LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2106161

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2106161

mercredi 11 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2106161
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantROTH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 9 septembre 2021, 14 avril

et 5 octobre 2022, la société Plâtrerie Camus, représentée par la SELARL Cossalter, De Zolt et Couronne, demande au tribunal :

1°) d'annuler le titre de recette émis à son encontre le 3 juin 2021 par la commune d'Ars-sur-Moselle pour un montant de 56 000 euros ;

2°) de la décharger totalement ou, à défaut, partiellement, de la somme mise à sa charge ;

3°) de mettre à la charge de la commune d'Ars-sur-Moselle la somme de 2 500 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- le bordereau de l'avis des sommes à payer n'a pas été signé par l'autorité compétente, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;

- le titre exécutoire a été émis en méconnaissance du principe d'unité du décompte général ;

- les pénalités de retard ne peuvent pas être mises à sa charge, dès lors qu'elles ne figurent pas dans le décompte général et définitif né le 21 octobre 2021 en application de l'article 13.4.4 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés de travaux

- les pénalités de retard ne sont pas fondées, dès lors que les retards ne sont établis ni dans leur principe ni dans leur ampleur, et qu'il n'est pas démontré qu'ils lui seraient imputables ;

- les pénalités de retard sont manifestement disproportionnées.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2022, la commune

d'Ars-sur-Moselle, représentée par Me Roth, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 2 000 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable du fait de sa tardiveté, de l'absence de la demande chiffrée prévue par l'article R. 421-1 du code de justice administrative et du mémoire en réclamation prévu par les articles 50 et suivants du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés de travaux ;

- aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

Le 20 octobre 2022, la commune d'Ars-sur-Moselle a déposé un mémoire, qui n'a pas été communiqué.

L'instruction a été close le 20 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 décembre 2022 :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de M. Boutot, rapporteur public,

- et les observations de :

* Me Barbier-Renard, représentant la société Plâtrerie Camus,

* Me Roth, représentant la commune d'Ars-sur-Moselle.

Le 8 décembre 2022, la commune d'Ars-sur-Moselle a déposé une note en délibéré. Celle-ci n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. Par acte d'engagement du 11 décembre 2019, la commune d'Ars-sur-Moselle a conclu avec la société Plâtrerie Camus un marché de travaux portant sur le lot n° 8

" plâtrerie - bloc porte " de l'opération de réhabilitation de la Poste. La réception des travaux a été prononcée le 31 mars 2021. Le 11 juin 2021, la société Plâtrerie Camus s'est vu notifier un titre de recette d'un montant total de 56 000 euros, correspondant aux pénalités de retard retenues sur le règlement de son marché. La société Plâtrerie Camus demande au tribunal d'annuler ce titre de recette et de la décharger de l'obligation de payer qu'il met à sa charge.

Sur la recevabilité :

2. En premier lieu, aux termes du 2° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois suivant la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite ". Ces dispositions n'ont ni pour objet ni pour effet d'exclure l'exercice par le débiteur d'un recours administratif contestant le bien-fondé d'un titre exécutoire, qu'il soit gracieux ou hiérarchique, et qui, introduit dans le délai du recours contentieux, interrompt ce délai.

3. La requérante a saisi le tribunal une première fois le 1er septembre 2021, puis, après s'être désistée de sa demande, a introduit la présente requête le 9 septembre 2021, soit plus de deux mois après la notification, le 11 juin 2021, du titre de recette en litige. Toutefois, elle avait, depuis le 11 juin 2021, adressé au centre des finances publiques Montigny et à la commune d'Ars-sur-Moselle une réclamation contestant le bien-fondé du titre de recette.

Si les pièces du dossier ne permettent pas de vérifier que la réclamation adressée au centre des finances publiques Montigny le 22 juin 2021 a été reçue par ce dernier, l'accusé de réception de la réclamation adressée à la commune, qui est produit au dossier, indique que cette dernière l'a reçue le 5 août 2021, soit moins de deux mois après la date de notification du titre de recette en litige. Ainsi, en admettant qu'il ait commencé à courir à compter de cette notification, alors que cette dernière mentionne par erreur que le recours contestant le

bien-fondé de la dette doit être déposé devant le tribunal administratif de Metz, lequel n'existe pas, le délai de recours contentieux a été interrompu le 5 août 2021. Il n'avait donc, en tout état de cause, pas expiré le 9 septembre 2021. Par suite, la commune n'est pas fondée à soutenir que la présente requête, introduite à cette date, est tardive.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".

5. Contrairement à ce que soutient la commune, la présente requête, dirigée contre la décision que constitue le titre de recette en litige, est parfaitement recevable au regard des dispositions précitées.

6. En troisième lieu, le titre de recette en litige constitue une décision faisant immédiatement grief à la société Plâtrerie Camus. Ainsi, nonobstant les stipulations de l'article 50 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux dont se prévaut la commune, la société Plâtrerie Camus est recevable à demander directement au tribunal l'annulation de ce titre et la décharge de l'obligation de payer mise à sa charge.

7. En quatrième lieu, la circonstance que la requérante a adressé son projet de décompte final le 26 avril 2021 au maître d'œuvre et le 3 septembre 2021 à la commune est sans incidence sur la recevabilité de son recours dirigé contre le titre de recette en litige.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et de décharge :

8. Aux termes de l'article 13.3.2 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux approuvé par l'arrêté du 8 septembre 2009, dans sa rédaction modifiée issue de l'arrêté du 3 mars 2014, pièce contractuelle du marché en litige : " Le titulaire transmet son projet de décompte final, simultanément au maître d'œuvre et au représentant du pouvoir adjudicateur () dans un délai de trente jours à compter de la date de notification de la décision de réception des travaux () ". L'article 13.4.2 de cette pièce contractuelle stipule : " Le projet de décompte général est signé par le représentant du pouvoir adjudicateur et devient alors le décompte général. / Le représentant du pouvoir adjudicateur notifie au titulaire le décompte général à la plus tardive des deux dates

ci-après : / - trente jours à compter de la réception par le maître d'œuvre de la demande de paiement finale transmise par le titulaire ; / - trente jours à compter de la réception par le représentant du pouvoir adjudicateur de la demande de paiement finale transmise par le titulaire ". Enfin, son article 13.4.4 stipule : " Si le représentant du pouvoir adjudicateur ne notifie pas au titulaire le décompte général dans les délais stipulés à l'article 13.4.2, le titulaire notifie au représentant du pouvoir adjudicateur, avec copie au maître d'œuvre, un projet de décompte général signé (). / Dans un délai de dix jours à compter de la réception de ces documents, le représentant du pouvoir adjudicateur notifie le décompte général au titulaire. () Si, dans ce délai de dix jours, le représentant du pouvoir adjudicateur n'a pas notifié au titulaire le décompte général, le projet de décompte général transmis par le titulaire devient le décompte général et définitif. () Le décompte général et définitif lie définitivement les parties, sauf en ce qui concerne les montants des révisions de prix et des intérêts moratoires afférents au solde ".

9. Il résulte de l'instruction que la réception des travaux a été prononcée avec réserves le 31 mars 2021, à effet du 28 avril suivant. La société Plâtrerie Camus ne précise pas la date à laquelle la décision de réception lui a été notifiée, mais il ressort du courrier électronique que lui a adressé le maître d'œuvre le 16 juin 2021, indiquant qu'il lui " renvoie le procès-verbal de réception " signé par le maire, que cette notification est intervenue au plus tard à cette date. Après une première transmission le 26 avril 2021 au seul maître d'œuvre, la société Plâtrerie Camus a, le 3 septembre 2021, transmis son projet de décompte final simultanément à la commune d'Ars-sur-Moselle et au maître d'œuvre, qui l'ont réceptionné, respectivement, le 6 et le 7 septembre 2021. Le 11 octobre 2021, plus de trente jours après la plus tardive de ces deux dates et en l'absence de notification du décompte général, la société Plâtrerie Camus a notifié à la commune le projet de décompte général signé mentionné à l'article 13.4.4 précité. Le maître d'œuvre en a reçu copie le 13 octobre 2021. Il est constant que la commune n'a pas notifié le décompte général à la requérante dans le délai de dix jours suivant la réception du projet de décompte général. Dans ces conditions la requérante est fondée à soutenir que ce projet est devenu, le 22 octobre 2021, le décompte général et définitif du marché.

10. Les pénalités de retard faisant l'objet du titre de recette en litige ne figurent pas dans ce décompte général et définitif. Alors même que ce dernier est né en cours d'instance, son caractère définitif a pour effet d'interdire à la commune toute réclamation correspondant à ces pénalités, notamment au moyen d'un titre de recette. Par ailleurs, le solde du décompte général et définitif du marché est arrêté à la somme de 33 829,38 euros TTC au crédit de la société Plâtrerie Camus, laquelle n'est ainsi pas débitrice vis-à-vis de la commune.

11. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la société Plâtrerie Camus est fondée à demander l'annulation du titre de recette et la décharge de l'obligation de payer qu'il met à sa charge.

Sur les frais de l'instance :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la société Plâtrerie Camus, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune d'Ars-sur-Moselle la somme de 1 500 euros à verser à la société Plâtrerie Camus en application de ces dispositions.

D E C I D E :

Article 1 : Le titre de recette émis le 3 juin 2021 par la commune d'Ars-sur-Moselle à l'encontre de la société Plâtrerie Camus est annulé. La société Plâtrerie Camus est déchargée de l'obligation de payer la somme mise à sa charge par ce titre de recette.

Article 2 : La commune d'Ars-sur-Moselle versera à la société Plâtrerie Camus la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Plâtrerie Camus et à la commune d'Ars-sur-Moselle.

Délibéré après l'audience du 7 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Rees, président,

Mme Merri, première conseillère,

Mme Dobry, conseillère.

Rendu public, par mise à disposition au greffe, le 11 janvier 2023.

Le président-rapporteur,

P. AL'assesseur le plus ancien

dans l'ordre du tableau,

D. MERRI

La greffière,

M.-C. SCHMIDT

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions