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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2103908

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2103908

vendredi 23 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2103908
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationJuge Unique
Avocat requérantSCP BECKER - SZTUREMSKI - VAUTHIER - KLEIN-DESSERRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et un mémoire enregistrés les 3 juin 2021 et 19 juillet 2022 sous le numéro 2103908, Mme D C, représentée par Me Klein-Desserre, demande au tribunal :

1) d'annuler la décision du 12 avril 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Moselle lui a demandé le versement d'un trop perçu d'aide personnalisée au logement (APL) pour un montant de 1 259 euros pour la période de janvier 2019 à janvier 2020 ;

2) d'ordonner à la CAF de la Moselle le versement des prestations qu'elle aurait dû percevoir depuis janvier 2020 ;

3) de mettre à la charge de la CAF de la Moselle la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

4) de condamner la CAF de la Moselle aux entiers frais et dépens de l'instance.

Mme C soutient qu'elle n'a jamais perçu de pension alimentaire de son ex-conjoint mais un remboursement de la dette qu'il détient à son égard s'agissant du rachat des parts de la maison familiale.

Par des mémoires en défense enregistrés le 24 août 2021 et 22 novembre 2022, la CAF de la Moselle conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- les sommes versées concernent la pension alimentaire et autres sommes versées pour l'entretien de l'enfant sur le compte de l'enfant et transféré sur celui de l'intéressée sans que cette dernière ne déclare ces sommes lors des déclarations trimestrielles de ressources ;

- il s'agit de fausses déclarations durant les années 2017 à 2019 et les indus sont dès lors justifiés ;

- la décision de la commission des fraudes a été confirmée par un jugement du pôle social du 8 juin 2022.

II. Par une requête enregistrée le 3 juin 2021 sous le numéro 2103910, Mme D C, représentée par Me Klein-Desserre, demande au tribunal :

1) d'annuler la décision du 12 avril 2021 par laquelle la CAF de la Moselle lui a demandé le versement d'un trop perçu au titre de la prime d'activité pour un montant de 7.507,59 euros au titre des mois de février 2017 à janvier 2020 ;

2) d'ordonner à la CAF de la Moselle le versement des prestations qu'elle aurait dû percevoir depuis janvier 2020 ;

3) de mettre à la charge de la CAF de la Moselle la somme de 1000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

4) de condamner la CAF de la Moselle aux entiers frais et dépens de l'instance.

Mme C soutient qu'elle n'a jamais perçu de pension alimentaire de son ex conjoint mais un remboursement de la dette qu'il détient à son égard s'agissant du rachat des parts de la maison familiale.

Par des mémoires en défense enregistrés les 24 août 2021 et 22 novembre 2022, la CAF de la Moselle conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- les sommes versées concernent la pension alimentaire et autres sommes versées pour l'entretien de l'enfant sur le compte de l'enfant et transféré sur celui de l'intéressée sans que cette dernière ne déclare ces sommes lors des déclarations trimestrielles de ressources ;

- il s'agit de fausses déclarations durant les années 2017 à 2019 et les indus sont dès lors justifiés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A en application de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Les affaires 2103908 et 2103910 concernent les droits d'une même assurée et les indus sont dus à une même caisse d'allocations familiales. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.

2. Par une décision du 3 février 2020, la caisse d'allocations familiales de la Moselle a mis à la charge de Mme C une dette d'un montant de 8 766,59 euros, composée de 1 259 euros de trop perçu d'aide personnalisée au logement (APL) et de 2 186,01 euros résultant d'un trop-perçu de revenu de prime d'activité majorée et de 5 321,58 euros de prime d'activité pour la période de 2017 à 2019. L'intéressée a formé, par lettre du 16 juin 2020, un recours préalable devant la commission de recours amiable. Cette dernière, réunie le 12 avril 2021 a confirmé le bien fondé des indus. Par deux décisions du 23 avril 2021, le directeur de la CAF de la Moselle a rejeté le recours de l'intéressée et maintenu les indus. Par la présente requête, Mme C doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler ces deux décisions.

Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 23 avril 2021 relative à l'indu d'APL :

3. Aux termes de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : / 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; / 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine () ". L'article R. 822-4 du même code, dans sa version applicable au présent litige, dispose que : " I. - Les ressources prises en compte s'entendent du total des revenus nets catégoriels retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu selon le barème progressif, des revenus taxés à un taux proportionnel ou soumis à un prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu ainsi que des revenus perçus hors de France ou versés par une organisation internationale. () ".

4. Il résulte de l'instruction que la dette d'aide personnalisée au logement mise à la charge de Mme C et dont l'intéressée sollicite l'annulation, provient de ce que celle-ci a omis de déclarer aux services de la caisse d'allocations familiales les pensions alimentaires versés par son ex-conjoint au cours des années 2017 à 2019 pour le compte de leur fils B. Si Mme C soutient que ces sommes ne sont pas des pensions alimentaires mais un remboursement de dette de son ex conjoint relatif à sa quote-part dans le logement repris par celui-ci, elle ne l'établit pas en ne produisant aucun élément alors que la CAF de la Moselle produit une attestation du Crédit Mutuel indiquant que des sommes sont versées mensuellement sur le livret de l'enfant, qu'elles sont immédiatement virées sur le compte de la requérante et qu'elles sont indiquées comme portant la mention " pension alimentaire, cantine, périscolaire ". Par suite, Mme C n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que la CAF de la Moselle a inclus ces sommes dans ses ressources et recalculé son droit à l'APL sur la période en litige.

Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 23 avril 2021 relative à l'indu de prime d'activité :

5. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre. ". L'article L. 842-3 du même code dispose que : " La prime d'activité est égale à la différence entre : 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; 2° Les ressources du foyer qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1° () ".

6. Il résulte de l'instruction que Mme C a perçu des pensions alimentaires de la part de son ex-conjoint pour le compte de son fils B et qu'elle n'a pas déclaré ces sommes lors des déclarations trimestrielles de ressources. Par suite, et pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 4 du présent jugement, la CAF de la Moselle était fondée à recalculer les droits de Mme C à la prime d'activité pour la période 2017 à 2019.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation des décisions du 23 avril 2021 doivent être rejetées, ainsi que les conclusions d'injonction et par voie de conséquence celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1 : Les requêtes de Mme C sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées et à la caisse d'allocations familiales de la Moselle.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 décembre 2022.

La magistrate désignée,

M.L. A

La greffière,

C. ADE

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

2-2103910

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