vendredi 25 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2107955 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | LECOQ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 novembre 2021, M. C A représenté par Me Lecoq, demande au tribunal :
1) d'annuler la décision du 1er septembre 2021 par laquelle la collectivité européenne d'Alsace a rejeté son recours administratif préalable relatif à un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 2 648,37 euros pour la période du 1er juin au 31 août 2020 ;
2) de condamner la collectivité européenne d'Alsace à lui verser la somme de 552,65 euros au titre du remboursement des retenues opérées relatives au revenu de solidarité active ;
3) de mettre à la charge de la collectivité européenne d'Alsace la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. A soutient que :
- il ignore le montant exact de l'indu, la décision du 18 février 2021 ne comporte pas la période sur laquelle porterait le trop-perçu et il ne connaît pas le motif du redressement ;
- la réalité et l'exactitude du montant de l'indu ne sont pas justifiées ;
- des retenues ont été opérées à tort dès février alors que la dette n'était pas encore notifiée et que le recours a un caractère suspensif ; les retenues sont donc irrégulières.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 janvier 2022, la collectivité européenne d'Alsace conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, l'irrecevabilité pour forclusion car la requête doit être regardée comme dirigée contre la décision explicite du 1er septembre 2021 et non contre une décision implicite suite au recours exercé le 12 avril 2021 ; la requête enregistrée le 19 novembre 2021 est tardive ;
- elle est incompétente pour répondre à la contestation formulée à l'égard de l'indu de prime d'activité et d'APL ;
- subsidiairement, les prélèvements ont été opérés en septembre et octobre 2021, postérieurement à la décision de rejet du 1er septembre 2021 et avant le recours du 19 novembre 2021 ;
- l'indu de revenu de solidarité active résulte des salaires perçus par M. A et non déclarés pour la période de mars à août 2020 ayant entraîné la suppression de la neutralisation des salaires pour la période de juin à août 2020 ; l'enregistrement du titre de séjour de Mme A a été sans effet sur cet indu.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 12 août 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B en application de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est bénéficiaire du revenu de solidarité active depuis le 1er décembre 2014. Suite à un contrôle effectué le 1er février 2021, le dossier de l'intéressé a été révisé pour tenir compte des salaires perçus pour de l'année 2020 (mars à mai et juin à août), déduction faite des indemnités de repas, entrainant une dette d'un montant de 2 266,45 euros au titre d'indus de prime d'activité, d'aide personnalisée au logement et de revenu de solidarité active. M. A a formé un recours administratif le 1er mars 2021. Par courrier du 12 avril 2021, il a contesté la même dette devant la Collectivité européenne d'Alsace. Par une décision du 25 mai 2021, la CAF a rejeté sa contestation relative à la prime d'activité et à l'APL. Par décision du 1er septembre 2021, le président de la Collectivité européenne d'Alsace a rejeté son recours relatif au revenu de solidarité active. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler la décision implicite qui serait née de son recours formé devant la Collectivité européenne d'Alsace et relative au revenu de solidarité active.
Sur l'étendue du litige :
2. M. A fait valoir qu'une décision implicite serait née du silence gardé par la Collectivité européenne d'Alsace sur sa réclamation préalable formée le 12 avril 2021. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la Collectivité a pris une décision explicite le 1er septembre 2021. Par suite, la requête doit être regardée comme dirigée à l'encontre de cette décision et se limite donc à l'indu de revenu de solidarité active.
Sur la fin de non recevoir opposée en défense sur les conclusions relatives à l'indu de revenu de solidarité active (INK 012) :
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans le délai de deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. "
4. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de l'action introduite devant un tribunal administratif, d'établir que l'intéressé a régulièrement reçu notification de la décision. Cette preuve peut résulter des mentions précises, claires et concordantes portées sur l'enveloppe ou l'accusé de réception relativement à la première présentation du pli et sa délivrance, par le préposé du service postal, en échange de la signature de son destinataire ou de son mandataire.
5. Contrairement à ce que fait valoir la Collectivité européenne d'Alsace, la lettre du 1er septembre n'ayant pas été notifiée en recommandé avec accusé de réception, le point de départ du délai de recours ne peut être établie. Par suite, le recours de M. A est recevable et la fin de non-recevoir de la Collectivité européenne d'Alsace ne saurait être accueillie.
Sur les conclusions en annulation :
6. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer () ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".
7. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active ou de prime d'activité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
8. Il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active " socle " (INK 012) mis à la charge de M. A trouve son origine dans la non déclaration des salaires perçus de mars à août 2020 auprès de la CAF du Haut-Rhin, ainsi que dans la fin de la neutralisation pour la période de juin à août 2020. Si M. A soutient que la collectivité européenne d'Alsace ne justifie ni de la réalité, ni de l'exactitude de l'indu, il résulte de l'instruction que la décision de la CAF du 25 mai 2021 distingue les indus de l'intéressé soit d'un montant de 2 648,37 euros de revenu de solidarité active pour la période du 1er juin 2020 au 31 août 2020 et un rappel de revenu de solidarité active pour la période du 1er septembre 2020 au 31 janvier 2021 pour un montant de 477,87 euros, d'où il résulte un montant d'indu de revenu de solidarité active, après compensation, de 2 170,50 euros. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient l'intéressé, le rappel est sans lien avec le renouvellement du titre de séjour de son épouse. En outre, l'intéressé ne conteste pas ne pas avoir déclaré l'intégralité des ressources qu'il a perçu auprès de la CAF du Haut-Rhin.
9. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que la Collectivité européenne d'Alsace a mis à sa charge un indu net de 2 170,50 euros de revenu de solidarité active. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la collectivité européenne d'Alsace. Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Haut-Rhin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 novembre 2022.
La magistrate désignée,
M-L. B
La greffière,
C. ADE
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026