jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2104625 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MARTY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 2 juillet 2021, 19 décembre 2022, 10 mars et 13 avril 2023, la société Alsace Habitat, venant aux droits de l'Office public de l'habitat Opus 67, représentée par Me Marcantoni, demande au tribunal, dans l'état récapitulé de ses écritures :
1°) de condamner solidairement, à défaut in solidum sinon conjointement, Me Jenner, ès qualité de liquidateur judiciaire de la société In Fine, et les sociétés Ingedec, SIB Etudes, Callisto Ingénierie et Spie Batignolles Est à lui verser la somme de 35 754,64 euros toutes taxes comprises (TTC), assortie des intérêts au taux légal à compter du jugement à intervenir et de leur capitalisation ; à titre subsidiaire, de condamner la société Spie Batignolles Est à lui verser cette somme ;
2°) de rejeter les demandes reconventionnelles des sociétés Ingedec et Spie Batignolles Est ;
3°) de mettre à la charge solidaire de Me Jenner, ès qualité de liquidateur judiciaire de la société In Fine, et des sociétés Ingedec, SIB Etudes, Callisto Ingénierie et Spie Batignolles Est la somme de 6 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'absence de réalisation des travaux de reprise aux frais et risques du titulaire du marché ne rend pas la requête irrecevable ;
- sa compagnie d'assurance n'a pas financé les travaux de reprise de la peinture ;
- le délai de prescription de son action contractuelle est de dix ans et son point de départ doit être fixé à la date de réception des travaux ;
- la société Spie titulaire du lot n° 3 " isolation et peintures extérieures " a commis une faute dans l'exécution de son contrat, de nature à engager sa responsabilité, en appliquant sur la façade une teinte autre que celle prévue par le marché, en refusant de réaliser les travaux de mise en conformité demandés et en manquant à son devoir de conseil ;
- le groupement solidaire de maîtrise d'œuvre a commis une faute dans l'exécution du contrat, de nature à engager la responsabilité contractuelle de ses membres, en manquant à son devoir de conseil et à ses obligations au titre des missions ACT et DET ;
- l'ensemble de ces sociétés sont responsables solidairement ;
- à titre subsidiaire, la société Spie est responsable sur le fondement de la garantie de parfait achèvement ;
- les travaux de reprise ont été réalisés pour un montant de 35 754,64 euros TTC ;
- ils n'ont pas été pris en charge par son assureur au titre de l'incendie ;
- aucun décompte général et définitif (DGD) tacite du marché conclu avec la société Spie n'a pu être établi, en application de l'article 3.3.5 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) ;
- la demande de la société Spie de paiement du solde du marché n'est pas fondée dès lors qu'elle ne tient pas compte des pénalités, d'une retenue, d'erreurs sur la situation n° 13 et de la réalisation à ses frais et risques de travaux de reprise ;
- la demande de paiement de la société Ingedec n'est pas fondée du fait des manquements du groupement de maîtrise d'œuvre.
Par des mémoires, enregistrés les 25 février 2022, 6 février, 16 février et 22 mars 2023, la société SIB Etudes, représentée par Me Deleau, conclut, dans l'état récapitulé de ses écritures :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à la condamnation in solidum de Me Jenner, ès qualité de liquidateur judiciaire de la société In Fine, et des sociétés Ingedec, Callisto Ingénierie et Spie Batignolles Est à la garantir de l'intégralité des condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre ;
3°) à titre plus subsidiaire, à la condamnation in solidum de Me Jenner, ès qualité de liquidateur judiciaire de la société In Fine, et de la société Ingedec à la garantir de l'intégralité des condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre ;
4°) en tout état de cause, à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société Alsace Habitat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors la société requérante réclame des sommes qu'elle était en mesure d'obtenir sans saisir le juge ;
- les demandes de la société Alsace Habitat sont prescrites ;
- elle n'est pas liée à la société Alsace Habitat par le contrat de maîtrise d'œuvre ;
- ses missions ont été transférées à la société Callisto ;
- la demande indemnitaire n'est pas fondée ;
- Me Jenner et les sociétés Ingedec, Callisto et Spie sont responsables in solidum vis-à-vis d'elle sur un fondement quasi-délictuel ;
- à titre subsidiaire, Me Jenner et la société Ingedec sont responsables in solidum vis-à-vis d'elle sur un fondement contractuel.
Par des mémoires, enregistrés les 17 novembre 2022, 11 janvier, 16 février et 7 mars 2023, la société Spie Batignolles Est, représentée par Me Grardel, conclut, dans l'état récapitulé de ses écritures :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à la condamnation de Me Jenner, ès qualité de liquidateur judiciaire de la société In Fine, et des sociétés Ingedec, Callisto Ingénierie et SIB Etudes, à proportion de leurs parts de responsabilité, à la garantir de l'intégralité des condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre ;
3°) à titre reconventionnel, à la condamnation de la société Alsace Habitat à lui verser la somme de 78 929,89 euros, assortie des intérêts contractuels, au titre du solde du marché ; subsidiairement, à ce que soit ordonné l'établissement du décompte général et définitif du marché ;
4°) en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge in solidum de la société Alsace Habitat, de Me Jenner, ès qualité de liquidateur judiciaire de la société In Fine, et des sociétés Ingedec, SIB Etudes et Callisto Ingénierie la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable faute d'intérêt à agir, la façade étant désormais conforme à sa demande ;
- elle est irrecevable faute d'intérêt à agir dès lors que les travaux de réfection de la façade ont été financés par l'assureur de la société Alsace Habitat ;
- les demandes de la société Alsace Habitat sont prescrites ;
- elle n'a pas commis de faute contractuelle ;
- le groupement de maîtrise d'œuvre a manqué à son devoir de conseil et engagé sa responsabilité vis-à-vis d'elle ;
- le marché a fait l'objet d'un décompte général et définitif tacite établissant en sa faveur un solde de 78 929,89 euros.
Par des mémoires, enregistrés les 18 novembre 2022 et 13 mars 2023, la société Callisto Ingénierie, représentée par Me Kappler, conclut, dans l'état récapitulé de ses écritures :
1°) à titre principal, au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société Alsace Habitat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
2°) à titre subsidiaire, à la condamnation in solidum, à défaut à proportion de leurs parts de responsabilité, de Me Jenner, ès qualité de liquidateur judiciaire de la société In Fine, et des sociétés Ingedec et Spie Batignolles Est à la garantir de l'intégralité des condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre, et à ce que soit mise à leur charge in solidum la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les demandes de la société Alsace Habitat sont prescrites ;
- elles ne sont pas fondées ;
- à titre subsidiaire, les sommes correspondant au coût des travaux réalisés sur les façades endommagées du fait de l'incendie devront être déduites du montant demandé ;
- elle n'est pas solidairement responsable des autres défendeurs ;
- les sociétés Ingedec, In fine et Spie ont commis des fautes de nature à engager leur responsabilité quasi-délictuelle.
Par des mémoires, enregistrés les 18 novembre et 20 décembre 2022, la société Ingedec, représentée par Me Freeman-Hecker, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à la condamnation de Me Jenner, ès qualité de liquidateur judiciaire de la société In Fine, et des sociétés SIB Etudes, Callisto Ingénierie et Spie Batignolles Est, à la garantir de l'intégralité des condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre ;
3°) à titre reconventionnel, à la condamnation de la société Alsace Habitat à lui verser la somme de 5 785,02 euros hors taxes (HT) ;
4°) en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge de toute partie perdante la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable faute d'intérêt à agir, dès lors que les travaux de réfection de la façade ont été financés par l'assureur de la société Alsace Habitat ;
- elle n'est pas solidaire des autres membres du groupement de maîtrise d'œuvre ;
- elle n'a pas commis de faute dans l'exécution de ses missions ;
- les montants demandés doivent être réduits par application d'une taxe sur la valeur ajoutée de 10% et non 20% ;
- la responsabilité du maître d'œuvre doit être limitée à 10% ;
- la société Spie a commis des fautes de nature à engager sa responsabilité quasi-délictuelle ;
- reste due au titre des factures adressées à la société Alsace Habitat une somme de 5 785,02 euros HT.
L'instruction a été close le 30 mai 2023, par une ordonnance du même jour, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
La requête a été transmise à Me Jenner, ès qualité de liquidateur judiciaire de la société In Fine, qui n'a pas produit de mémoire.
Une demande de mémoire récapitulatif a été adressée le 13 février 2023 à la société Ingedec. Un mémoire récapitulatif a été enregistré pour cette dernière le 29 mars 2023, et il n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux, modifié ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dobry,
- les conclusions de Mme Merri, rapporteure publique,
- les observations de Me Palagi substituant Me Marcantoni, représentant la société Alsace Habitat,
- les observations de Me Lecat, représentant la société Spie Batignolles Est,
- les observations de Me Kappler, représentant la société Callisto,
- les observations de Me Freeman-Hecker, représentant la société Ingedec.
Considérant ce qui suit :
1. Par acte d'engagement du 20 juin 2011, l'Office public de l'habitat (OPH) Opus 67, devenu la société Alsace Habitat, a confié à un groupement composé des sociétés In Fine, Ingedec et SIB Etudes la conception et la maîtrise d'œuvre d'un projet de réhabilitation de deux immeubles de logements sociaux situés à Mutzig dans le Bas-Rhin. Par avenant du 1er septembre 2015, la société Callisto Ingénierie a remplacé la société SIB Etudes au sein du groupement de maîtrise d'œuvre. Par acte d'engagement du 11 août 2015, l'OPH Opus 67 a attribué à la société Spie Batignolles Est la partie " Isolation et peintures extérieures " des travaux de réhabilitation, le projet prévoyant qu'une partie de la façade serait couverte de bardage et l'autre mise en peinture.
2. La réception des travaux, assortie de réserves, est intervenue le 12 juillet 2017. Une réserve a notamment été émise concernant la couleur des façades du bâtiment A, non-conforme selon le maître d'ouvrage à celle prévue dans le projet et le permis de construire. Cette réserve n'a jamais été levée. Le 2 mars 2018, un incendie a endommagé une partie des façades du bâtiment A. Des travaux de réfection des façades, incluant la peinture des murs extérieurs et balcons, ont par la suite été réalisés par une société tierce, la société Crépi Style.
3. Par la présente requête, la société Alsace Habitat demande à être indemnisée du montant des travaux de reprise de la peinture de la façade et des balcons du bâtiment A par l'ensemble des membres du groupement de maîtrise d'œuvre et par la société Spie en charge des peintures extérieures.
Sur les conclusions de la société Alsace Habitat :
En ce qui concerne les fins de non-recevoir :
4. En premier lieu, la société SIB Etudes soutient que la demande d'indemnisation est irrecevable dès lors que la société Alsace Habitat avait la possibilité d'obtenir le recouvrement des sommes demandées sans saisir le juge, par la mise en œuvre des stipulations du marché. La créance litigieuse trouvant toutefois son fondement dans un contrat, la société Alsace Habitat est recevable à demander au tribunal de condamner le maître d'œuvre et la société de travaux à lui en payer le montant, nonobstant la possibilité qu'aurait la requérante d'imputer directement cette créance à ses cocontractants dans le cadre du règlement des marchés les liants.
5. En deuxième lieu, la circonstance, invoquée par la société Spie, que les travaux de reprise de la façade ont été désormais réalisés, n'est pas de nature à rendre irrecevable la demande d'indemnisation du montant de ces travaux.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 121-12 du code des assurances : " L'assureur qui a payé l'indemnité d'assurance est subrogé, jusqu'à concurrence de cette indemnité, dans les droits et actions de l'assuré contre les tiers qui, par leur fait, ont causé le dommage ayant donné lieu à la responsabilité de l'assureur ".
7. La responsabilité de l'assureur de la société Alsace Habitat au titre du risque incendie a été mise en cause pour les dommages survenus du fait de l'incendie et non pour ceux survenus au titre de la non-conformité de la couleur de la façade. Par suite, à considérer que les sociétés Ingedec et Spie aient entendu soulever le défaut de qualité pour agir de la société Alsace Habitat, aux droits de laquelle serait désormais subrogé son assureur, la fin de non-recevoir ne peut qu'être écartée, aucune subrogation n'étant intervenue s'agissant des dommages liés à la non-conformité de la couleur de la façade.
En ce qui concerne la responsabilité contractuelle des constructeurs :
S'agissant de l'exception de prescription :
8. D'une part, aux termes de l'article 2224 du code civil : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer ". D'autre part, l'article 1792-4-3 du code civil dispose que : " En dehors des actions régies par les articles 1792-3, 1792-4-1 et 1792-4-2, les actions en responsabilité dirigées contre les constructeurs désignés aux articles 1792 et 1792-1 et leurs sous-traitants se prescrivent par dix ans à compter de la réception des travaux ". L'article 1792-1 précise que : " Est réputé constructeur de l'ouvrage : / 1° Tout architecte, entrepreneur, technicien ou autre personne liée au maître de l'ouvrage par un contrat de louage d'ouvrage () ".
9. Il est constant que la réception des travaux a été prononcée, le 12 juillet 2017. L'action en responsabilité contractuelle dirigée contre les membres du groupement de maîtrise d'œuvre et l'entrepreneur est donc régie par l'article L. 1792-4-3 précité du code civil, nonobstant les réserves dont la réception était assortie. Le délai décennal de prescription a commencé à courir le 12 juillet 2017 et la requête de la société Alsace Habitat a été enregistrée le 2 juillet 2021, avant son expiration. L'exception de prescription doit dès lors être écartée.
S'agissant de la responsabilité de la société SIB Etudes :
10. Il résulte de l'instruction que, par avenant n° 2 au marché de maîtrise d'œuvre conclu entre l'OPH Opus 67 et le groupement de maîtrise d'œuvre, la société SIB Etudes a été remplacée par la société Callisto, dont il est stipulé qu'elle vient aux droits et obligations de la société qu'elle remplace. Par suite, la société SIB Etudes est fondée à soutenir que sa responsabilité contractuelle ne peut être recherchée sur le fondement du contrat de maîtrise d'œuvre.
S'agissant de la responsabilité des sociétés In Fine, Ingedec et Callisto :
11. La société Alsace Habitat soutient que le groupement de maîtrise d'œuvre a manqué à son devoir de conseil et aux obligations résultant des missions ACT (assistance pour la passation des contrats de travaux) et DET (direction de l'exécution des marchés de travaux), ces fautes ayant entraîné l'application sur les façades du bâtiment A de teintes non-conformes à celles prévues par le projet et validées dans le permis de construire.
12. Il résulte de l'instruction que le projet de réhabilitation du bâtiment A, pour lequel un permis de construire a été accordé le 11 février 2014, prévoyait l'application de teintes ocre-orangé clair sur les murs extérieurs de la façade et en bardage et ocre-orangé foncé sur les balcons. Or, la teinte finalement appliquée sur l'ensemble de la façade lors de la réalisation des travaux d'isolation et peintures extérieures en février et mars 2016 était un jaune vif, ainsi que cela est notamment confirmé par des photographies prises lors d'un constat d'huissier réalisé le 6 août 2018. Afin de ne pas avoir à reprendre le bardage et d'adapter les couleurs prévues pour le reste de la façade à la teinte du bardage, une demande de permis de construire modificatif a été déposée le 31 mai 2016, et ultérieurement validée, prévoyant que les façades seraient remises en peinture avec une teinte pierre claire pour les murs et beige sombre pour les balcons. La reprise de la façade n'avait toujours pas été réalisée à la date de réception des travaux, et n'a finalement été faite qu'ultérieurement par la société Crépi Style.
13. La circonstance que le permis de construire ne fasse pas partie des pièces constitutives du marché de travaux conclu avec la société Spie ne suffit pas à considérer que le groupement de maîtrise d'œuvre aurait manqué à ses obligations au titre de la mission ACT, dès lors que figurent parmi les annexes au cahier des clauses administratives particulières (CCAP) des plans, qui précisent les teintes prévues en façade, identiques à ceux validés par le permis de construire.
14. En revanche, il résulte de l'instruction que, alors que la société Spie n'avait présenté au maître de l'ouvrage pour validation des teintes des enduits et peintures que des petits échantillons (des carrés d'environ 20 centimètres de côté) recouverts de gel de décapage, le groupement de maîtrise d'œuvre n'a à aucun moment mis en garde l'OPH Opus 67 contre le risque que les échantillons ne reflètent pas le rendu final ni ne lui a conseillé de faire procéder à des tests à plus grande échelle. Ce faisant, le groupement de maîtrise d'œuvre a manqué à son devoir de conseil au titre de la mission DET.
15. En outre, le groupement de maîtrise d'œuvre, titulaire de la mission DET, aurait dû s'assurer tout au long de l'exécution des travaux d'isolation et peintures extérieures que les teintes appliquées correspondaient effectivement à celles prévues dans le projet. Or, la non-conformité n'a été identifiée que par le maître d'ouvrage une fois l'intégralité des façades réalisée. Le groupement de maître d'œuvre a ainsi commis une seconde faute dans l'exécution de sa mission DET.
16. Il résulte de ce qui précède que le groupement de maîtrise d'œuvre a commis des fautes de nature à engager la responsabilité contractuelle de ses membres en manquant à son devoir de conseil et aux obligations mises à sa charge au titre de la mission DET. L'acte d'engagement du groupement de maîtrise d'œuvre porte la mention expresse de son caractère solidaire. Par suite, la société Ingedec n'est pas fondée à soutenir qu'il n'y aurait pas de solidarité en l'espèce entre les membres du groupement de maîtrise d'œuvre, et la responsabilité solidaire des sociétés In Fine, Ingedec et Callisto doit ainsi être retenue.
S'agissant de la responsabilité de la société Spie :
17. En premier lieu, la circonstance que la société Spie n'ait pas déféré à la demande qui lui a été faite de procéder aux travaux de reprise n'est pas de nature à engager sa responsabilité contractuelle, dès lors qu'elle n'a pas, par elle-même, causé la non-conformité de la teinte de la façade ni entraîné les coûts subséquents nécessaires à sa reprise. Cette circonstance est ainsi dépourvue de lien de causalité avec le dommage dont il est demandé réparation.
18. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction qu'ont été appliquées sur la façade du bâtiment des teintes autres que celles prévues dans le projet de réhabilitation. En ne présentant que des échantillons de petite taille et recouverts de gel de décapage sans avertir le maître de l'ouvrage de ce que les teintes ainsi présentées seraient susceptibles d'avoir un rendu différent lors de leur application à plus grande échelle, la société Spie ne l'a pas mis en mesure d'approuver le choix des teintes de manière éclairée et a ainsi commis une faute dans l'exécution de ses obligations contractuelles.
19. En dernier lieu, en appliquant ensuite les teintes ainsi choisies sans alerter à aucun moment le maître d'œuvre ni le maître d'ouvrage de leur non-conformité aux teintes prévues dans le projet de réhabilitation, annexé au CCAP et dont l'entrepreneur avait ainsi connaissance, la société Spie a également commis une faute de nature à engager sa responsabilité contractuelle.
S'agissant de la solidarité :
20. Les fautes caractérisées à l'encontre de la société Spie ont concouru à la production du même dommage que celles caractérisées à l'encontre des membres du groupement de maîtrise d'œuvre, sans qu'aucune solidarité ne soit toutefois prévue entre la première et les seconds. La requérante est ainsi seulement fondée à demander à ce que la société Spie soit condamnée in solidum avec les sociétés In Fine, Ingedec et Callisto.
En ce qui concerne le préjudice :
21. La société Alsace Habitat produit trois situations de travaux se rapportant à des marchés conclus avec la société Crépi Style postérieurement à la survenance de l'incendie, pour la réfection de la façade du bâtiment A. Si ces documents ne suffisent pas à établir que la requérante a réglé l'intégralité du montant des travaux, ils permettent de constater qu'elle était bien tenue au règlement de ces sommes, sur lesquelles l'évaluation du préjudice subi du fait de la non-conformité des teintes de la façade peut ainsi se fonder.
22. En l'absence d'éléments permettant d'établir les montants précis versés à la requérante par sa compagnie d'assurance au titre des dommages causés par l'incendie, les mentions portées sur les situations de travaux de la société Crépi Style doivent permettre de distinguer les travaux qu'elle a réalisés pour la seule reprise des teintes de la façade de ceux réalisés suite aux dommages causés par l'incendie. Deux des situations sont intitulées " travaux de réfection de balcons suite incendie " et portent sur la réfection des balcons directement endommagés par l'incendie. Quand bien même une partie des travaux porte sur la peinture des balcons, ils ne peuvent qu'être regardés comme se rattachant exclusivement aux dommages causés par l'incendie. La troisième situation s'intitule " Echafaudages et mise en peinture bâtiment A " et porte sur la mise en peinture des façades, des ébrasements, des balcons et de l'édicule d'ascenseur. Sont incluses dans le périmètre de ces travaux les façades endommagées par l'incendie. Par suite, il y a lieu de faire une juste appréciation du montant du préjudice subi par la société Alsace Habitat, du seul fait de l'application sur les façades d'une teinte non-conforme au projet de réhabilitation, en l'évaluant à la moitié du montant des travaux visés par cette troisième situation. Le montant total toutes taxes comprises de ces travaux étant de 25 481,14 euros, Me Jenner, ès qualité de liquidateur judiciaire de la société In Fine, et les sociétés Ingedec, Callisto et Spie, doivent être condamnées in solidum à verser à la société Alsace Habitat une somme de 12 740,57 euros.
En ce qui concerne les intérêts et leur capitalisation :
23. Il y a lieu d'assortir la somme mentionnée au point précédent des intérêts au taux légal à compter de la date du présent jugement.
24. L'article 1343-2 du code civil dispose que " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ". La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière Les intérêts mentionnés au point précédent n'étant pas, à la date du présent jugement, dus pour une année entière, la demande tendant à leur capitalisation est sans objet et doit, par suite, être rejetée.
En ce qui concerne les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
25. Il y a lieu de mettre à la charge in solidum de Me Jenner, ès qualité de liquidateur judiciaire de la société In Fine, et des sociétés Ingedec, Callisto et Spie une somme de 3 000 euros à verser à la société Alsace Habitat au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En revanche, la société Alsace Habitat n'est pas fondée à demander à ce que cette somme soit également mise à la charge de la société SIB Etudes, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante.
Sur les conclusions de la société Ingedec :
26. Aux termes de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative : " Le président de la formation de jugement ou le président de la chambre chargée de l'instruction peut demander à l'une des parties de reprendre, dans un mémoire récapitulatif, les conclusions et moyens précédemment présentés dans le cadre de l'instance en cours, en l'informant que, si elle donne suite à cette invitation, les conclusions et moyens non repris seront réputés abandonnés. En cause d'appel, il peut être demandé à la partie de reprendre également les conclusions et moyens présentés en première instance qu'elle entend maintenir. / Le président de la formation de jugement ou le président de la chambre chargée de l'instruction peut en outre fixer un délai, qui ne peut être inférieur à un mois, à l'issue duquel, à défaut d'avoir produit le mémoire récapitulatif mentionné à l'alinéa précédent, la partie est réputée s'être désistée de sa requête ou de ses conclusions incidentes. La demande de production d'un mémoire récapitulatif informe la partie des conséquences du non-respect du délai fixé ".
27. L'article R. 611-8-6 du même code dispose que : " Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai ".
28. Par courrier mis à disposition du conseil de la société Ingedec sur l'application Télérecours le 13 février 2023 et réputé notifié le 15 février 2023 en application des dispositions de l'article R. 611-8-6 précité, le président de la formation de jugement a demandé à la société Ingedec de produire un mémoire récapitulatif dans un délai d'un mois et l'a informée, en application du second alinéa de l'article R. 611-8-1 précité, qu'à défaut de production d'un tel mémoire dans le délai imparti, elle serait réputée s'être désistée de ses conclusions incidentes. La société Ingedec n'ayant déféré à la demande qui lui a été faite que le 29 mars 2023, postérieurement à l'expiration du délai d'un mois qui lui avait été imparti, elle est réputée s'être désistée de ses conclusions incidentes, sans que les problèmes de personnels du cabinet d'avocats au sein duquel exerce son conseil puissent être utilement invoqués pour faire échec à ce désistement.
29. Par suite, la société Ingedec est réputée s'être désistée de ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de ses conclusions présentées à fin d'appel en garantie et de celles présentées à titre reconventionnel. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions aux fins d'appel en garantie des sociétés Spie et Callisto :
30. D'une part, eu égard aux fautes caractérisées à l'encontre du groupement de maîtrise d'œuvre et à l'encontre de la société Spie aux points 14, 15, 18 et 19 du présent jugement, il y a lieu de retenir que le groupement de maîtrise d'œuvre et l'entrepreneur sont, chacun, responsables pour moitié du dommage subi par la société Alsace Habitat résultant de l'application de teintes non-conformes sur la façade du bâtiment A.
31. D'autre part, il résulte de l'instruction, notamment du mémoire technique d'organisation et présentation de l'équipe de maîtrise d'œuvre, que seule la société In Fine, architecte, était en charge du suivi de l'exécution des lots non techniques du marché, dont relevait le lot " Isolation et peintures extérieures ", la société Ingedec n'intervenant dans ce suivi qu'en tant qu'économiste. Par suite, il y a lieu de retenir que la société In Fine est seule responsable des manquements imputés au groupement solidaire de maîtrise d'œuvre.
32. Il résulte de ce qui précède que la société Spie n'est fondée à demander à être garantie qu'à hauteur de 50 % des sommes mises à sa charge aux points 22 à 25, par Me Jenner, ès qualité de liquidateur judiciaire de la société In Fine.
33. La société Callisto est quant à elle fondée à demander à être garantie de l'intégralité de ces sommes, à hauteur de 50 % par la société Spie et à hauteur de 50 % par Me Jenner, ès qualité de liquidateur judiciaire de la société In Fine.
Sur les conclusions reconventionnelles de la société Spie :
34. En premier lieu, d'une part, l'article 2-1 du CCAP applicable au marché public de travaux conclu entre la société Spie et l'OPH Opus 67 stipule que : " Les pièces contractuelles du marché sont les suivantes, par ordre de priorité : () / - le cahier des clauses administratives particulières (CCAP) et ses annexes ; (..) / - le cahier des clauses administratives générales (CCAG) des marchés publics de travaux approuvé par l'arrêté du 8 septembre 2009 ; () ".
35. D'autre part, le CCAG applicable aux marchés publics de travaux (CCAG-Travaux), dans sa version susvisée issue de l'arrêté du 8 septembre 2009 modifiée par l'arrêté du 3 mars 2014, dont les parties s'accordent à considérer qu'il s'agit de la version applicable au contrat litigieux, prévoit à son article 13.4.4 une procédure d'établissement d'un décompte général et définitif tacite en l'absence d'établissement de celui-ci par le pouvoir adjudicateur dans les dix jours de la communication par le titulaire du marché d'un projet de décompte général. Toutefois, l'article 3-3-5 du CCAP stipule que : " Par dérogation à l'article 13.4.4 du CCAG : () / Seul le décompte général notifié par le représentant du pouvoir adjudicateur au titulaire devient le décompte général et définitif ".
36. La société Spie demande à ce que la société Alsace Habitat soit condamnée à lui verser le solde du marché de travaux conclu entre elles. Elle soutient qu'un décompte général et définitif tacite est né du silence de l'OPH Opus 67 suite à l'envoi par le titulaire du projet de décompte général dans les formes prévues à l'article 13.4.4 du CCAG-Travaux. Il résulte toutefois des stipulations précitées du CCAP qu'aucun décompte général et définitif n'a pu tacitement naître du silence du maître d'ouvrage. Dès lors, la demande de paiement du solde résultant du décompte général et définitif tacite ne peut qu'être rejetée.
37. En second lieu, sans qu'il soit besoin d'en examiner la recevabilité, la demande de la société Spie tendant à ce que soit ordonné l'établissement du décompte général n'est pas assortie des précisions suffisantes à en apprécier le bien-fondé et ne peut qu'être rejetée.
Sur les conclusions des sociétés Spie, SIB Etudes et Callisto présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
38. En premier lieu, il y a lieu de mettre à la charge de la société Alsace Habitat une somme de 1 500 euros à verser à la société SIB Etudes au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
39. En deuxième lieu, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'accorder à la société Spie les sommes que celle-ci demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
40. En dernier lieu, la société Callisto est fondée à demander à ce qui soit mise à la charge in solidum de Me Jenner, ès qualité de liquidateur judiciaire de la société In Fine, et de la société Spie, une somme de 1 500 euros au titres de frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En revanche, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que les sociétés Alsace Habitat et Ingedec, qui ne sont pas vis-à-vis d'elles les parties perdantes, versent à la société Callisto les sommes que celle-ci réclame au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : Il est pris acte du désistement de la société Ingedec de ses conclusions.
Article 2 : Me Jenner, ès qualité de liquidateur judiciaire de la société In Fine, et les sociétés Ingedec, Callisto Ingénierie et Spie Batignolles Est, sont condamnées, solidairement, à verser à la société Alsace Habitat une somme de 12 740,57 euros (douze-mille-sept-cent-quarante euros et cinquante-sept centimes) toutes taxes comprises, augmentée des intérêts au taux légal à compter du 17 octobre 2024.
Article 3 : Me Jenner, ès qualité de liquidateur judiciaire de la société In Fine, et les sociétés Ingedec, Callisto Ingénierie et Spie Batignolles Est verseront solidairement à la société Alsace Habitat une somme de 3 000 (trois-mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La société Alsace Habitat versera à la société SIB Etudes une somme de 1 500 (mille-cinq-cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Me Jenner, ès qualité de liquidateur judiciaire de la société In Fine, est condamnée à garantir les sociétés Spie Batignolles Est et Callisto Ingénierie à hauteur de 50 % des sommes mises à leur charge aux articles 2 et 3.
Article 6 : La société Spie Batignolles Est est condamnée à garantir la société Callisto Ingénierie à hauteur de 50 % des sommes mises à sa charge aux articles 2 et 3.
Article 7 : Me Jenner, ès qualité de liquidateur judiciaire de la société In Fine, et la société Spie Batignolles Est verseront solidairement à la société Callisto Ingénierie une somme de 1 500 (mille-cinq-cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 9 : Le présent jugement sera notifié à la société Alsace Habitat, à Me Jenner, ès qualité de liquidateur judiciaire de la société In Fine, à la société Ingedec, à la société SIB Etudes, à la société Callisto Ingénierie et à la société Spie Batignolles Est.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Rees, président,
Mme Dobry, conseillère,
Mme Poittevin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
La rapporteure,
S. DOBRY
Le président,
P. REES La greffière,
V. IMMELÉ
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026