vendredi 5 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2105683 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | ZIMMERMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 août 2021, M. C B, représenté par Me Zimmermann, demande au tribunal :
1) d'annuler la décision du 10 mars 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé de lui délivrer un permis de conduire de catégorie C ;
2) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui délivrer un permis de conduire de catégorie C, dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jours de retard à compter de l''expiration de ce délai en application de l'article L.911-3 du code de justice administrative ;
3) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au bénéfice de son conseil, au titre de frais irrépétibles sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi relative à l'aide juridique.
M. B soutient que :
- il dispose du permis de conduire de catégorie B, d'un titre professionnel de conducteur de transport routier de marchandises sur porteur et a satisfait à l'examen médical prévu à l'article R.212-2 du code de la route, pour la conduite de véhicules tant légers que lourds ;
- la décision attaquée ne lui aurait pas été notifiée ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 avril 2022, le ministre de l'intérieur a conclu à son incompétence pour répondre à cette requête.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 juillet 2022, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête comme étant non fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
le code de la route ;
l'arrêté du 20 avril 2012 fixant les conditions d'établissement, de délivrance et de validité du permis de conduire ;
l'arrêté du 26 septembre 2018 relatif au titre professionnel de conducteur du transport routier de marchandises sur porteur ;
l'arrêté du 26 février 2008 relatif au titre professionnel de conducteur du transport routier de marchandises sur porteur ;
le décret n°2007-255 du 22 février 2007 fixant la liste des titres sécurisés relevant de l'agence nationale des titres sécurisés ;
le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du Code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a commis plusieurs infractions au code de la route ayant entrainé le retrait de douze points affectés à son titre de conduite. Par une décision référencée " 48SI " en date du 25 avril 2014, le ministre de l'intérieur a notifié à M. B le dernier retrait de points et a constaté, en lui rappelant les précédentes décisions portant retrait de points, qu'il avait perdu le droit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis de conduire, dans un délai de dix jours à compter de la notification de ladite décision. Etant donné que l'intéressé ne s'est pas présenté dans les délais impartis pour restituer ledit titre de conduite, la préfète a enjoint à la Police Nationale d'y procéder par courrier en date du 24 novembre 2015. Suite à cette convocation, l'intéressé a remis son permis de conduire contre récépissé signé le 10 décembre 2015. En dépit de l'invalidation de son permis de conduire de catégorie B, M. B a obtenu, le 22 mai 2015, le titre professionnel de conducteur de transport routier de marchandises sur porteur et a sollicité la délivrance du permis de conduire de catégorie C. Par une décision du 10 mars 2021, la préfète du Bas-Rhin a refusé de faire droit à sa demande au motif que son permis de conduire de " catégorie B " était invalide au moment de l'obtention dudit diplôme professionnel de conducteur du transport routier de marchandises sur porteur. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes des dispositions de l'article 1er du décret du 22 février 2007 susvisé : " Il est créé, sous le nom d'Agence nationale des titres sécurisés, un établissement public national à caractère administratif placé sous la tutelle du ministre de l'intérieur () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 2 du même décret : " l'Agence a pour mission de répondre aux besoins des administrations de l'Etat de conception, de gestion, de production de titres sécurisés et des transmissions de données qui leurs sont associées. Ces titres sont des documents délivrés par l'Etat et faisant l'objet d'une procédure d'édition et de contrôle sécurisée. / Sans préjudice des dispositions relatives au système d'information et de communication de l'Etat, pour l'accomplissement de ces missions, l'agence est chargée notamment de : () / 2° Assurer ou faire assurer la mise en œuvre de services en ligne, de moyens d'identification électronique et de transmissions de données associée à la délivrance et à la gestion des titres sécurisés ; () / La liste des titres sécurisés est fixée par décret. / () . Sa mission exclut l'instruction des demandes et la délivrance des titres () ". Enfin, aux termes des dispositions de l'article 1er du décret n°2007-255 du 27 février 2007 susvisé : " Les titres sécurisés pour lesquels l'Agence nationale des titres sécurisés exerce les missions qui lui sont confiées par l'article 2 du décret du 22 février 2007 susvisé sont : / () / 11° Le permis de conduire ; () ".
3. En l'espèce, il résulte des dispositions citées au point 2 que, lorsque l'ANTS assure la production des permis de conduire délivrés par l'Etat, elle agit au nom et pour le compte de l'Etat. Par suite, et conformément aux textes susvisés, elle est compétente pour informer le requérant que sa demande de délivrance de permis de conduire de catégorie C est rejetée. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
4. La décision attaquée comporte les énoncés suffisant des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté comme manquant en fait.
5. D'une part, aux termes des dispositions de l'article 7 de l'arrêté du 26 septembre 2018 relatif au titre professionnel de conducteur du transport routier de marchandises sur porteur : " Le candidat se présentant à la session d'examen dans le cadre d'un parcours de formation présente au jury les originaux des documents suivants : 1° La catégorie B ou C d permis de conduire en cours de validité ".
6. D'autre part, aux termes des dispositions de l'article 5 de l'arrêté du 20 avril 2012 fixant les conditions d'établissement, de délivrance et de validité du permis de conduire : " Sont considérés comme nulles les épreuves passées par un candidat dans les cas suivants : I.- Pendant la période ou le candidat est privé du droit de conduire par une décision de suspension d'une ou des catégories du permis. II.- Avant et pendant la période ou le candidat est privé du droit de conduire par une décision d'annulation ou d'interdiction de solliciter un permis. En revanche, les conducteurs dont le permis de conduire a perdu sa validité pour solde de points nul, qui ont sollicité un nouveau permis de conduire après la restitution de leur titre au préfet, peuvent effectuer les démarches administratives et médicales préalables et se présenter à l'examen du permis de conduire pendant la période d'invalidation ; () En conséquence, tout bénéfice des épreuves passées ou tout permis de conduire délivré dans l'un des cas cités ci-dessus ou obtenu frauduleusement devra être immédiatement retiré sans préjudice des poursuites pénales encourues par le candidat ".
7. Il résulte des termes de la décision que, pour la prononcer, la préfète s'est fondée sur la circonstance selon laquelle M. B se trouvait dans l'obligation de détenir un permis de conduire de catégorie B valide au moment de l'obtention, le 22 mai 2015, de son titre professionnel. Pour refuser de lui accorder le bénéfice d'un permis de conduire de catégorie C, elle a tenu compte du fait que d'une part, M. B était toujours en possession de son permis de conduire de catégorie B, malgré la notification de la lettre référencée " 48SI " en date du 25 avril 2014 l'informant de l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul, et que d'autre part, il n'avait toujours pas procédé à la restitution dudit permis de conduire, dans un délai de dix jours à compter de la notification de la décision référencée " 48SI ". Par suite, c'est sans méconnaitre les dispositions précitées, sans priver sa décision d'une base légale que la préfète du Bas-Rhin a pu prendre la décision litigieuse.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée y compris, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 août 2022.
Le magistrat désigné,
H. ALa greffière,
V. IMMELE
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026