lundi 19 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2105490 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | HECKEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 août 2021 et 9 mai 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) Guner et Abisol, représentée par Me Heckel, demande au tribunal :
1°)de prononcer la décharge, d'une part, des droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée ainsi que des majorations correspondantes qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2016, d'autre part, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des majorations auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016 et 2017 et, enfin, de l'amende qui lui a été infligée, sur le fondement de l'article 1737 du code général des impôts ;
2°)de condamner l'Etat aux dépens ;
3°)de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La SARL Guner et Abisol soutient que l'administration ne pouvait remettre en cause des factures qu'elle avait regardées comme fictives sans mettre en œuvre la procédure de répression des abus de droit prévue par l'article L. 64 du livre des procédures fiscales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2022, le directeur régional des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin au rejet de la requête.
Le directeur régional des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin soutient que le moyen soulevé par la SARL Guner et Abisol n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B A ;
- et les conclusions de M. Laurent Guth, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Guner et Abisol, qui a pour activité la pose de revêtement de sol, en particulier de carrelage, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2017. A la suite de ce contrôle, l'administration a, notamment, remis en cause la déduction de la taxe sur la valeur ajoutée, d'un montant de 7 907 euros, ayant grevé les factures du fournisseur " Expert Façade " au motif que ces factures étaient fictives. Le service a aussi réintégré au résultat imposable de la SARL Guner et Abisol au titre des exercices clos en 2016 et 2017 des charges, s'élevant aux sommes respectives de 59 049 euros et 16 185 euros, justifiées par des factures fictives ainsi que des dépenses d'un montant total de 2 853 euros au titre de l'exercice 2016, qui n'avaient pas été supportées dans l'intérêt de l'entreprise. Enfin, l'administration a infligé à la SARL Guner et Abisol au titre des années 2016 et 2017, sur le fondement de l'article 1737 du code général des impôts, des amendes fiscales d'un montant total de 37 618 euros pour sanctionner l'utilisation de factures fictives ou de factures de complaisance. Par sa requête, la société requérante demande au tribunal de prononcer la décharge des droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée ainsi que des majorations correspondantes qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2016 pour un montant total de 8 429 euros, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des majorations auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016 et 2017 pour un montant total de 17 637 euros, et des amendes qui lui ont été infligées, sur le fondement de l'article 1737 du code général des impôts, au titre des années 2016 et 2017 pour un montant total de 37 618 euros.
2. Aux termes de l'article L. 64 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable au litige : " Afin d'en restituer le véritable caractère, l'administration est en droit d'écarter, comme ne lui étant pas opposables, les actes constitutifs d'un abus de droit, soit que ces actes ont un caractère fictif, soit que, recherchant le bénéfice d'une application littérale des textes ou de décisions à l'encontre des objectifs poursuivis par leurs auteurs, ils n'ont pu être inspirés par aucun autre motif que celui d'éluder ou d'atténuer les charges fiscales que l'intéressé, si ces actes n'avaient pas été passés ou réalisés, aurait normalement supportées eu égard à sa situation ou à ses activités réelles./ En cas de désaccord sur les rectifications notifiées sur le fondement du présent article, le litige est soumis, à la demande du contribuable, à l'avis du comité de l'abus de droit fiscal. L'administration peut également soumettre le litige à l'avis du comité ".
3. Il résulte de l'instruction que l'administration a constaté, d'une part, que les sommes facturées par les fournisseurs " Expert Façade " au cours de l'année 2016 et par la société de droit allemand " Lienhard Gmbh " en 2017 ne correspondaient ni à l'exécution de prestations de services, ni à des livraisons, et devaient ainsi être regardées comme des factures fictives et, d'autre part, que les factures émises par les entreprises " Arca Carrelage " et " MK Carrelage " et la société RGD MBI concernaient des prestations qu'elles n'avaient pas réalisées elles-mêmes et constituaient, dès lors, des factures de complaisance. En estimant que la taxe sur la valeur ajoutée figurant sur ces factures ne pouvait, par suite, faire l'objet d'une déduction et que les charges correspondant aux factures fictives ne pouvaient être déduites du résultat imposable de la SARL Guner et Abisol en l'absence de contrepartie pour celle-ci, l'administration s'est bornée à apprécier une situation de fait dont elle a tiré les conséquences en matière de taxe sur la valeur ajoutée et d'impôt sur les sociétés. Dès lors, la société requérante n'est fondée à soutenir ni que le service aurait dû suivre la procédure prévue pour la répression des abus de droit ni qu'elle aurait été irrégulièrement privée des garanties attachées à cette procédure.
4. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la SARL Guner et Abisol n'est pas fondée à demander la décharge des impositions et pénalités en litige. Par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de la SARL Guner et Abisol est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Guner et Abisol et au directeur régional des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Julien Iggert, président,
M. Christophe Michel, premier conseiller,
M. Mohammed Bouzar, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2022.
Le rapporteur,
C. A
Le président,
J. IGGERT
Le greffier,
S. PILLET
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Strasbourg, le
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026