mardi 12 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2108086 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5e chambre |
| Avocat requérant | SELARL COSSALTER, DE ZOLT & COURONNE |
Vu la procédure suivante :
Par un arrêt du 25 novembre 2021, la cour administrative d'appel de Nancy, saisie d'un appel présenté par la SAS Almerys, a annulé l'ordonnance du tribunal du 24 septembre 2018 et a renvoyé l'affaire au tribunal pour qu'il soit statué sur la requérante de la SAS Almerys.
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 11 juillet 2021, 13 juin 2022 et 4 juillet 2024, la SAS Almerys, représentée par la SCP Teillot et associés, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'opposition à tiers détenteur n°OTDSV/2-2014/ALMERYS du 20 mars 2014 émise par le comptable de la trésorerie des établissements hospitaliers de Metz-Thionville pour la somme de 49 677,46 euros ramenée à la somme de 28 315,66 euros ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le centre hospitalier régional de Metz-Thionville, le centre hospitalier de Jury et le directeur départemental des finances publiques de la Moselle ont rejeté le recours gracieux formé contre cette opposition à tiers détenteur ;
3°) d'enjoindre au centre hospitalier régional de Metz-Thionville, au centre hospitalier de Jury et au directeur départemental des finances publiques de la Moselle de lui restituer la somme de 28 315,66 euros ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier régional de Metz-Thionville, du centre hospitalier de Jury et de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que c'est à tort que les défendeurs ont refusé de la décharger de l'obligation de payer la somme en litige dès lors que la somme qui lui est réclamée n'est pas due dès lors que soit les sommes ont déjà été payées, soit les patients à l'origine des créances ne bénéficient pas du tiers payant Almerys, soit le bénéficiaire des soins n'était pas couvert par un contrat d'assurance complémentaire bénéficiant de services de tiers-payant Almerys pour les prestations concernées, soit le bénéficiaire des soins n'était pas couvert par un contrat d'assurance complémentaire bénéficiant des services de tiers-payant Almerys aux dates des prestations indiquées, soit la facture n'était pas conforme à la prise en charge, soit le contrat d'assurance du bénéficiaire des soins ne prévoyait pas le remboursement des prestations facturées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 janvier 2022, le directeur des finances publiques de Moselle conclut à sa mise hors de cause.
Il fait valoir que dès lors que la contestation est relative au bien-fondé des titres exécutoires en litige, elle oppose nécessairement la requérante aux ordonnateurs de la trésorerie, les oppositions à tiers détenteur ne pouvant être annulées que suite à l'annulation de ces titres.
Des pièces, présentées par le centre hospitalier de Jury, ont été enregistrées le 8 août 2024 et ont été communiquées.
Par une lettre du 26 septembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître d'un litige au recouvrement d'une créance non fiscale d'un établissement public de santé, eu égard à la l'article L. 281-1 du livre de procédure fiscale résultant de la loi n° 2017-1775 du 28 décembre 2017.
Par un mémoire enregistré le 27 septembre 2024, le centre hospitalier régional de Metz-Thionville, représenté par la SELARL Cossalter, de Zolt et Couronne, en réponse au moyen relevé d'office, conclut au rejet de la requête présentée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître et à ce que soit mise à la charge de la société Almerys la somme de 3 000 euros en application de l'article l. 761-1 du code de justice administrative.
Un mémoire, présenté pour la société Almerys, a été enregistré le 30 septembre 2024, et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le livre des procédures fiscales ;
- la loi du 28 décembre 2017 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M Carrier,
- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique,
- et les observations de Me Maamouri, substituant Me Etienne et représentant le CHR de Metz-Thionville.
Considérant ce qui suit :
1. La société Almerys assure le bénéfice du tiers payant pour la part des dépenses non couvertes par le régime obligatoire de sécurité sociale pour le compte d'organismes d'assurance maladie complémentaire. La trésorerie de Metz-Thionville a émis à son encontre, le 25 mars 2014, une opposition à tiers détenteur pour avoir paiement de la somme de 49 677,46 euros, ensuite ramenée à la somme de 28 315,66 euros. Par sa requête, la société Almerys demande l'annulation de cette opposition à tiers détenteur.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'opposition à tiers détenteur :
2. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa version applicable en l'espèce : " 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. Toutefois, l'introduction devant une juridiction de l'instance ayant pour objet de contester le bien-fondé d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local suspend la force exécutoire du titre. L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. La revendication par une tierce personne d'objets saisis s'effectue selon les modalités prévues à l'article L. 283 du même livre. (). ".
3. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction résultant de la loi du 28 décembre 2017 d'application immédiate s'agissant d'une loi de compétence : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / [] / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / [] / c) Pour les créances non fiscales () des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution. ".
4. Il résulte de ces dispositions que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des établissements publics de santé relève de la compétence du juge de l'exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances relève de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond.
5. Il s'ensuit que les conclusions de la requête de la société Almerys tendant à l'annulation de l'opposition à tiers détenteur émise par le comptable de la trésorerie des établissements hospitaliers de Metz-Thionville, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions tendant à la restitution de la somme réclamée, relèvent du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des établissements publics de santé dont le juge de l'exécution est le seul compétent pour en connaître. Il y a lieu, dès lors, de rejeter ces conclusions comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le centre hospitalier régional de Metz-Thionville, le centre hospitalier de Jury et l'Etat, qui n'ont pas la qualité de partie perdante, versent à la société Almerys la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du centre hospitalier régional de Metz-Thionville présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête de la SAS Almerys sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la société Almerys est rejeté.
Article 3 : Les conclusions du centre hospitalier régional de Metz-Thionville présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Almerys, au centre hospitalier régional de Metz-Thionville, au centre hospitalier de Jury et au directeur départemental des finances publiques de la Moselle.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Carrier, président,
Mme Bronnenkant, première conseillère,
Mme Klipfel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 novembre 2024.
Le président-rapporteur,
C. CARRIER
L'assesseure la plus ancienne,
H. BRONNENKANT
La greffière,
S. MICHON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2108086
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026