mercredi 19 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2004059 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | THIERY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 juillet 2020, et un mémoire du 27 avril 2021, la société Grenke Location, représentée par Me Thiery, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner de l'Etat à lui verser la somme de 3 180 euros assortie des intérêts au taux légal majoré de 5 points à compter du 18 février 2019, au titre du contrat n° 088-013476 ;
2°) d'ordonner la capitalisation des intérêts ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer le matériel objet du contrat, à ses frais et risques ;
4°) subsidiairement de condamner l'Etat à lui verser la somme de 2 941,23 euros, au titre des loyers échus impayés au 1er avril 2021, intérêts échus au 18 février 2019 et indemnité de recouvrement, assortie des intérêts au taux légal majoré de 5 points à compter du 18 février 2019 ;
4°) en tout état de cause de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme
de 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société Grenke Location soutient que :
- faute pour le centre de déminage de Toulouse d'honorer régulièrement les échéances trimestrielles, elle était en droit de résilier le contrat et de réclamer, d'une part, le versement des loyers impayés et, d'autre part, une indemnité de résiliation ;
- la direction générale de la sécurité civile n'a fait valoir aucun motif d'intérêt général susceptible de faire obstacle à la résiliation anticipée du contrat ;
- elle est également en droit de solliciter l'indemnité forfaitaire de recouvrement d'un montant de 40 euros ;
- le centre de déminage de Toulouse doit lui restituer le matériel loué dont il est détenteur sans droit ni titre depuis la résiliation du contrat.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 janvier 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête, subsidiairement à la modulation de l'indemnité de résiliation due à la société Grenke Location.
Le ministre de l'intérieur soutient que :
- la requête est irrecevable à défaut de liaison du contentieux par la société Grenke Location ;
- subsidiairement, la résiliation anticipée était irrégulière et ne pouvait ainsi ouvrir droit à indemnité pour le bailleur ;
- encore plus subsidiairement, l'indemnité de résiliation est manifestement disproportionnée au regard des préjudices effectivement démontrés par la société Grenke Location.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 septembre 2022 :
- le rapport de Mme Merri, première conseillère,
- et les conclusions de M. Boutot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 29 novembre 2016, le centre de déminage de Toulouse a conclu avec la société Grenke Location un contrat de location n° 088-013476 pour un copieur Toshiba Minolta, d'une durée de 21 trimestres, pour un loyer trimestriel de 198,99 € HT soit 238,79 € TTC. Le matériel a été livré le 28 novembre 2016. Par courrier daté du 16 juin 2018, la société Grenke Location a mis en demeure la direction générale de la sécurité civile de reprendre les paiements. Par courrier daté du 19 février 2019, la société Grenke Location a notifié la résiliation du contrat et a sollicité le paiement de la somme de 3 180 euros.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le ministre de l'intérieur :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / Le délai prévu au premier alinéa n'est pas applicable à la contestation des mesures prises pour l'exécution d'un contrat. "
3. Il résulte de l'instruction que ni la mise en demeure de régulariser les échéances impayées, datée du 16 juin 2018, ni la lettre de résiliation anticipée portant réclamation de l'indemnité de résiliation contractuellement prévue, datée du 19 février 2019, n'ont été régulièrement notifiées au centre de déminage de Toulouse ou à son autorité de tutelle, la direction générale de la sécurité civile. La société Grenke Location fait valoir que cette erreur a été causée par les modifications d'adressage de la facturation sollicitées en cours de contrat par le centre de déminage. Toutefois, en l'absence d'adresse figurant au contrat qu'elle produit et dont elle sollicite l'exécution, et alors qu'elle n'a pas davantage utilisé l'adresse communiquée par le centre de déminage de Toulouse en vue de la facturation, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le ministère de l'intérieur est à l'origine de cette erreur.
4. Par suite, le ministre de l'intérieur est fondé à soutenir qu'aucune demande préalable ne lui a été adressée, ni au stade de la mise en demeure, ni à celui de la résiliation.
En conséquence, la fin de non-recevoir qu'il oppose, tenant à l'absence de liaison du contentieux, doit être accueillie et les conclusions présentées par la société Grenke Location fondées sur le contrat de location n° 088-013476 doivent être rejetées.
5. Pour les mêmes motifs, les conclusions présentées par la société requérante sur le fondement extra-contractuel doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin de restitution :
6. Pour les motifs déjà exposés au point 3, la société Grenke Location n'est pas fondée à se prévaloir de la résiliation anticipée du contrat en litige pour solliciter la restitution du matériel loué. Les conclusions qu'elle présente à cette fin ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
Sur les frais d'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que la société Grenke Location demande sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de la société Grenke Location est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Grenke Location et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Rees, président,
Mme Dorothée Merri, première conseillère,
Mme Sabine Dobry, conseillère,
Rendu public, par mise à disposition au greffe, le 19 octobre 2022.
La rapporteure,
D. MERRI
Le président,
P. REES
La greffière,
M.-C. SCHMIDT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026