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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2106496

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2106496

mercredi 7 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2106496
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationJuge Unique
Avocat requérantSCHAUBER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 septembre 2021, Mme C B, représentée par Me Schauber, demande au tribunal :

1) d'annuler la décision du 24 août 2021 par laquelle le département de la Moselle a rejeté implicitement sa réclamation préalable ;

2) d'annuler la décision individuelle du 6 janvier 2021 par laquelle le département de la Moselle a prononcé à son encontre une réduction de 80 % du montant de son revenu de solidarité active (RSA ci-après) pour le mois de janvier 2021 et la suspension du versement du RSA pour une durée de quatre mois ;

3) d'annuler les décisions individuelles des 12 et 25 mai 2021 par lesquelles le département a pris en compte comme " revenus " des " libéralités " ;

4) d'ordonner au département de la Moselle de procéder à un nouveau calcul du RSA depuis novembre 2020 et lui verser les sommes dues.

Mme B soutient que :

- la décision du 6 janvier 2021 n'est pas motivée en méconnaissance de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision du 12 mai 2021 n'est pas motivée et pas davantage celle de la caisse d'allocations familiales de la Moselle (CAF de la Moselle ci-après) du 25 mai 2021 ;

- les sommes reçues ne sont pas des libéralités ni des revenus et ne devraient pas être prises en compte pour déterminer le RSA mais elles sont des remboursements de créances, des avances faites par son fils ou faites à des membres de son entourage ou de dettes ;

- la décision du 6 janvier 2021 a été prise sans qu'elle puisse présenter ses observations ;

- le département de la Moselle n'a jamais produit la preuve de l'envoi effectif de documents de contrôle à son adresse.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 décembre 2021, le département de la Moselle conclut à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, et, à titre subsidiaire, à son rejet.

Il fait valoir que :

- la décision du 6 janvier 2021 a été contestée le 26 février 2021 et une décision de rejet est intervenue le 19 mars 2021 qui n'a pas été contestée ;

- les conclusions dirigées contre cette décision sont irrecevables ;

- la contestation du bien-fondé de l'indu notifié le 25 mai 2021 est devenue sans objet dès lors qu'une remise totale de dette a été effectuée par courrier du 18 août 2021 de la CAF de la Moselle ;

- subsidiairement, les manquements résultent de ce que l'intéressée a repris son nom de jeune fille et que les courriers lui ont été adressés à son nom d'épouse et qu'elle ne l'a pas déclaré à la CAF de la Moselle avant le 2 mars 2021 ; les décisions des 6 janvier et 19 mars 2021 sont fondées ;

- les décisions du 25 mai et du 24 août 2021 prennent en compte les libéralités perçues par l'intéressée qui doivent être prises en compte pour le calcul du RSA ;

- le montant s'élève à 2 430 euros pour 2020-2021 ;

- l'absence de déclaration constitue de fausses déclarations ;

- elle a bénéficié d'une remise de trop perçu de 386,67 euros le 25 mai 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a fait l'objet d'un contrôle le 5 octobre 2020 et tous les courriers adressés dans le cadre de cette opération ont été retournés à la CAF de la Moselle, l'intéressée ayant repris son nom de jeune fille sans le mentionner à la CAF de la Moselle avant le 2 mars 2021. Cette opération a donné lieu à une décision le 6 janvier 2021 par laquelle le département de la Moselle a prononcé à son encontre une réduction de 80 % du montant de son RSA pendant un mois et la suspension du versement du RSA pour une durée de quatre mois. Un recours préalable a été formé le 26 février 2021 et a été rejeté le 19 mars 2021. Un second contrôle est intervenu le 25 mars 2021 qui a donné lieu à une décision d'indu d'un montant de 386,67 euros notifié le 25 mai 2021. La CAF de la Moselle a remis cette dette le 18 août 2021 et le département a rejeté le recours préalable le 24 août. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler les décisions du 6 janvier 2021, des 12 et 25 mai 2021 ainsi que du 24 août 2021.

Sur la fin de non recevoir opposée en défense sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 6 janvier 2021 :

2. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental (). ".

3. Par recours du 26 février 2021, Mme B a formé recours à l'encontre de la décision du 6 janvier 2021 qui a été rejeté par une décision du 19 mars 2021 qui à défaut d'avoir été contestée dans le délai de recours contentieux est devenue définitive. Par suite, la décision du 19 mars 2021 s'est substituée à celle du 6 janvier 2021. Il s'ensuit que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 6 janvier 2021 sont irrecevables. A supposer qu'elles puissent être regardées comme dirigées contre la décision du 19 mars 2021, elles ont été présentées au-delà du délai de recours contentieux de deux mois. Par suite, elles sont également irrecevables et doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions des 12 et 25 mai 2021 :

4. Mme B demande l'annulation de ces décisions. Or celle du 12 mai 2021 est le rapport de contrôle de l'agent de la CAF de la Moselle et n'est pas en tant que tel une décision attaquable.

5. Par ailleurs, la décision du 25 mai 2021 notifiant un indu de 386,67 euros a fait l'objet d'une réclamation préalable et la décision du 24 août 2021 lui est dès lors substituée.

6. Par suite, les conclusions dirigées contre les décisions des 12 et 25 mai 2021 sont irrecevables et doivent être rejetées.

Sur les conclusions dirigées contre la décision du 24 août 2021 :

7. Par la décision du 24 août 2021, le département de la Moselle a considéré que le recours préalable formé le 8 juillet 2021 était devenu sans objet au motif que la CAF de la Moselle avait remis la dette d'un montant de 386,67 euros par décision du 18 aot 2021.

8. Si la requérante soutient qu'un indu a été calculé et que des montants lui ont été déduits, il ressort des pièces du dossier que ces sommes se rapportent aux conséquences du premier contrôle du 5 octobre 2020 et non à celui du 25 mars 2021 qui, s'il a généré un indu de 386,67 euros, cette somme a été totalement remise le 18 aouût 2021. Par suite, le département de la Moselle pouvait à bon droit rejeter son recours au motif qu'il n'avait plus d'objet.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation de la requête de Mme B doivent être rejetées et par voie de conséquence celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au département de la Moselle. Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Moselle.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 septembre 2022.

La magistrate désignée,

M.L. A La greffière,

C. ADE

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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