lundi 3 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2105662 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | WAGNER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 13 août 2021 et le 19 août 2022, M. A B et Mme C D, représentés par Me Wagner, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisation d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquels ils ont été assujettis au titre de l'année 2018 ;
2°) de prononcer la décharge des pénalités de 10 %, d'un montant de 8 777 euros, mises en recouvrement à la suite de la mise en demeure qui leur a été adressée de payer leur impôt sur le revenu dû au titre de l'année 2018 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- M. B a déclaré à tort au titre des revenus des capitaux mobiliers la somme de 350 000 euros dès lors qu'une part de cette somme se chiffrant à 292 559,50 euros, ramenée à 192 560 euros dans le dernier état de leurs écritures, correspond à un remboursement par l'EURL Pyramide Immo d'apports ou d'avances qu'il lui avait consentis ;
- c'est à tort que l'administration a retenu la qualification d'avantages occultes ;
- l'EURL Pyramide Immo a connu des pertes de 2014 à 2017 faisant obstacle à ce qu'elle distribue à M. B la somme de 350 000 euros ;
- leurs arguments ont été accueillis dans le cadre d'une interlocution départementale concernant les rehaussements notifiés à la SARL Pyramide.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 janvier 2020, la directrice régionale des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
La directrice régionale des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mohammed Bouzar, rapporteur,
- et les conclusions de M. Laurent Guth, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a déclaré, au titre de ses revenus de l'année 2018, avoir perçu notamment 350 000 euros de revenus de capitaux mobiliers. M. B et Mme D demandent au tribunal de prononcer la réduction des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquels ils ont été assujettis au titre de l'année 2018.
2. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. / Il en est de même lorsqu'une imposition a été établie d'après les bases indiquées dans la déclaration souscrite par un contribuable () ". Il résulte de ces dispositions qu'il incombe au contribuable de démontrer le caractère exagéré d'une imposition établie d'après les bases indiquées dans sa déclaration.
3. En premier lieu, les requérants ne justifient pas que M. B, aurait fait plusieurs apports ou avances à l'EURL Pyramide Immo pour un montant total de 292 559,50 euros ou même de 192 560 euros. A cet égard, sont insuffisants à établir ces allégations l'annexe de la proposition de rectification du 30 juin 2020 notifiée à l'EURL Pyramide Immo, l'extrait de l'annexe aux observations du 25 octobre 2019 de l'EURL Pyramide Immo à une proposition de rectification du 26 juillet 2019, les tableaux, établis par les requérants, qui reprendraient les extraits bancaires de l'EURL Pyramide Immo ou ceux de M. B ou encore les " extraits de comptes bancaires " produits dans leur mémoire complémentaire, dont il n'est pas établi qu'ils proviennent de leur banque. Ainsi, en l'absence de tout justificatif suffisamment probant, les requérants n'établissent pas la réalité des apports ou avances de M. B à l'EURL Pyramide Immo.
4. En deuxième lieu, les requérants n'établissent pas davantage le caractère exagéré de cette imposition primitive en contestant la qualification d'avantages occultes de la somme de 350 000 euros perçue en 2018, cette contestation étant inopérante dès lors que cette qualification surabondante avait été retenue par l'administration à l'occasion d'une procédure de rectification qui a été finalement abandonnée dans sa réponse aux observations du contribuable en date du 22 octobre 2020. Ainsi, cette branche du moyen doit être écartée.
5. En troisième lieu, les requérants ne sauraient utilement soutenir, à l'appui de leur demande tendant à établir le caractère exagéré de l'imposition, que l'administration a finalement abandonné le rehaussement de leurs revenus qu'elle avait initialement envisagé à hauteur de 92 500 euros dans le cadre de la procédure de contrôle évoquée au point précédent, alors au surplus que cet abandon a été consenti " A titre de bienveillance et à titre exceptionnel ".
6. En quatrième lieu, si les requérants soutiennent que l'EURL Pyramide Immo a connu des pertes de 2014 à 2017, circonstance qui faisait obstacle à ce qu'elle distribue à M. B la somme de 350 000 euros, l'administration fait cependant valoir que la SCCV Sparte III, détenue à hauteur de 99,9% par l'EURL Pyramide Immo, a versé à cette dernière en 2017 une somme de 815 511 euros et, les 12 janvier 2018 et 5 mars 2018, des sommes de 400 000 et de 500 000 euros. Si en réplique, à l'appui de liasses fiscales concernant l'exercice 2017, les requérants contestent l'attribution de la somme de 815 511 euros correspondant au bénéfice réalisé par la SCCV Sparte III en 2017, ils ne contestent pas utilement en revanche l'attribution à l'EURL Pyramide Immo en 2018 de la somme totale de 900 000 euros, en se bornant à alléguer que l'assemblée générale de la SCCV Sparte III n'a pas décidé la distribution juridique de son bénéfice comptable. En tout état de cause, il ressort de la proposition de rectification du 30 juin 2020 notifiée à l'EURL Pyramide Immo que celle-ci a effectué au profit de M. B deux versements de 200 000 et 150 000 euros.
7. En dernier lieu, les requérants ne sont pas fondés à se prévaloir de ce que leurs arguments ont été accueillis par l'administration dans le cadre d'une interlocution départementale dès lors que cette procédure concernait, ainsi qu'ils le reconnaissent eux-mêmes, non pas l'EURL Pyramide Immo mais une autre société, la SARL Pyramide.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. B et Mme D ne sont pas fondés à obtenir la réduction des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquels ils ont été assujettis au titre de l'année 2018. Par voie de conséquence, leurs conclusions doivent être rejetées, y compris celles tendant à la décharge des pénalités de 10% mises en recouvrement à la suite de la mise en demeure qui leur a été adressée de payer leur impôt sur le revenu dû au titre de l'année 2018 ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. B et Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Mme C D et au directeur régional des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Julien Iggert, président,
M. Christophe Michel, premier conseiller,
M. Mohammed Bouzar, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2022.
Le rapporteur,
M. BOUZAR
Le président,
J. IGGERT
Le greffier,
S. PILLET
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Strasbourg, le
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026