lundi 3 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2107457 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | HADDAD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 1er novembre 2021 et 26 mars 2022, M. A F et Mme C F, représentés par Me Haddad, demandent au tribunal :
1°)de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, ainsi que des majorations correspondantes, auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2018 ;
2°)de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. et Mme F soutiennent que :
- l'administration aurait dû mettre la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) B Investissements en demeure de désigner les bénéficiaires des distributions en application de l'article 117 du code général des impôts ;
- la proposition de rectification n'est pas suffisamment motivée ;
- l'administration n'établit pas que les sommes en litige constituent des revenus distribués ;
- ils justifient de l'origine des sommes que l'administration a regardées comme des distributions occultes ;
- la somme de 8 000 euros correspond au remboursement d'avances en espèces consenties à M. B ;
- les trois chèques d'un montant total de 17 000 euros constituent le remboursement d'avances à la SASU B Investissements ;
- les quatre chèques d'un montant total de 20 000 euros représentent un acompte sur une vente immobilière qui n'a pas abouti ;
- les trois chèques d'un montant total de 12 000 euros correspondent à une avance sur commission pour la vente d'un restaurant qui n'a pas abouti.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2022, la directrice régionale des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
La directrice régionale des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin soutient que les moyens soulevés par M. et Mme F ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E D,
- et les conclusions de M. Laurent Guth, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Au cours de la vérification de comptabilité de la SASU B Investissements, dont M. B est le président et l'actionnaire unique, l'administration a constaté que M. F avait encaissé entre le 3 avril et le 25 juillet 2018 onze chèques émis par cette société pour un montant total de 57 000 euros. Le service a regardé cette somme comme une distribution occulte imposable entre les mains de M. et Mme F en application des dispositions du c) de l'article 111 du code général des impôts. Les requérants ont, en conséquence, été assujettis au titre de l'année 2018 à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux s'élevant, en droits et pénalités, à la somme totale de 20 549 euros, dont ils demandent la décharge.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation ".
3. Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler ses observations de façon utile. En revanche, sa régularité ne dépend pas du bien-fondé de ces motifs.
4. Il résulte de l'examen de la proposition de rectification du 27 août 2019 que ce document, qui s'étend sur dix pages, indique les impositions et l'année concernée, rappelle les dispositions du c) de l'article 111 du code général des impôts et expose les raisons pour lesquelles le service a estimé que M. F avait bénéficié d'une distribution occulte résultant de l'émission à son profit de chèques sans justification. Si la proposition de rectification notifiée à la SASU B Investissements n'était pas jointe à la proposition de rectification notifiée à M. et Mme F, celle-ci cite, en tout état de cause, des extraits pertinents de la proposition de rectification adressée à la société. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la proposition de rectification ne peut qu'être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article 117 du code général des impôts : " Au cas où la masse des revenus distribués excède le montant total des distributions tel qu'il résulte des déclarations de la personne morale visées à l'article 116, celle-ci est invitée à fournir à l'administration, dans un délai de trente jours, toutes indications complémentaires sur les bénéficiaires de l'excédent de distribution. En cas de refus ou à défaut de réponse dans ce délai, les sommes correspondantes donnent lieu à l'application de la pénalité prévue à l'article 1759 ".
6. Il résulte de ces dispositions que, si l'administration s'abstient d'inviter une personne morale à lui faire parvenir des indications sur les bénéficiaires d'un excédent de distribution qu'elle a constaté, cette abstention a seulement pour effet de la priver de la possibilité d'assujettir cette personne morale à l'impôt sur le revenu à raison des sommes correspondantes, mais est sans influence sur la régularité de la procédure d'imposition suivie à l'égard des personnes physiques qui ont bénéficié de la distribution et que l'administration, compte tenu des renseignements dont elle dispose, est en mesure d'identifier.
7. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne peuvent utilement soutenir que la procédure d'imposition suivie à leur égard était irrégulière, faute pour l'administration fiscale d'avoir interrogé la SASU B Investissements, conformément aux dispositions de l'article 117 du code général des impôts, sur l'identité des bénéficiaires de l'excédent de distribution. Au demeurant, l'administration fait valoir qu'elle n'avait pas besoin de recourir à la procédure de l'article 117 dès lors qu'il était manifeste que M. F était le bénéficiaire des distributions, les chèques en cause ayant été émis à son ordre et les sommes correspondantes, que les requérants ne contestent d'ailleurs pas avoir appréhendées, ayant été encaissées sur son compte bancaire. Dans ces conditions et compte tenu des éléments dont disposait l'administration, elle n'a entaché la procédure d'imposition d'aucune irrégularité en s'abstenant de recourir à la procédure de l'article 117 du code général des impôts.
Sur le bien-fondé des impositions en litige :
8. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () c. Les rémunérations et avantages occultes () ".
9. L'administration a regardé comme une distribution occulte le versement d'une somme totale de 57 000 euros par onze chèques émis par la SASU B Investissements à l'ordre de M. F et encaissés sur le compte bancaire des requérants entre le 3 avril et le 25 juillet 2018.
10. En premier lieu, si l'article 110 du code général des impôts dispose que, pour l'application des dispositions du 1° du 1 de l'article 109, les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus dans les bases de l'impôt sur les sociétés, cette disposition ne saurait empêcher que l'administration puisse, sur le fondement des dispositions du c) de l'article 111, regarder comme des bénéfices distribués, pour l'assiette de l'impôt applicable à ceux qui en ont bénéficié, les avantages occultes qui leur ont été consentis par la société, même si lesdits avantages ont en fait échappé à l'impôt sur les sociétés. Par suite, si les requérants font valoir que la vérification de comptabilité de la SASU B Investissements s'est limitée aux résultats déclarés au titre des exercices clos en 2016 et 2017, le contrôle n'ayant été étendu à la période du 1er janvier au 30 décembre 2018 qu'en ce qui concerne les déclarations de chiffre d'affaires, cette circonstance ne faisait pas obstacle à ce que les avantages occultes révélés par ce contrôle soient imposés entre les mains de M. et Mme F alors même qu'aucun rehaussement du résultat de la société ne serait intervenu au titre de l'année 2018.
11. En second lieu, si les requérants soutiennent qu'ils justifient de l'origine des sommes que l'administration a regardées comme des distributions occultes, leurs explications, qui sont dépourvues de vraisemblance, ne sont appuyées d'aucun commencement de preuve, les attestations établies pour les besoins de la cause par M. B ne pouvant se voir accorder aucune valeur probante. Par ailleurs, les libellés des extraits bancaires, qui sont cryptiques ou qui reprennent les indications données par le client, ne peuvent justifier de la nature des opérations dont les paiements qu'ils enregistrent sont la cause. Ainsi, c'est à bon droit que l'administration a estimé que les versements en litige, qui n'étaient pas justifiés, constituaient des revenus distribués imposables sur le fondement des dispositions du c) de l'article 111 du code général des impôts.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme F ne sont pas fondés à demander la décharge des impositions et pénalités restant en litige. Par voie de conséquence, ils ne peuvent prétendre au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. et Mme F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A F, à Mme C F et au directeur régional des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Julien Iggert, président,
M. Christophe Michel, premier conseiller,
M. Mohammed Bouzar, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 3 octobre 2022.
Le rapporteur,
C. D
Le président,
J. IGGERT
Le greffier,
S. PILLET
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Strasbourg, le
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026