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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2003863

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2003863

mercredi 28 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2003863
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSELARL LE DISCORDE - DELEAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 2 juillet 2020, le 15 septembre 2021, le 15 mars 2022 et le 18 mars 2022, le service départemental d'incendie et de secours de la Moselle, représenté par Me Gény, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'homologuer le protocole d'accord transactionnel passé entre le service départemental d'incendie et de secours de la Moselle, la société Colas Nord Est, la société Michel Rémon et la société Ygrec Ingénierie ;

2°) de condamner la société Socotec à lui verser la somme de 22 295,28 euros indexée sur l'indice BT01 valeur mai 2017, à savoir 106,2 ;

3°) de mettre à la charge de la société Socotec la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

4°) de mettre à la charge de la société Socotec les dépens.

Il soutient que :

- un protocole d'accord transactionnel a été conclu avec la société Colas Nord Est, la société Michel Rémon et la société Ygrec Ingénierie, auquel la société Socotec a refusé de participer ;

- les désordres constatés affectant les pavés de la cour d'honneur rendent ces derniers impropres à leur destination et rentrent dans la catégorie des désordres d'ordre décennal ;

- à titre subsidiaire, les désordres constatés relèvent de fautes contractuelles ;

- un devis réalisé par une société tierce et validé par l'expert judiciaire a évalué le montant des travaux de reprise à 111 476,40 euros ;

- l'expert judiciaire a évalué à 20% la part de responsabilité de la société Socotec, soit un montant de 22 295,28 euros ;

- les désordres constatés relevaient de la mission du contrôleur technique au titre des missions L et S définies par le décret du 28 mai 1999 relatif au cahier des clauses techniques générales applicables aux marchés publics de contrôle technique.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 septembre 2020 et le 19 avril 2022, la société Michel Rémon et associés SARL, représentée par Me Zine, conclut, dans le dernier état de ses écritures, à l'homologation du protocole d'accord transactionnel passé entre le service départemental d'incendie et de secours de la Moselle, la société Colas Nord Est, la société Michel Rémon et la société Ygrec Ingénierie, au rejet de la demande d'appel en garantie formée par la société Socotec, et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société Socotec au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la société Socotec est responsable à hauteur de 20% des désordres constatés, en tant que contrôleur technique, dès lors que ces désordres affectaient la solidité intrinsèque de la voirie et non la couche d'usure ;

- la société Socotec ne justifie pas d'une faute commise par la société Michel Rémon ni d'un lien de causalité de nature à engager sa responsabilité quasi-délictuelle.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 30 septembre 2021, le 23 mars 2022 et

le 26 avril 2022, la société Colas France, venant aux droits de la société Colas Nord Est, représentée par Me Lebon, conclut, dans le dernier état de ses écritures, à l'homologation du protocole d'accord transactionnel passé entre le service départemental d'incendie et de secours de la Moselle, la société Colas Nord Est, la société Michel Rémon et la société Ygrec Ingénierie, au rejet de la demande d'appel en garantie formée par la société Socotec, et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la société Socotec au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la voirie fait partie intégrante de la solidité de l'ouvrage et que n'est pas en cause ici la couche d'usure des matériaux

- la société Socotec a failli à sa mission en ne vérifiant pas la qualité du matériel posé et en ne soulevant pas une réserve.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 23 novembre 2021, le 13 décembre 2021 et le 25 mars 2022, la société Socotec Construction venant au droits de la société Socotec SAS, représentée par Me Deleau, conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, à ce que les condamnations prononcées à son encontre soient garanties in solidum par la société Colas Nord Est, la société Michel Rémon et la société Ygrec Ingénierie ;

3°) en tout état de cause, à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge du service départemental d'incendie et de secours de la Moselle au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle s'est vu confier une mission de contrôle technique et sa responsabilité ne peut être recherchée que dans les limites de cette mission ;

- l'annexe A de la norme NFP 03-100, à laquelle se réfère l'article 7 du décret

du 28 mai 1999 relatif au cahier des clauses techniques générales applicables aux marchés publics de contrôle technique, prévoit que la mission L porte sur les ouvrages de réseaux divers et de voirie destinés à une desserte privative, à l'exclusion des couches d'usure des chaussées et des voies piétonnières ;

- la cour d'honneur du service départemental d'incendie et de secours de la Moselle est une desserte privative et les désordres constatés sont exclusivement afférents à la couche d'usure et ne relèvent donc pas du champ de sa mission de contrôle technique, de sorte que sa responsabilité n'est pas susceptible d'être engagée ;

- les désordres constatés dans la cour d'honneur ne relèvent pas de la mission S définie par le décret du 28 mai 1999 ;

- la société Colas Nord Est, la société Michel Rémon et la société Ygrec Ingénierie ont commis des manquements de nature à engager leur responsabilité quasi-délictuelle vis-à-vis d'elle, à hauteur de l'intégralité des condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre.

L'instruction a été close le 13 juin 2022, par une ordonnance du même jour, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.

Un mémoire, présenté pour la société Ygrec Ingénierie, a été enregistré le 20 juin 2022 après la clôture de l'instruction et n'a pas été communiqué.

Vu :

- l'ordonnance de taxation des frais d'expertise n° 1401098 du 18 juillet 2017 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le décret n° 99-443 du 28 mai 1999 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de M. Boutot, rapporteur public,

- et les observations de Me Lejunter, représentant la société Colas Nord Est.

Considérant ce qui suit :

1. En vue de la construction de sa nouvelle direction, le service départemental d'incendie et de secours de la Moselle a conclu le 2 juillet 2001 un marché de maîtrise d'œuvre avec les sociétés Michel Rémon et GEC Ingénierie, aux droits de laquelle vient la société Ygrec Ingénierie. Un marché de contrôle technique a été conclu le 15 octobre 2001 avec la société Socotec. Le lot n° 18, comprenant notamment la réalisation de la cour d'honneur, a été confié, par un marché du 9 mai 2003, à la société SCREG, aux droits de laquelle vient la société Colas France. La réception des travaux a été prononcée le 23 juin 2005, à effet du 15 mai précédent, et les dernières réserves ont été levées le 1er mars 2006. Le service départemental d'incendie et de secours de la Moselle a présenté le 27 février 2014 devant le tribunal administratif de Strasbourg une requête aux fins de voir ordonner une expertise pour constater les désordres affectant les pavés en grès de la cour d'honneur. L'expert, désigné par une ordonnance du 25 septembre 2014, a remis son rapport définitif d'expertise le 2 juin 2017. Par requête du 2 juillet 2020, le service départemental d'incendie et de secours de la Moselle a demandé à ce que les sociétés Michel Rémon, Ygrec Ingénierie, Colas Nord Est et Socotec, soient condamnées in solidum à lui verser la somme de 111 476,40 euros indexée sur l'indice BT01 valeur de mai 2017, en réparation du préjudice subi.

Sur les conclusions à fin d'homologation du protocole d'accord transactionnel

du 26 novembre 2020 :

2. Selon l'article 2044 du code civil, la transaction est un contrat par lequel les parties terminent une contestation née ou préviennent une contestation à naître. En vertu de l'article 2052 de ce code, un tel contrat de transaction a entre les parties l'autorité de la chose jugée en dernier ressort. Il est exécutoire de plein droit, sans qu'y fassent obstacle, notamment, les règles de la comptabilité publique. Toutefois, les parties à une instance en cours devant le juge administratif peuvent présenter à celui-ci, y compris à l'occasion d'un pourvoi en cassation, des conclusions tendant à l'homologation d'une transaction par laquelle elles mettent fin à la contestation initialement portée devant la juridiction administrative. Il appartient alors au juge administratif, qui se prononce en tant que juge de l'homologation, de vérifier que les parties consentent effectivement à la transaction, que l'objet de celle-ci est licite, qu'elle ne constitue pas de la part de la collectivité publique une libéralité et ne méconnaît pas d'autres règles d'ordre public. En cas d'homologation de la transaction, le juge administratif doit constater le non-lieu à statuer sur la requête ou, dans le cas où la partie requérante aurait subordonné son désistement à l'homologation de la transaction, donner acte de ce désistement. En revanche, le refus d'homologation entraînant la nullité de la transaction, il appartient dans cette hypothèse au juge de statuer sur la requête.

3. Le service départemental d'incendie et de secours de la Moselle a conclu en cours d'instance, le 26 novembre 2020, avec les sociétés Michel Rémon, Ygrec Ingénierie et Colas Nord Est, un protocole d'accord transactionnel, dont ils demandent l'homologation.

4. Ce protocole a pour objet de mettre à la charge de la société Colas Nord Est la réalisation des travaux de reprise devant être effectués dans la cour d'honneur, et de mettre à la charge des deux autres sociétés, sur le fondement d'un devis validé par l'expert et selon une répartition proposée par ce dernier, 20% des coûts induits par ces travaux. Il est prévu que la société Colas Nord Est prenne au total en charge 60% du coût des travaux. Le protocole a été régulièrement signé par les parties, il n'est pas constitutif d'une libéralité de la part du service départemental d'incendie et de secours de la Moselle et il ne méconnaît aucune autre règle d'ordre public. Par conséquent, rien ne s'oppose à son homologation.

5. Le protocole d'accord transactionnel du 26 novembre 2020 ayant pour objet de mettre fin au litige né entre le service départemental d'incendie et de secours de la Moselle, d'une part, et les sociétés Michel Rémon, Ygrec Ingénierie et Colas France, d'autre part, il n'y a pas lieu à statuer sur les conclusions de la requête dirigées contre ces trois sociétés. Ne restent donc en litige que les sommes demandées par le requérant à la société Socotec, ainsi que les appels en garantie de cette dernière et les demandes présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les dépens de l'instance.

Sur la responsabilité de la société Socotec :

6. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans.

7. Par ailleurs, l'article L. 111-24 du code de la construction et de l'habitation, dans sa version en vigueur au jour de la conclusion du marché de contrôle technique entre le service départemental d'incendie et de secours de la Moselle et la société Socotec, dispose que : " Le contrôleur technique est soumis, dans les limites de la mission à lui confiée par le maître de l'ouvrage à la présomption de responsabilité édictée par les articles 1792, 1792-1 et 1792-2 du code civil, reproduits aux articles L. 111-13 à L. 111-15, qui se prescrit dans les conditions prévues à l'article 2270 du même code reproduit à l'article L. 111-20. " Il résulte de ces dispositions que le contrôleur technique est soumis au régime de la garantie décennale, dans la limite de la mission qui lui a été confiée par le maître de l'ouvrage.

8. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du 2 juin 2017, qu'à compter de 2011, il a été constaté que certains pavés de la cour d'honneur se délitaient et que les joints se creusaient, créant des irrégularités sur le sol et des risques de chutes. Selon l'expertise, ces désordres, survenant de manière aléatoire à divers endroits de la cour d'honneur, affectent 15 à 20% de la surface de la cour d'honneur. L'expert a, en outre, précisé, après analyse des pavés, que les désordres constatés étaient dus à la nature de la pierre posée qui ne respectait pas les exigences du cahier des clauses techniques particulières, et non aux conditions d'utilisation des pavés. L'expert, dont l'analyse n'est pas contestée sur ce point, estime que ces désordres affectent la solidité de l'ouvrage et le rendent impropre à sa destination, la cour d'honneur du service départemental d'incendie et de secours de la Moselle étant conçue pour accueillir des évènements officiels. Ces désordres entrent, dès lors, dans le champ de la garantie décennale.

9. Si la société Socotec soutient, à bon droit, que le pavement de la cour d'honneur n'entrait pas dans la mission S relative au contrôle des conditions de sécurité des personnes dans les constructions, l'aménagement de la cour d'honneur n'incluant la construction d'aucun bâtiment, elle n'est en revanche pas fondée à soutenir que le pavement de la cour d'honneur aurait été également exclu du champ de sa mission L relative au contrôle de la solidité des ouvrages, dès lors qu'il résulte de l'article 1-2 du cahier des clauses techniques particulières du marché de contrôle technique que la mission L incluait les ouvrages de viabilité, comprenant ainsi la cour d'honneur destinée à la desserte de la direction du service départemental d'incendie et de secours de la Moselle. La société Socotec ne peut pas utilement se prévaloir de l'annexe A de la norme NFP 03-100 qui exclut de la mission L les couches d'usure des chaussées, dès lors que cette norme ne figure pas au nombre des pièces contractuelles du marché.

10. Il résulte de ce qui précède que le service départemental d'incendie et de secours de la Moselle est fondé à soutenir que les désordres constatés sur le pavement de la cour d'honneur sont imputables à la société Socotec et sont, par suite, de nature à engager sa responsabilité décennale.

11. L'expert propose de répartir les responsabilités de la manière suivante : 20% pour les maîtres d'œuvre, 40% pour l'entrepreneur, 20% pour le fournisseur et 20% pour le contrôleur technique. Cette répartition qui n'est pas contestée par la société Socotec, reflète la part de responsabilité de chacun dans la survenance des désordres constatés, qui tiennent tant à la nature des pavés fournis qu'à la défaillance dans le contrôle des caractéristiques de ces pavés, qui incombait notamment à la société Socotec. Par conséquent, la part de responsabilité de la société Socotec doit être évaluée à 20% du préjudice subi par le service départemental d'incendie et de secours de la Moselle.

Sur les préjudices :

12. Pour évaluer le montant des travaux de reprise tels que préconisés par l'expert, ce dernier s'est fondé sur un devis chiffrant ces travaux à un montant global de 111 476,40 euros toutes taxes comprises, montant repris par le service départemental d'incendie et de secours de la Moselle pour chiffrer sa demande.

13. Au regard de ces éléments, le service départemental d'incendie et de secours de la Moselle est fondé à demander de la part de la société Socotec l'indemnisation des désordres subis à hauteur de 20%, soit un montant de 22 295,28 euros.

14. En revanche, le service départemental d'incendie et de secours de la Moselle n'établit pas que les travaux n'auraient pu être réalisés dès le mois de juin 2017 au moment du dépôt du rapport d'expertise, et il n'est donc pas fondé à demander que soit appliqué à cette somme l'indice BT01 avec le mois de juin 2017, ni a fortiori de mai 2017, comme valeur de référence.

15. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner la société Socotec Construction à verser au service départemental d'incendie et de secours de la Moselle la somme de 22 295,28 euros au titre de sa responsabilité décennale.

Sur les appels en garantie :

16. La société Socotec Construction n'étant condamnée à indemniser le service départemental d'incendie et de secours de la Moselle qu'à proportion de sa propre contribution à la survenance du dommage, arrêtée à 20%, elle n'est pas fondée à appeler en garantie les sociétés Michel Rémon, Ygrec Ingéniérie et Colas France.

Sur les dépens :

17. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".

18. En l'espèce, l'ordonnance de taxation du 18 juin 2017 a taxé et liquidé à la somme de 18 309 euros toutes taxes comprises les frais d'expertise. Il y a lieu de mettre ces frais à la charge de la société Socotec Construction à hauteur de la part de responsabilité qui lui est imputée dans la survenance des désordres objets du présent litige, soit 20%. Une somme de 3 661,80 euros doit, par conséquent, être mise à sa charge au titre des dépens.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

19. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de la société Socotec Construction une somme de 1 200 euros à verser au service départemental d'incendie et de secours de la Moselle, une somme de 800 euros à verser à la société Michel Rémon et une somme de 800 euros à verser à la société Colas France, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

20. Ces mêmes dispositions font, en revanche, obstacle à ce que le service départemental d'incendie et de secours de la Moselle, qui n'est pas la partie perdante, verse à la société Socotec Construction la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Le protocole d'accord transactionnel signé le 26 novembre 2020 par le service départemental d'incendie et de secours de la Moselle, la société Michel Rémon, la société Ygrec Ingénierie et la société Colas Nord Est est homologué.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête du service départemental d'incendie et de secours de la Moselle dirigées contre la société Michel Rémon, la société Ygrec Ingénierie et la société Colas Nord Est.

Article 3 : La société Socotec Construction est condamnée à verser la somme de 22 295,28 € (vingt-deux-mille deux-cent quatre-vingt-quinze euros et vingt-huit cents) au service départemental d'incendie et de secours de la Moselle.

Article 4 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 18 309 € (dix-huit mille trois cent neuf euros) par ordonnance du président du tribunal administratif de Strasbourg du 18 juin 2017, sont mis à la charge de la société Socotec Construction à hauteur de la somme de 3 661,80 €

(trois mille six-cent-soixante et un euros et quatre-vingts cents).

Article 5 : La société Socotec Construction versera au service départemental d'incendie et de secours de la Moselle une somme de 1200 (mille deux-cents) euros, à la société Michel Rémon une somme de 800 (huit cents) euros et à la société Colas France une somme de 800 (huit cents) euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié au service départemental d'incendie et de secours de la Moselle, à la société Socotec Construction, à la société Michel Rémon, à la société Ygrec Ingénierie et à la société Colas France.

Délibéré après l'audience du 7 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Rees, président,

Mme Merri, première conseillère,

Mme Dobry, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2022.

La rapporteure,

S. A

Le président,

P. REESLa greffière,

M.-C. SCHMIDT

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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