mardi 21 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2104641 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ATTALI ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 5 juillet 2021 et les 18 mars, 1er avril et 4 avril 2022, M. B E et Mme F A épouse E, agissant en leur nom propre et au nom de leurs enfants mineurs, C E et D E, représentés par la SCP Attali , demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de condamner les hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) à verser à M. E la somme de 82 327 euros, correspondant à 30% des préjudices subis résultant du défaut d'information fautif commis par le centre hospitalier ;
2°) de condamner l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à verser à M. E la somme de 192 096 euros au titre de la solidarité nationale et correspondant à 70% des préjudices subis ;
3°) à titre subsidiaire, de condamner les hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) à verser à M. E la somme de 35 000 euros au titre de l'indemnisation du préjudice moral résultant du défaut d'information ;
4°) à titre subsidiaire, de condamner l'ONIAM à verser à M. E la somme de 274 423 euros au titre de la solidarité nationale et correspondant à la totalité des préjudices subis ;
5°) de condamner les HUS à verser à Mme E la somme de 3 341 euros, correspondant à 30% des préjudices subis résultant du défaut d'information fautif commis par le centre hospitalier ;
6°) de condamner l'ONIAM à verser à Mme E la somme de 7 795 euros au titre de la solidarité nationale et correspondant à 70% des préjudices subis ;
7°) de condamner les HUS à verser respectivement à leurs enfants mineurs la somme de 1 500 euros, correspondant à 30% des préjudices subis résultant du défaut d'information fautif commis par le centre hospitalier ;
8°) de condamner l'ONIAM à verser respectivement à leurs enfants mineurs la somme de 3 500 euros au titre de la solidarité nationale et correspondant à 70% des préjudices subis ;
9°) de mettre à la charge solidaire des HUS et de l'ONIAM les entiers dépens ;
10°) de mettre respectivement à la charge des HUS et de l'ONIAM la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les HUS ont commis une faute en n'informant pas M. B E du risque de paralysie fibulaire lié à l'opération chirurgicale réalisée, ni de l'existence d'une alternative thérapeutique impliquant l'absence de chirurgie celui-ci faisant valoir qu'il n'aurait pas donné son consentement à cette opération s'il avait correctement informé ;
- M. E a été victime d'un accident médical non fautif qui permet, en application des dispositions du II des dispositions de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, une indemnisation de ses préjudices par l'ONIAM ;
- M. E a subi les préjudices suivants :
o il a exposé au titre des dépenses de santé actuelles restées à sa charge la somme de 57 euros ;
o il a exposé pour les expertises des frais divers restés à sa charge représentant la somme de 2 033 euros ;
o ses frais d'assistance par tierce personne s'élèvent à 6 160 euros ;
o ses pertes de gains professionnels actuels doivent être évaluées à 15 600 euros ;
o ses pertes de gains professionnels futurs doivent être évaluées à la somme de 114 567 euros ;
o le préjudice lié à l'incidence professionnelle doit être évalué à la somme de 20 000 euros ;
o les frais de véhicule adapté doivent être évalués à la somme de 27 291 euros ;
o le déficit fonctionnel temporaire subi doit être évalué à 6 135 euros ;
o le déficit fonctionnel permanent subi doit être évalué à 46 080 euros ;
o les souffrances endurées doivent être évaluées à 20 000 euros ;
o le préjudice esthétique temporaire doit être évalué à 4 000 euros ;
o le préjudice esthétique permanent doit être évalué à 2 000 euros ;
o le préjudice d'agrément doit être évalué à 9 000 euros ;
o le préjudice sexuel doit être évalué à 3 000 euros.
- Mme E a subi les préjudices suivants :
o ses pertes de gains professionnels doivent être évaluées à la somme de 1 136 euros ;
o son préjudice d'affection doit être évalué à la somme de 10 000 euros ;
- les enfants mineurs ont subi un préjudice d'affection qui doit être évalué à la somme de 5 000 euros chacun.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 mars, 22 mars et 4 avril 2022, les hôpitaux universitaires de Strasbourg, représentés par la SELARL CDA Joly et Oster, concluent :
- à titre principal au rejet de la requête et de la demande de la CPAM du Bas-Rhin et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
- à titre subsidiaire, à ce que les sommes demandées par les requérants et la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Bas-Rhin soient ramenées à de plus justes proportions.
Ils font valoir que :
- la faute invoquée n'est pas établie ;
- certains préjudices ne sont pas justifiés ou sont surévalués.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2022, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, représenté par Me Saumon, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les conditions d'intervention de la solidarité nationale ne sont pas réunies en l'absence d'anormalité du dommage subi par M. E.
Par des mémoires, enregistrés les 10 août et 30 décembre 2021, la CPAM du Bas-Rhin, intervenant au nom et pour le compte de la CPAM du Haut-Rhin, demande au tribunal :
1°) de condamner les HUS au remboursement de la somme de 19 505,51 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 9 août 2021 ;
2°) de condamner les HUS à lui verser l'indemnité forfaitaire prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;
3°) de condamner les HUS aux frais et dépens.
Par une ordonnance du 4 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 18 avril 2022.
Vu :
- les ordonnances du 13 avril 2021 par lesquelles la juge des référés a taxé et liquidé les frais et honoraires d'expertise ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Klipfel,
- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique.
- et les observations de Me Attali, représentant les consorts E, et de Me Weis, représentant les HUS.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, né le 14 décembre 1984, a été victime d'un accident de la circulation le 24 décembre 2016 à la suite duquel il fait l'objet, le 29 décembre 2016, d'une intervention chirurgicale aux HUS consistant en une ostéosynthèse par plaque d'une fracture du cotyle droit. Cette opération lui a causé une atteinte sévère du plexus lombo-sacré à droite. Le 20 décembre 2017, M. E a introduit un recours devant la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CCI) d'Alsace. Le 5 juillet 2018, la CCI d'Alsace a émis un avis défavorable à l'indemnisation de M. E. Par une ordonnance du 17 novembre 2020, le juge des référés du tribunal a ordonné la réalisation d'une expertise en vue de déterminer les préjudices subis à la suite de la prise en charge de M. E par les HUS à compter du 24 décembre 2016. Après le dépôt du rapport d'expertise, M. et Mme E ont adressé, en leur nom propre et au nom leurs enfants mineurs, une réclamation préalable aux HUS et à l'ONIAM. Les HUS ont reçu cette lettre le 29 avril 2021, qui est restée sans réponse. L'ONIAM, par une lettre du 7 mai 2021, a informé les consorts E qu'il rejetait leur demande indemnitaire. Par leur requête, les consorts E demandent au tribunal de condamner, d'une part, les HUS à réparer à hauteur de 30% les conséquences dommageables résultant du défaut d'information du risque d'atteinte sévère du plexus lombo-sacré à droite qui s'est réalisé et d'autre part, l'ONIAM à indemniser au titre de la solidarité nationale 70% des préjudices subis.
Sur la responsabilité pour faute :
En ce qui concerne le défaut d'information :
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " I. - Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. () Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. /Cette information est délivrée au cours d'un entretien individuel. () IV. - () En cas de litige, il appartient au professionnel ou à l'établissement de santé d'apporter la preuve que l'information a été délivrée à l'intéressé dans les conditions prévues au présent article. Cette preuve peut être apportée par tout moyen. (). ".
3. Il résulte de ces dispositions que doivent être portés à la connaissance du patient, préalablement au recueil de son consentement à l'accomplissement d'un acte médical, les risques connus de cet acte qui, soit présentent une fréquence statistique significative, quelle que soit leur gravité, soit revêtent le caractère de risques graves, quelle que soit leur fréquence. En cas de manquement à cette obligation d'information, si l'acte de diagnostic ou de soins entraîne pour le patient, y compris s'il a été réalisé conformément aux règles de l'art, un dommage en lien avec la réalisation du risque qui n'a pas été porté à sa connaissance, la faute commise en ne procédant pas à cette information engage la responsabilité de l'établissement de santé à son égard, pour sa perte de chance de se soustraire à ce risque en renonçant à l'opération. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction, compte tenu de ce qu'était l'état de santé du patient et son évolution prévisible en l'absence de réalisation de l'acte, des alternatives thérapeutiques qui pouvaient lui être proposées ainsi que de tous autres éléments de nature à révéler le choix qu'il aurait fait, qu'informé de la nature et de l'importance de ce risque, il aurait consenti à l'acte en question.
4. Il résulte de l'instruction qu'une atteinte sévère du plexus lombo-sacré à droite entraînant une paralysie fibulaire constitue un risque fréquent lors de la réalisation d'une ostéosynthèse par plaque d'une fracture du cotyle droit. En effet, les médecins qui ont réalisé l'expertise médicale diligentée par la CCI d'Alsace précisent dans leur rapport que cette complication est classique et que sa fréquence est estimée entre 5 et 15%. Le médecin qui a opéré M. E, indique également dans une lettre adressée à la CCI d'Alsace que la fracture dont a été victime M. E s'accompagne d'un taux de paralysie péri-opératoire évalué de 5 à 15%. Par conséquent, eu égard à la fréquence de ce risque et à son caractère prévisible, le patient aurait dû en être préalablement informé. Les pièces médicales produites ne permettent pas formellement d'établir que M. E a été informé des différents risques que présentait l'opération subie. À cet égard aucun formulaire préalable du consentement n'a été signé par le patient. Si les HUS font valoir que les observations cliniques figurant dans le dossier médical du patient, rédigées le 28 décembre 2016 lorsqu'il était hospitalisé, précisent que les modalités de l'intervention chirurgicale lui ont été expliquées, cette circonstance ne suffit pas à établir que le patient a été informé du risque d'atteinte sévère du plexus lombo-sacré à droite qui s'est réalisé lors de l'opération. Un rapport rédigé par un médecin du centre hospitalier après l'intervention dans le cadre de l'expertise médicale ne permet pas davantage d'apporter cette preuve. Par suite, le défaut d'information des risques que présentait l'opération est constitué. En outre, d'après l'expertise médicale diligentée par la CCI d'Alsace, il existait une alternative non chirurgicale pour soigner M. E, consistant en une traction-suspension au lit pendant six à huit semaines. Or, il ne résulte pas de l'instruction que M. E ait été informé de cette alternative thérapeutique non chirurgicale. Par suite, le défaut d'information relatif au choix thérapeutique est également établi.
En ce qui concerne la perte de chance :
5. Il résulte de l'instruction, notamment de l'expertise médicale diligentée par la CCI d'Alsace, qu'il existait une alternative non chirurgicale pour soigner M. E, consistant en une traction-suspension au lit pendant six à huit semaines. Toutefois, compte tenu notamment du jeune âge de M. E, de la nature et de la gravité du traumatisme initial, le traitement par chirurgie était le mieux à même de permettre au patient de recouvrer un état de santé proche de celui existant avant l'accident. Les experts précisent à cet égard qu'un traitement par traction-suspension pour réduire la fracture de M. E n'aurait pas permis d'aboutir au même résultat, aurait entraîné des complications de décubitus ainsi que le développement, de manière certaine, d'une arthrose responsable d'une gêne fonctionnelle douloureuse particulièrement invalidante. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce susrappelées, et contrairement à ce que M. E soutient dans ses écritures, il résulte de l'instruction que s'il avait été informé de la nature et de l'importance du risque qui s'est réalisé et de l'alternative thérapeutique possible, il aurait consenti à l'acte chirurgical en question. Il s'ensuit que le défaut d'information invoqué n'est pas de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier. Dès lors, les dépenses de santé actuelles restées à sa charge, les frais divers pour la réalisation des expertises, les frais de véhicule adapté, les frais d'assistance par tierce personne, le déficit fonctionnel temporaire et permanent, le préjudice esthétique temporaire et permanent, le préjudice d'agrément, le préjudice sexuel, les souffrances endurées, la perte de gains professionnels actuels et futurs et l'incidence professionnelle ne peuvent être indemnisés. Ne peuvent pas davantage être indemnisés la perte de gains professionnels de Mme E, son préjudice d'affection ainsi que celui de ses deux enfants.
En ce qui concerne le préjudice :
6. Indépendamment de la perte d'une chance de refuser l'intervention, le manquement des médecins à leur obligation d'informer le patient des conséquences d'une intervention ouvre pour l'intéressé le droit d'obtenir réparation des troubles qu'il a subis du fait qu'il n'a pas pu se préparer à cette éventualité. S'il appartient au patient d'établir la réalité et l'ampleur des préjudices qui résultent du fait qu'il n'a pas pu prendre certaines dispositions personnelles pour parer aux conséquences de l'opération, la souffrance morale qu'il a endurée lorsqu'il a découvert, sans y avoir été préparé, les conséquences de l'intervention doit, quant à elle, être présumée.
En l'espèce, eu égard à ce qui a été dit au point 4, M. E doit être regardé comme ayant subi un préjudice moral du fait de son impréparation à la découverte de sa paralysie fibulaire à la suite de l'opération du 29 décembre 2016. Dans les circonstances de l'espèce, il sera ainsi fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 1 500 euros.
Sur la mise en cause de la solidarité nationale :
8. Aux termes du II des dispositions de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. /Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret. "
9. Il résulte de ces dispositions que la condition d'anormalité du dommage doit toujours être regardée comme remplie lorsque l'acte médical a entraîné des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé de manière suffisamment probable en l'absence de traitement. En revanche, lorsque les conséquences de l'acte médical ne sont pas notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé par sa pathologie en l'absence de traitement, elles ne peuvent être regardées comme anormales sauf si, dans les conditions où l'acte a été accompli, la survenance du dommage présentait une probabilité faible. Ainsi, elles ne peuvent être regardées comme anormales au regard de l'état du patient lorsque la gravité de cet état a conduit à pratiquer un acte comportant des risques élevés dont la réalisation est à l'origine du dommage.
10. En l'espèce, l'opération subie par M. E n'a pas entraîné des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles il était exposé de manière suffisamment probable en l'absence de traitement. Ainsi, il résulte de l'instruction, qu'en l'absence de traitement, M. E aurait conservé des séquelles fonctionnelles très importantes eu égard à la gravité du traumatisme initial. Enfin, et comme exposé au point 5, il résulte de l'instruction que la paralysie fibulaire est un risque inhérent à l'intervention chirurgicale subie par M. E qui se réalise avec une probabilité de l'ordre de 5 à 15%. Si les requérants soutiennent que le taux de survenance du risque a été surévalué par l'expertise dès lors qu'il repose sur une étude réalisée en 2009, les trois études postérieures dont les consorts E se prévalent dans leurs écritures ne permettent pas d'établir que le taux de survenance du risque qui s'est réalisé serait faible et inférieur à 5%, compte tenu notamment du nombre de patients comptabilisés dans les trois études en cause. Les deux critères d'anormalité et de gravité du dommage étant cumulatifs et le critère d'anormalité du dommage n'étant en l'espèce pas rempli, les conclusions indemnitaires présentées contre l'ONIAM au titre de la solidarité nationale ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les débours de la caisse primaire d'assurance maladie du Bas-Rhin et la demande d'indemnité forfaitaire prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale :
11. Eu égard à ce qui précède, les conclusions susvisées de la CPAM du Bas-Rhin ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les dépens de l'instance :
12. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. (). ".
13. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme globale de 800 euros par deux ordonnances du 13 avril 2021 du juge des référés du tribunal, à la charge définitive des HUS.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des consorts E, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que les HUS demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
15. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge des HUS une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par les consorts E et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1 : Les HUS sont condamnés à verser à M. E la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros.
Article 2 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme globale de 800 (huit cents) euros par deux ordonnances du 13 avril 2021 de la juge des référés du tribunal sont mis à la charge des HUS.
Article 3 : Les HUS verseront à M. E la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions des HUS présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : La demande de la CPAM du Bas-Rhin est rejetée.
Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête des consorts E est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. B E en application des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, aux hôpitaux universitaires de Strasbourg, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux et à la caisse primaire d'assurance-maladie du Bas-Rhin.
Délibéré après l'audience du 28 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Carrier, président,
M. Duez-Gündel, conseiller,
Mme Klipfel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2023.
La rapporteure,
V. KLIPFEL
Le président,
C. CARRIER
Le greffier,
P. HAAG
La République mande et ordonne au ministre chargé de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026