mercredi 7 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2106262 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | DOLLÉ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 septembre 2021, M. A C, représenté par Me Dollé, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1) d'annuler la décision du 7 juin 2021 par laquelle le département de la Moselle a rejeté son recours administratif préalable obligatoire, ensemble la décision de la caisse d'allocations familiales de la Moselle (CAF de la Moselle ci-après) en date du 10 mars 2021 rejetant sa demande de revenu de solidarité active (RSA ci-après) ;
2) d'enjoindre au département de la Moselle, à titre principal, de l'admettre au bénéfice du RSA à compter de sa demande, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai déterminé, au besoin sous astreinte ;
3) de mettre à la charge du département de la Moselle la somme de 1 500 euros sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit car la convention bilatérale entre la France et le Kosovo pose le principe d'égalité de traitement entre travailleurs français au Kosovo et travailleurs kosovars en France ; il est titulaire d'une carte de séjour lui donnant le droit de travailler et lui ouvrant ainsi droit au RSA.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 octobre 2021, le département de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. C n'est fondé.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 12 août 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention bilatérale de sécurité sociale conclue entre la France et la Yougoslavie le 5 janvier 1950 ;
- l'accord bilatéral des 4 et 5 février 2013 entre la France et le Kosovo ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Messe, magistrate désignée ;
- les observations de Me Dollé, avocat de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a demandé le bénéficie du RSA le 13 janvier 2021. Par une décision du 10 mars 2021, la CAF de la Moselle a refusé de lui octroyer ledit revenu au motif que lui et son épouse ne remplissaient pas l'ensemble des conditions posées par la législation en particulier le fait que l'intéressé doit être en mesure de justifier qu'il a résidé en France de manière continue au cours des cinq dernières années précédant sa demande. Par décision du 7 juin 2021, le président du département de la Moselle a rejeté son recours administratif préalable obligatoire. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cette décision.
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à l'allocation de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.
3. En premier lieu, le moyen tiré d'un défaut de motivation de la décision attaquée est inopérant et doit être rejeté.
4. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu déterminé par voie règlementaire, a droit au revenu de solidarité active. Aux termes de l'article L. 262-4 de ce même code : " Le bénéfice du revenu de solidarité active est subordonné au respect, par le bénéficiaire, des conditions suivantes : () 2° Etre français ou titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour autorisant à travailler. Cette condition n'est pas applicable : a) Aux réfugiés, aux bénéficiaires de la protection subsidiaire, aux apatrides et aux étrangers titulaires de la carte de résident ou d'un titre de séjour prévu par les traités et accords internationaux et conférant des droits équivalents ;/ b) Aux personnes ayant droit à la majoration prévue à l'article L. 262-9, qui doivent remplir les conditions de régularité du séjour mentionnées à l'article L. 512-2 du code de la sécurité sociale ;/ () ".
5. D'autre part, la Convention générale sur la sécurité sociale conclue le 5 janvier 1950 entre la France et la Yougoslavie, publiée par le décret n° 51-457 du 19 avril 1951, a été rendue applicable dans les relations entre la France et le Kosovo par l'accord sous forme d'échange de lettres des 4 et 6 février 2013 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République du Kosovo relatif à la succession en matière de traités bilatéraux conclus entre la France et l'Union de Serbie-et-Monténégro, publié par le décret n° 2013-349 du 24 avril 2013.
6. Le RSA étant une prestation sociale et non de sécurité sociale, il n'entre pas dans le champ d'application de ladite convention.
7. Par ailleurs, il n'est pas contesté que M. C ne justifie pas d'une présence continue de cinq années sur le territoire sous couvert d'un titre de séjour l'autorisant à travailler mais uniquement à compter du 8 décembre 2020.
8. Par suite, le département de la Moselle était fondé à refuser à M. C le bénéfice du RSA.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et par conséquent celles aux fins d'injonction et celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Dollé, et au département de la Moselle. Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Moselle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 septembre 2022.
La magistrate désignée,
M.L. B La greffière,
C. ADE
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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01/06/2026