vendredi 23 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2102346 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | SCP HELLENBRAND & MARTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 6 avril 2021, 17 décembre 2021 et 22 mars 2022, Mme B D, représentée par Me Hellenbrand, demande au tribunal :
1) d'annuler la décision implicite de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Moselle rejetant sa demande de révision de situation réceptionnée le 7 décembre 2020;
2) de la rétablir dans l'intégralité de ses droits aux prestations sociales depuis mars 2020 ;
3) de condamner la CAF de la Moselle à lui rembourser la somme de 10 055,65 euros ;
4) de mettre à la charge de la CAF de la Moselle les entiers dépens.
Mme D soutient que :
- il n'y a pas d'indu car elle n'a fait qu'héberger très temporairement M. C qui était sans domicile fixe et lorsque celui-ci a travaillé, c'était à Villeurbanne et non à Metz ;
- le montant de cette activité est très modeste et n'aurait pas dû entraîner la suspension des droits sociaux ;
- il n'y aucune communauté de vie.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 décembre 2021, la CAF de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la demande de réexamen a été rejetée par une décision du 11 mai 2021 ;
- il y a eu reprise de la vie commune au 1er septembre 2018 comme en atteste l'adresse commune, une mise en commun de revenus, une communauté d'intérêt du fait d'un enfant né en août 2017 ;
- l'intéressée a sciemment effectué de fausses déclarations pour bénéficier des prestations sociales, constitutif d'une fraude.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A en application de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Suite à un contrôle de la CAF de la Moselle, une révision des droits de l'intéressée au revenu de solidarité active et à la prime d'activité ainsi qu'à l'APL a été prononcée pour la période de décembre 2018 à février 2020. Par une décision du 16 septembre 2020, l'intéressée s'est vue notifier une pénalité administrative au motif que les indus étaient d'origine frauduleuse. Par courrier du 3 décembre 2020, elle a demandé le réexamen de sa situation. Par une décision du 11 mai 2021, la CAF de la Moselle a rejeté sa demande. Par la présente requête, Mme D doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler cette décision.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 351-3 du code de la construction et de l'habitation dans sa version applicable à l'espèce : " Le montant de l'aide personnalisée au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : / 1. La situation de famille du demandeur de l'aide occupant le logement et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; / 2. Les ressources du demandeur et, s'il y a lieu, de son conjoint () ". Aux termes des dispositions de l'article R. 351-5 du même code : " I. - Les ressources prises en considération pour le calcul de l'aide personnalisée sont celles perçues par le bénéficiaire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer. () Sont retenues les ressources perçues pendant l'année civile de référence. L'année civile de référence est l'avant-dernière année précédant la période de paiement prévue à l'article R. 351-4. [] ". Enfin aux termes de l'article R. 351-29 du même code : " Pour l'application de la présente section : () / - la notion de couple mentionnée à l'article R. 351-16 s'applique aux personnes mariées, vivant en concubinage ou liées par un pacte civil de solidarité. () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 515-8 du code civil : " Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple ". Une telle vie de couple peut être établie par un faisceau d'indices concordants, au nombre desquels la circonstance que les intéressés mettent en commun leurs ressources et leurs charges.
4. Il résulte de ces dispositions que les ressources prises en considération pour le calcul de l'APL sont celles qui sont perçues par le bénéficiaire, son conjoint, son concubin ou son partenaire lié par un pacte civil de solidarité et les personnes vivant habituellement au foyer. En cas de séparation de fait des époux, se manifestant par la cessation entre eux de toute communauté de vie, tant matérielle qu'affective, les revenus du conjoint du bénéficiaire n'ont pas à être pris en compte dans le calcul des ressources de ce dernier.
5. Pour prendre la décision en litige, le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Moselle a estimé que si Mme D, bénéficiaire de l'aide personnalisée au logement en qualité de personne isolée, a déclaré vivre seule avec ses deux enfants, depuis octobre 2017, il existait toujours une situation d'intérêt de vie en communauté entre elle et M. C, en se fondant sur les éléments mis en évidence à l'occasion d'un contrôle effectué le 17 juillet 2019 par cette caisse, à savoir notamment que M. C a repris la vie commune avec Mme D le 1er septembre 2018, qu'il est déclaré auprès de ses employeurs à l'adresse de l'intéressée, qu'il a ouvert auprès de sa banque un compte bancaire le 7 août 2019 à l'adresse de l'intéressée, adresse qui a été communiquée également à Pole Emploi le 28 juin 2019 et que des virements de compte à compte sont intervenus en janvier 2018, septembre et octobre 2019, et qu'au regard de tous ces éléments, le contrôleur a considéré qu'il existait une communauté d'intérêt financier et personnel entre les intéressés. Il en a également conclu que Mme D avait effectué sciemment de fausses déclarations afin de bénéficier de davantage de prestations sociales ce qui est constitutif d'une fraude.
6. Mme D soutient qu'elle n'a fait qu'octroyer une adresse en l'absence d'hébergement à M. C qui n'avait pas de domicile fixe, que les sommes versées sont des retards de pension alimentaire au titre de l'année 2017 et un remboursement de réparations effectuées suite à un accident occasionné par M. C, qu'aucun virement de salaire n'intervient sur son compte de la part de M. C et que les revenus de ce dernier sont faibles et sans influence sur le droit à l'APL, qu'il travaillait à Villeurbanne et non à Metz.
7. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. C, qui est le père de la fille de la requérante, a toujours déclaré l'adresse de Mme D tant à ses employeurs qu'à Pôle emploi alors qu'une autre adresse est mentionnée sur les avis d'imposition relatifs aux revenus d'un niveau modeste des années 2018 et 2019 sans que la requérante ne s'en prévale ou établisse la date de changement de domiciliation. Par ailleurs, il résulte du rapport de contrôle que des dépôts d'argent liquide conséquents sont intervenus sur le compte de la requérante sans que l'origine ait été déterminée mais qui n'ont pas été déclarés ainsi que le versement de deux chèques en 2019. Si l'intéressée produit un constat amiable d'accident, elle n'établit pas que le véhicule en cause aurait été la propriété de son ex-conjoint alors que c'est sa propre assurance GAN qui intervient pour l'indemnisation. Elle n'apporte aucun élément permettant de déterminer que M. C aurait travaillé effectivement dans un lieu différent de la région messine et ce quand bien même son employeur aurait un siège à Villeurbanne et ce au regard de l'activité de ce dernier. Ainsi, ces seuls éléments ne sont pas de nature à remettre en cause la communauté d'intérêts économiques, financiers et sociaux existant entre les intéressés sur la période en litige alors que l'intéressée ne déclarait pas les sommes perçues.
8. Il résulte de tout ce qui précède que c'est à bon droit que la CAF de la Moselle a mis à la charge de l'intéressée le remboursement d'un trop perçu d'APL pour la période de décembre 2018 à février 2020 et a rejeté la demande de révision de situation le 11 mai 2021. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête de Mme D.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D et à la caisse d'allocations familiales de la Moselle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 décembre 2022.
La magistrate désignée,
M.L. A
La greffière,
C. ADE
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026