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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2104714

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2104714

lundi 19 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2104714
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre
Avocat requérantCREAC'H

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 juillet 2021, la société à responsabilité limitée (SARL) Axcess Sécurité, représentée par Me Creac'h, demande au tribunal :

1°)de prononcer la décharge de la majoration pour manœuvres frauduleuses appliquée par voie de compensation aux rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er octobre 2017 au 30 septembre 2018 et à la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2018, à hauteur respectivement de 2 509 euros et de 3 729 euros ;

2°)de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que l'administration ne pouvait pas procéder à la compensation des pénalités dans sa décision d'acceptation partielle alors que la motivation de l'avis de mise en recouvrement ne permet pas de s'assurer que la majoration de 80% n'a pas préalablement été mise en recouvrement et que l'avis de mise en recouvrement n'est, pour ce motif, pas motivé.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 octobre 2021, l'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Est conclut au rejet de la requête.

L'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Est fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Mohammed Bouzar, rapporteur,

- et les conclusions de M. Laurent Guth, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La SARL Axcess Sécurité, qui exerce l'activité de gardiennage et de sécurité privée, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er octobre 2015 au 30 septembre 2018, à la suite de laquelle, par une proposition de rectification du 20 janvier 2020, l'administration lui a notifié, suivant la procédure contradictoire, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er octobre 2016 au 30 septembre 2018 et des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos les 30 septembre 2016, 30 septembre 2017 et 30 septembre 2018, assortis de pénalités. Le 30 novembre 2020, la somme totale de 105 769 euros a été mise en recouvrement. Par une réclamation du 15 décembre 2020, la SARL Axcess Sécurité a contesté l'amende pour factures fictives, d'un montant de 10 217 euros, qui lui a été infligée au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2018, sur le fondement du 2. du I de l'article 1737 du code général des impôts. Par une décision d'acceptation partielle du 5 mai 2021, l'administration a prononcé un dégrèvement de cette amende, limité toutefois à la somme de 3 979 euros après compensation de cette amende avec la majoration de 80% pour manœuvres frauduleuses, prévue au c de l'article 1729 du même code, appliquée aux rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er octobre 2017 au 30 septembre 2018 et à la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2018, à hauteur respectivement de 2 509 euros et de 3 729 euros. La SARL Axcess Sécurité doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de cette majoration.

2. Aux termes de l'article L. 203 du livre des procédures fiscales : " Lorsqu'un contribuable demande la décharge ou la réduction d'une imposition quelconque, l'administration peut, à tout moment de la procédure et malgré l'expiration des délais de prescription, effectuer ou demander la compensation dans la limite de l'imposition contestée, entre les dégrèvements reconnus justifiés et les insuffisances ou omissions de toute nature constatées dans l'assiette ou le calcul de l'imposition au cours de l'instruction de la demande ". Il résulte de ces dispositions que l'administration est fondée à invoquer des insuffisances ou omissions de toute nature pendant l'instruction de la demande, laquelle doit s'entendre comme prenant effet au plus tôt à compter de l'examen de la réclamation du contribuable par l'administration et se poursuivant pendant toute la durée du contentieux devant le juge administratif statuant au fond sur le litige.

3. En premier lieu, il résulte de ce qui précède qu'il est loisible à l'administration de mettre à la charge du contribuable des sommes complémentaires dans la décision par laquelle elle admet partiellement sa réclamation en procédant, comme en l'espèce, à la compensation entre les dégrèvements accordés à la société concernant l'amende pour factures fictives et la majoration de 80% pour manœuvres frauduleuses.

4. En second lieu, contrairement à ce que soutient la SARL Axcess Sécurité, il ressort de l'avis de mise en recouvrement du 30 novembre 2020, qui est suffisamment motivé et fait référence à la proposition de rectification du 20 janvier 2020, conformément aux prescriptions de l'article R. 256-1 du livre des procédures fiscales, que la majoration de 80% pour manœuvres frauduleuses n'a pas déjà été mise à sa charge.

5. Ainsi, par les moyens qu'elle invoque, la SARL Axcess Sécurité n'est pas fondée à obtenir la décharge de la majoration de 80% pour manœuvres frauduleuses, prévue au c de l'article 1729 du même code, appliquée par voie de compensation aux rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er octobre 2017 au 30 septembre 2018 et à la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2018, à hauteur respectivement de 2 509 euros et de 3 729 euros. Par voie de conséquence, elle ne peut prétendre au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de la SARL Axcess Sécurité est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Axcess Sécurité et à l'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Est.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Julien Iggert, président,

M. Christophe Michel, premier conseiller,

M. Mohammed Bouzar, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2022.

Le rapporteur,

M. BOUZAR

Le président,

J. IGGERT

Le greffier,

S. PILLET

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Strasbourg, le

Le greffier,

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