LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2107724

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2107724

lundi 3 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2107724
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre
Avocat requérantAARPI BAUER & BERNA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 novembre 2021 et 22 juillet 2022, M. B C, représenté par Me Lambert, demande au tribunal :

1°)de prononcer la décharge, en droits et pénalités, de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2015 ainsi que des cotisations supplémentaires de prélèvements sociaux qui lui ont été assignées au titre des années 2014, 2015 et 2016 ;

2°)de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. C soutient que :

- la proposition de rectification n'est pas suffisamment motivée ;

- l'administration ne lui a pas indiqué l'origine et la teneur des informations obtenues par l'exercice du droit de communication en méconnaissance de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales, de la doctrine référencée BOI-CF-PGR-30-10 n° 210 et des droits de la défense ;

- c'est à tort que l'administration a estimé qu'il avait exercé une activité commerciale au sens de l'article 34 du code général des impôts et de l'article L. 110-1 du code de commerce ;

- l'administration a ainsi méconnu sa doctrine référencée BOI-BIC-CHAMP-10-10 n° 10.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 31 mai et 28 juillet 2022, la directrice régionale des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin conclut au non-lieu à statuer à hauteur du dégrèvement accordé et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

La directrice régionale des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin fait valoir, d'une part, qu'elle a prononcé un dégrèvement de 11 158 euros correspondant à l'abandon de la totalité des prélèvements sociaux mis à la charge de M. C et soutient, d'autre part, que les autres moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de commerce ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D A,

- et les conclusions de M. Laurent Guth, rapporteur public.

1. A la suite d'un contrôle sur pièces, l'administration s'est convaincue que M. C avait exercé à titre habituel et de façon occulte, au cours des années 2014, 2015 et 2016, une activité de vente de métaux. Après avoir évalué d'office les bénéfices industriels et commerciaux de M. C, le service a mis à sa charge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2015 et de prélèvements sociaux au titre des années 2014, 2015 et 2016 s'élevant, en droits et pénalités, aux sommes respectives de 3 238 euros et 11 158 euros, dont il demande la décharge.

Sur l'étendue du litige :

2. Par une décision du 25 juillet 2022, postérieure à l'introduction de la requête, la directrice régionale des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin a prononcé le dégrèvement de la totalité des cotisations supplémentaires de prélèvements sociaux mises à la charge de M. C, d'un montant de 11 158 euros. Par suite, les conclusions de la requête de M. C sont, dans cette mesure, devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

Sur le surplus des conclusions de la requête :

En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales : " Les bases ou éléments servant au calcul des impositions d'office et leurs modalités de détermination sont portées à la connaissance du contribuable trente jours au moins avant la mise en recouvrement des impositions () ".

4. Il résulte de l'examen de la proposition de rectification du 25 mai 2021 notifiée à M. C que ce document précise les bases ou éléments servant au calcul des impositions d'office et leurs modalités de détermination. Contrairement à ce que soutient le requérant, l'administration n'était pas tenue, pour l'application des dispositions précitées de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales, l'imposition en litige ayant été établie d'office, d'exposer les raisons qui l'ont conduit à estimer que l'activité du contribuable devait être regardée comme commerciale au sens de l'article L. 110-1 du code de commerce et entrait ainsi dans le champ de l'article 34 du code général des impôts. Il s'ensuit que les indications portées à la connaissance de M. C étaient suffisamment claires, précises et circonstanciées pour lui permettre de comprendre les motifs du redressement et d'en discuter utilement le bien-fondé. Le moyen, à supposer qu'il soit soulevé par M. C, tiré de l'insuffisante motivation de la proposition de rectification ne peut, dès lors, qu'être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande ". S'il incombe à l'administration, quelle que soit la procédure de redressement mise en œuvre, d'informer le contribuable dont elle envisage soit de rehausser, soit d'arrêter d'office les bases d'imposition, de l'origine et de la teneur des renseignements recueillis auprès de tiers afin que l'intéressé soit mis à même de demander, avant la mise en recouvrement des impositions, que les documents qui contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition, elle n'est tenue à cette obligation qu'en ce qui concerne ceux des renseignements qu'elle a effectivement utilisés pour procéder aux redressements.

6. Le service a mentionné, dans la proposition de rectification du 25 mai 2021, que les sociétés Wittmann et Auto Florange lui avaient indiqué que M. C leur avait vendu des métaux ferreux et non ferreux pour des montants respectifs de 11 586 euros et 7 558 euros au cours de l'année 2015. Le requérant était ainsi informé de la teneur et de l'origine des renseignements obtenus par l'administration et effectivement utilisés pour établir le redressement restant en litige. Il est constant que M. C n'en a pas demandé la communication au service. Aucune disposition législative ou réglementaire ni aucun principe ne fait obligation à l'administration de les transmettre spontanément au contribuable. Il s'ensuit que M. C n'est pas fondé à soutenir que l'administration a méconnu l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales ou, en tout état de cause, les droits de la défense.

7. En dernier lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, de la doctrine administrative référencée BOI-CF-PGR-30-10 n° 210, qui étant relative à la procédure d'imposition, ne comporte aucune interprétation de la loi fiscale opposable à l'administration.

En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition litigieuse :

8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 73 du livre des procédures fiscales : " Peuvent être évalués d'office : 1° Le bénéfice imposable des contribuables qui perçoivent des revenus provenant d'entreprises industrielles, commerciales ou artisanales, ou des revenus d'exploitations agricoles imposables selon un régime de bénéfice réel, lorsque la déclaration annuelle prévue à l'article 53 A du code général des impôts n'a pas été déposée dans le délai légal () / Les dispositions de l'article L. 68 sont applicables dans les cas d'évaluation d'office prévus aux 1° et 2° ". Aux termes de l'article L. 68 du même livre : " La procédure de taxation d'office () n'est applicable que si le contribuable n'a pas régularisé sa situation dans les trente jours de la notification d'une mise en demeure. / Toutefois, il n'y a pas lieu de procéder à cette mise en demeure : () 3° Si le contribuable s'est livré à une activité occulte, au sens du deuxième alinéa de l'article L. 169 () ". L'article L. 169 dudit livre dispose que : " L'activité occulte est réputée exercée lorsque le contribuable () n'a pas déposé dans le délai légal les déclarations qu'il était tenu de souscrire et soit n'a pas fait connaître son activité à un centre de formalités des entreprises ou au greffe du tribunal de commerce ". Enfin, aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ".

9. Les bénéfices industriels et commerciaux de M. C au titre de l'année 2015 ont été évalués d'office, en application des dispositions combinées du 1° de l'article L. 73 du livre des procédures fiscales et du 3° de l'article L. 68 du même livre pour exercice d'une activité occulte. Dès lors, le requérant supporte, en vertu des dispositions précitées de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales, la charge de la preuve de l'exagération de l'imposition à laquelle il a été assujetti.

10. En deuxième lieu, aux termes de l'article 34 du code général des impôts : " Sont considérés comme bénéfices industriels et commerciaux, pour l'application de l'impôt sur le revenu, les bénéfices réalisés par des personnes physiques et provenant de l'exercice d'une profession commerciale, industrielle ou artisanale () ". L'accomplissement à titre professionnel d'actes réputés " de commerce " par la loi commerciale est une activité commerciale au sens de l'article 34 précité. L'article L. 110-1 du code de commerce répute acte de commerce : " 1° Tout achat de biens meubles pour les revendre, soit en nature, soit après les avoir travaillés et mis en œuvre () ". Ainsi, les résultats provenant de telles opérations sont imposables dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux lorsque celles-ci sont réalisées à titre professionnel.

11. Il n'est pas sérieusement contesté par le contribuable qu'il a vendu au cours de l'année 2015 des métaux ferreux et non ferreux aux sociétés Wittmann et Auto Florange pour des montants significatifs, s'élevant aux sommes respectives de 11 586 euros et 7 558 euros. Il résulte des énonciations de la proposition de rectification du 25 mai 2021, qu'il avait exercé la même activité commerciale en 2014, en réalisant un chiffre d'affaires total de 10 901 euros, et qu'il l'a poursuivie en 2016, avec la seule société Wittmann, les ventes au titre de cette dernière année s'élevant à 10 882 euros. Si le requérant fait valoir qu'il ne reconnaît pas s'être livré à une activité commerciale, il n'appuie cette allégation d'aucune précision, notamment sur la provenance des métaux qu'il a vendus, ni d'aucun commencement de preuve. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration a estimé qu'il s'était livré à une activité commerciale et a soumis à l'impôt sur le revenu les bénéfices ainsi réalisés.

12. En dernier lieu, M. C n'est pas fondé à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, de la doctrine administrative référencée BOI-BIC-CHAMP-10-10 n° 10, qui ne comporte pas une interprétation de la loi fiscale différente de celle dont il a été fait application dans le présent jugement.

13. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander la décharge de l'imposition restant en litige. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme qu'il demande sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. C à concurrence du dégrèvement de 11 158 (onze mille cent cinquante-huit) euros prononcé par le directeur régional des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au directeur régional des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin.

Délibéré après l'audience du 19 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Julien Iggert, président,

M. Christophe Michel, premier conseiller,

M. Mohammed Bouzar, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 3 octobre 2022.

Le rapporteur,

C. A

Le président,

J. IGGERT

Le greffier,

S. PILLET

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Strasbourg, le

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions