jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2102323 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | HOUVER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 avril 2021 et le 9 juin 2022, M. B A, représenté par Me Houver, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'Etat à lui verser le supplément familial de traitement pour la période du 1er novembre 2019 au 30 juin 2020, somme assortie des intérêts légaux et capitalisation de ses intérêts ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- son ex-conjointe refuse de signer l'attestation demandée par l'administration pour compléter son dossier de demande de supplément familial de traitement ; le comptable public commet une erreur en refusant de prendre en compte les éléments attestant de ses multiples tentatives pour obtenir de son ex-conjointe la signature de ce document ;
- en tout état de cause, l'attestation exigée par la direction régionale des finances publiques d'Ile-de-France n'est pas obligatoire ; son ex-conjointe n'est pas une agente publique mais travaille dans le secteur privé ; le versement du supplément familial de traitement n'est donc pas conditionné à la production de cette attestation.
La procédure a été communiquée au ministre des armées, au ministre de l'économie, des finances et de la relance et à la direction régionale des finances publiques d'Ile-de-France, qui n'ont pas produit d'observations.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office, tirés de :
- l'irrecevabilité des conclusions à fin d'injonction présentées à titre principal ;
- dans l'hypothèse où la requête a pour objet la condamnation de l'Etat à verser une indemnité dont le montant correspond aux mensualités de SFT non versées depuis novembre 2019, irrecevabilité de ces conclusions indemnitaires en l'absence de décision rejetant une demande indemnitaire préalablement formée devant l'administration.
Par un mémoire enregistré le 7 février 2023, M. A a présenté des observations relatives à ces moyens d'ordre public.
Par une ordonnance du 7 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 22 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jordan-Selva,
- et les conclusions de M. Gros, rapporteur public.
Les parties, régulièrement convoquées, n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A était militaire. Il bénéficiait tous les mois du supplément familial de traitement pour ses trois enfants. A compter de son détachement au 1er novembre 2019 et de son affectation dans un service civil du ministère des armées, le supplément familial de traitement ne lui a plus été versé. Par la présente requête, il demande au tribunal " de condamner l'Etat à lui verser le supplément familial de traitement pour la période du 1er novembre 2019 au 30 juin 2020, somme assortie des intérêts légaux et capitalisation de ses intérêts ".
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () "
3. Les conclusions présentées par M. A s'analysent comme des conclusions à fin d'injonction présentées à titre principal et ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées comme irrecevables. A supposer qu'elles puissent s'analyser comme des conclusions indemnitaires, tendant à la condamnation de l'Etat à lui verser une indemnité en réparation du préjudice financier résultant de l'absence de perception du supplément familial de traitement sur la période en litige, il ne résulte pas de l'instruction que M. A aurait adressé à l'administration une demande indemnitaire préalable et ce, en dépit de la lettre l'informant de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires faute de liaison du contentieux par une décision rejetant une telle demande.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au ministre des armées, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et à la direction régionale des finances publiques d'Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 3 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Dulmet, présidente,
Mme Jordan-Selva, première conseillère,
Mme Vicard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.
La rapporteure,
S. JORDAN-SELVA
La présidente,
A. DULMET
Le greffier,
S. BRONNER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026