face aux attaques dont il était l'objet de la part du comité de gestion de l'école française de Bâle ;
- il a subi un préjudice moral et un préjudice financier estimés à une somme globale de 3 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 février 2022, la rectrice de l'académie de Strasbourg conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- elle se trouvait en situation de compétence liée pour mettre fin à la mise à disposition de M. A auprès de l'école française de Bâle ;
- les dispositions de l'article 12-3 du règlement du personnel de l'association française de Bâle, à supposer qu'elles soient opposables à l'administration française, ont été respectées ;
- il ne peut lui être reprochée de ne pas être intervenue dans les dissensions qui opposaient M. A au comité de gestion de l'école français de Bâle ;
- la réalité du préjudice moral n'est pas établie ;
- la réalité du préjudice financier n'est pas établie.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E D,
- les conclusions de M. Thomas Gros, rapporteur public,
- les observations de M. A,
- et les observations de M. C, représentant le rectorat de l'académie de Strasbourg.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, professeur des écoles, a été mis à disposition de l'école française de Bâle en 2005 et y a exercé les fonctions de directeur à compter de 2016. Par une décision du
4 avril 2018, l'inspectrice d'académie, directrice académique des services de l'éducation nationale du Haut-Rhin, a mis fin à la mise à disposition de M. A auprès de l'école française de Bâle. Par un courrier du 17 janvier 2020, M. A a adressé à l'administration une demande indemnitaire préalable afin d'obtenir l'indemnisation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de la fin de sa mise à disposition. Cette demande indemnitaire préalable a été implicitement rejetée. Par le présent recours, M. A demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 3 000 euros en réparation des préjudices moral et financier subis.
2. Aux termes de l'article 41 de la loi du 11 janvier 1984: " La mise à disposition est la situation du fonctionnaire qui demeure dans son corps d'origine, est réputé occuper son emploi, continue à percevoir la rémunération correspondante, mais qui exerce des fonctions hors du service où il a vocation à servir. / Elle ne peut avoir lieu qu'avec l'accord du fonctionnaire et doit être prévue par une convention conclue entre l'administration d'origine et l'organisme d'accueil. / Le fonctionnaire peut être mis à disposition auprès d'un ou de plusieurs organismes pour y effectuer tout ou partie de son service. / Le fonctionnaire mis à disposition est soumis aux règles d'organisation et de fonctionnement du service où il sert, à l'exception des articles L. 1234-9, L. 1243-1 à L. 1243-4 et L. 1243-6 du code du travail, de toute disposition législative ou réglementaire ou de toute clause conventionnelle prévoyant le versement d'indemnités de licenciement ou de fin de carrière. ". Par ailleurs, l'article 6 du décret du 16 septembre 1985 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires de l'Etat, à la mise à disposition, à l'intégration et à la cessation définitive de fonctions prévoit que : " I. - La mise à disposition peut prendre fin avant le terme prévu par arrêté du ministre ou décision de l'autorité dont relève le fonctionnaire, sur demande de l'administration d'origine, de l'organisme d'accueil ou du fonctionnaire, sous réserve le cas échéant des règles de préavis prévues dans la convention de mise à disposition. () ".
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, par un courrier du 20 mars 2018, le comité de gestion de l'école française de Bâle, se prévalant de manquements commis par l'intéressé, a demandé à la directrice académique des services départementaux de l'éducation nationale du Haut-Rhin de procéder au retrait de la mise à disposition de M. A. Face à une telle demande de la part de l'administration d'accueil de M. A, la directrice académique des services de l'éducation nationale du Haut-Rhin se trouvait ainsi en situation de compétence liée pour mettre fin à la mise en disposition en litige, ainsi que cela est soulevé en défense. L'intéressé ne peut ainsi utilement soutenir ni que la décision procédant à la fin de sa mise à disposition serait insuffisamment motivée, ni que les droits de la défense auraient été méconnus ou que les dispositions de l'article 12.3 du règlement personnel de l'association de l'école française de Bâle n'auraient pas été respectées. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction qu'une convention de mise à disposition, fixant un délai de préavis, aurait été signée entre les parties, de telle sorte que M. A n'est pas davantage fondé à soutenir que le délai de préavis n'aurait pas été respecté. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'administration a commis une faute en mettant fin à sa mise à disposition par la décision du 4 avril 2018.
4. En deuxième lieu, M. A reproche à son administration d'origine de ne pas l'avoir soutenu alors qu'il faisait face à des attaques injustifiées de la part du comité de gestion de l'école française de Bâle. Toutefois, il n'appartenait pas à l'administration de l'éducation nationale d'intervenir dans la gestion de l'école française de Bâle. Par suite, M. A n'est pas davantage fondé à rechercher la responsabilité de l'Etat pour ce motif.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la rectrice de l'académie de Strasbourg.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Vogel-Braun, président,
Mme Servé, première conseillère,
Mme Eymaron, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
La rapporteure,
A.-L. D
Le président,
J.-P. VOGEL-BRAUN
Le greffier,
S. BRONNER
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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