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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2108216

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2108216

jeudi 18 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2108216
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSELARL ANTOINE ALONSO GARCIA AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 novembre 2021, la société CEGELEC Alsace, représentée par la SELAS MetA, demande au tribunal :

1) de condamner solidairement, sinon conjointement, le groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace et les sociétés M. B C, SARL Athys, EDEIS, IMMAE et Scène Acoustique, à lui verser une somme de 653 602,90 euros HT au titre du préjudice subi dans l'exécution des travaux du lot 3.1, ainsi qu'une somme de 159 654,49 euros HT au titre du préjudice subi dans l'exécution des travaux du lot n°3.2 ;

2) d'assortir ces montants des intérêts au taux moratoire, à défaut, au taux légal à compter de la réception des mémoires en réclamation, et d'accorder la capitalisation ;

3) de fixer les soldes des décomptes généraux des lots 3.1 et 3.2, respectivement, à 756 073,59 euros TTC et 246 701,79 euros TTC ;

4) de mettre à la charge du groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace le versement d'une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

La société CEGELEC Alsace soutient que :

- le chantier a subi 21 mois de retard en raison des manquements de la maîtrise d'ouvrage et de la maîtrise d'œuvre ; ces manquements ont été reconnus lors des opérations d'expertise ;

- le maître d'ouvrage engage dès lors sa responsabilité contractuelle, le maître d'œuvre étant responsable sur une fondement quasi-délictuel ;

- le préjudice a été chiffré dans son mémoire en réclamation ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 janvier 2022, le groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace, représenté par la SELARL LVI Avocat Associés, demande au tribunal :

1) à titre liminaire, de surseoir à statuer ;

2) à titre principal, de rejeter la requête ;

3) à titre subsidiaire, de condamner les sociétés EDEIS et son assureur SMA SA, Gherardi et son assureur ALLIANZ, Les Peintures Réunies, SOCEM et son assureur la société Alpha Insurance, SOMAH, Durante, Multisols, Mader et son assureur la compagnie MMA, la société Muller Rost et son assureur la CAMBTP, Bureau Veritas Construction et son assureur QBE Insurance Europe Limited, M. B C et son assureur la mutuelle des architectes français, à le garantir pour toute condamnation pouvant être prononcée à son encontre ;

4) de mettre à la charge solidaire de la société CEGELEC Alsace ou de toute partie succombante le versement d'une somme de 10 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Il soutient que :

Sur la recevabilité :

- la société CEGELEC Alsace n'établit pas avoir transmis, tant au maître d'ouvrage qu'au maître d'œuvre, les mémoires en réclamations établis à la suite des décomptes généraux des lots 3.1 et 3.2 ;

- en conséquence, les décomptes généraux de ces deux lots sont devenus définitifs ;

Sur le bien-fondé :

- en toute hypothèse, les préjudices ne sont pas établis ;

Sur les appels en garantie :

- il est fondé à appeler en garantie les constructeurs responsables des retards ;

Par un mémoire enregistré le 21 janvier 2022, M. B C et la SARL Athys représentés par Me Broglin, demandent au tribunal :

1) de rejeter la requête ainsi que l'appel en garantie formé à leur encontre par le groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace ;

2) de mettre à la charge de la société CEGELEC Alsace les dépens de l'instance, ainsi qu'une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Ils soutiennent que :

- la société CEGELEC Alsace n'établit pas la faute qu'elle allègue sur un fondement quasi-délictuel ;

- elle n'est pas fondée à demander une condamnation solidaire avec le maître d'ouvrage ;

- les retards sont principalement imputables aux décisions de la maîtrise d'ouvrage ;

- les expertises de MM. Sorbier et Winling sont lacunaires et incomplètes ; la réclamation de CEGELEC Alsace n'a pas été sérieusement examinée ;

- la réalité du préjudice n'est pas démontrée ;

Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 janvier 2022 et 16 août 2023, la société EDEIS, représentée par la SELARL Antoine Alonso Garcia Avocat, demande au tribunal :

1) à titre principal, de rejeter la requête ainsi que les éventuels appels en garantie pouvant être formés à son encontre ;

2) de condamner le groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace et la société Gherardi à la garantir pour toute condamnation ;

3) de mettre à la charge de la société CEGELEC Alsace ou de toute autre partie succombante le versement d'une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Elle soutient que :

- la société requérante n'apporte aucune preuve des fautes alléguées ;

- le groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace est principalement responsable de l'allongement des délai de chantier ;

- CEGELEC Alsace ne peut demander la condamnation in solidum du maître d'ouvrage et du maître d'œuvre ;

- le préjudice n'est pas étayé ;

- elle est fondée à appeler en garantie le groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace et la société Gherardi, principaux responsables des retards ;

Par des mémoires en défenses, enregistrés les 27 mars 2023 et 21 juin 2023, la société Bureau Veritas Construction, la société QBE Insurance Europe Limited, et la société QBE Syndicate Syndicate 1886 des Lloyd's, représentées par la SELARL Cabinet Draghi-Alonso, demandent au tribunal :

1) à titre principal, de rejeter les appels en garantie formés par le groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace à l'encontre de la société QBE Insurance en tant que portés devant une juridiction incompétente ;

2) en toute hypothèse, de rejeter l'appel en garantie formé par le groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace à son encontre, de même que tout éventuel appel en garantie ;

3) à titre subsidiaire, en cas de condamnation, à condamner in solidum le groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace, la société Gherardi, M. B C, la société EDEIS, la société CEGELEC, la société SOCEM, la société SOMAH, la société DURANTE, la société MULTISOLS, la société Mader, la société Muller Rost, la société ATHYS, la société GEST'ENERGIE et la société Scène Acoustique à la garantir de toute condamnation ;

4) en cas de condamnation in solidum, de limiter leur part de responsabilité à la somme maximale de 6 974,41 euros ;

5) en tout état de cause, de mettre à la charge in solidum du groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace et de toute partie perdante une somme de 3 000 euros à verser à chacune d'entre elles au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens ;

Elles soutiennent que :

- la juridiction administrative est incompétente pour connaître des conclusions dirigées contre la société QBE Insurance Europe Limited ;

- c'est à tort que l'expert a imputé à la société Bureau Veritas certains travaux modificatifs et ordres de service ;

- le contrôleur technique n'est pas en charge de l'exécution des travaux et il n'impose aucune prescription ;

- la société Bureau Veritas est fondée, à titre subsidiaire, à appeler en garantie les entreprises responsables des retards ;

- aucune condamnation solidaire ne peut être prononcée à son encontre ;

- en toute hypothèse, sa part de responsabilité peut être évaluée à 0,36% du montant des dommages ;

Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 avril 2022 et 22 novembre 2023, la société Gherardi, représentée par Me Zimmer, demande au tribunal :

1) de rejeter l'appel en garantie formé par le groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace à son encontre ;

2) de mettre à la charge du groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace le versement d'une somme de 7 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Elle soutient que :

- le groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace n'articule aucun grief particulier à son encontre ;

- le groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace ne démontre pas en quoi le retard lui serait imputable ;

- tous les intervenants s'accordent à reconnaître la responsabilité du maître d'ouvrage dans l'allongement des délais ;

Par des mémoires en défense, enregistrés les 10 mars 2022 et 11 octobre 2023, la société SOMAH, représentée par Me Llorens, demande au tribunal :

1) de rejeter les appels en garantie formés à son encontre par le groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace et les sociétés Bureau Veritas, QBE Insurance Limited et QBE Syndicat 1886 des Lloyd's ;

2) de mettre à la charge du groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

3) de mettre à la charge in solidum des sociétés Bureau Veritas, QBE Insurance Limited et QBE Syndicat 1886 des Lloyd's une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Elle soutient que :

- aucune faute ne lui est imputable ;

- les retards ne lui sont pas imputables ;

- les appels en garanties formés à son encontre sont dès lors infondés ;

Par un mémoire en défense enregistré le 28 avril 2023, la compagnie ALLIANZ Iard, représentée par la SELARL Jacob-Sahli, demande au tribunal :

1) de se déclarer incompétent pour connaître de l'appel en garantie formé par le groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace à son encontre et de mettre à la charge à sa charge le versement d'une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

2) en cas de condamnation, de condamner solidairement ou in solidum, M. B C, la SARL ATHYS, la société IMAEE, la société Scène Acoustique, la MAF, la société EDEIS et son assureur SMA, la société SOCEM, la SELARL MJM Froehlich mandataires judiciaires de la SARL Durante, la SARL Multisols, la SA MADER, les compagnies MMA Iard et MMA Iard Assurances Mutuellles, la SA Muller Rost, la CAMBTP, la société Bureau Veritas Construction et son assureur QBE Insurance, et QBE Syndicate 1886 des Lloyd's, à la garantir de toute condamnation, et de mettre à leur charge solidaire ou in solidum une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Elle soutient que :

- les conclusions formées à son encontre relèvent des juridictions judiciaires ;

- en toute hypothèse, l'appel en garantie formé par le groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace n'est pas fondé ;

- elle est fondée à appeler en garantie les constructeurs responsables des retards ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mars 2023, la société MMA IARD SA et la société MMA IARD Assurances Mutuelles, représentées par Me Rivera, concluent à l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître de l'appel en garantie du groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace, et demandent de mettre à la charge de celui-ci une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que les conclusions formées par le groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace relèvent des juridictions judiciaires.

Par un mémoire récapitulatif enregistré le 31 janvier 2023, la CAMBTP, représentée par la SELARL Le Discorde - Deleau, conclut à titre principal à l'incompétence de la juridiction administrative, subsidiairement, au rejet de l'appel en garantie formé à son encontre par le groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace, et en tout état de cause de mettre à la charge de celui-ci une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les conclusions formées par le groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace relèvent des juridictions judiciaires et qu'en toute hypothèse les demandes du groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace ne sont pas fondées.

Un mémoire présenté pour le compte de la compagnie ALLIANZ IARD a été enregistré le 25 janvier 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des charges administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;

- le code des assurances ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Boutot ;

- les conclusions de Mme Dobry, rapporteure publique ;

- les observations de :

* Me Hassan, représentant la société CEGELEC ;

* Me Ibanez, représentant le groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace ;

* Me Fuchs, substituant Me Broglin, représentant M. B C et la Sarl ATHYS ;

* Me Guarino, représentant la société EDEIS ;

* Me Schulz, représentant la société GHERARDI ;

* Me Salhi, représentant la compagnie ALLIANZ IARD ;

* Me Llorens, représentant la société SOMAH ;

* Me Cothereau, représentant les sociétés BUREAU VERITAS CONSTRUCTION, QBE INSURANCE EUROPE LIMITED, QBE SYNDICATE 1886 DES LLOYD'S.

Considérant ce qui suit :

1. Par un acte d'engagement du 28 février 2013, le groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace (ci-après GHRMSA) a attribué à la société CEGELEC Alsace Franche-Comté, devenue la société CEGELEC Alsace, les lots n° 3.1 " courant fort " et n° 3.2 " courant faible " d'un marché public de travaux de création d'un bâtiment neuf sur le site du Moenchsberg en vue du transfert du Pôle Femme - Mère - Enfant depuis le site du Hanserain. La maîtrise d'œuvre était confiée à un groupement solidaire composé des sociétés M. B C, SARL ATTHYS, EDEIS, IMMAE et Scène Acoustique. La réception a été prononcée le 19 mars 2018. Le décompte général du marché du lot n° 3.1 a été établi le 18 octobre 2018, pour un solde de 102 470,69 euros HT à verser à la société CEGELEC Alsace, et le décompte général du lot n°3.2 a été établi le 5 juillet 2018, pour un solde de 87 047,30 euros HT à verser à la société CEGELEC Alsace. La société CEGELEC Alsace doit être regardée comme demandant la condamnation solidaire, à défaut in solidum du GHRMSA et des sociétés membres du groupement solidaire de maîtrise d'œuvre à lui verser les sommes de 653 302,90 euros HT et 159 654,49 euros HT en réparation du préjudice subi du fait des difficultés dans l'exécution des travaux des lots 3.1 et 3.2.

Sur la recevabilité des conclusions dirigées contre le maître d'ouvrage :

2. Aux termes des stipulations de l'article 13.4.4 de l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux, auxquelles se réfère, sans y déroger, le cahier des clauses administratives particulières du marché : " Dans un délai de quarante-cinq jours compté à partir de la notification du décompte général, le titulaire renvoie au représentant du pouvoir adjudicateur, avec copie au maître d'œuvre, le décompte général revêtu de sa signature, sans ou avec réserves, ou fait connaître les motifs pour lesquels il refuse de le signer ". Aux termes de l'article 50.1.1 du même document : " Si un différend survient entre le titulaire et le maître d'œuvre, sous la forme de réserves faites à un ordre de service ou sous toute autre forme, ou entre le titulaire et le représentant du pouvoir adjudicateur, le titulaire rédige un mémoire en réclamation. () ".

3. Le GHRMSA soutient que la société CEGELEC Alsace n'a pas notifié ses mémoires en réclamations dans le délai de 45 jours prévu par ces stipulations. En l'espèce, il résulte de l'instruction que le décompte général du lot 3.1, en date du 18 octobre 2018, a été notifié le 25 octobre 2018 à la société CEGELEC Alsace, et que le décompte général du lot 3.2, en date du 5 juillet 2018, lui a été notifié le 9 juillet 2018. La société CEGELEC Alsace a établi, pour chaque décompte, un mémoire en réclamation, en date du 12 décembre 2018 pour le lot 3.1, et du 3 août 2018 pour le lot 3.2. Le GHRMSA a accusé réception des deux mémoires en réclamation par un courrier du 20 décembre 2018, date qu'il y a lieu de retenir en l'absence de tout autre élément permettant d'établir qu'ils auraient été reçus antérieurement. Or, à cette date, le délai de 45 jours, qui courait depuis le 9 juillet 2018 pour le lot 3.2 et depuis le 25 octobre 2018 pour le lot n°1, avait expiré. Il en résulte que les décomptes généraux des lots 3.1 et 3.2 sont devenus définitifs et que les conclusions indemnitaires de la société CEGELEC Alsace, fondées sur leur contestation, doivent être rejetées comme irrecevables.

Sur les conclusions dirigées contre le maître d'œuvre :

4. Si la société CEGELEC Alsace recherche la responsabilité des sociétés membres du groupement solidaire de maîtrise d'œuvre, en se limitant à évoquer, de manière non circonstanciée, des travaux supplémentaires qui auraient été demandés par les maîtres d'œuvre, elle n'établit aucune faute de leur part. Ses conclusions à fin d'indemnisation ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'appel en garantie :

5. D'une part, les appels en garantie dirigés contre les sociétés QBE Insurance Limited, QBE Syndicat 1886 des Lloyd's et ALLIANZ Iard poursuivent l'obligation de réparer pesant sur ces dernières en vertu des contrats d'assurances qui les lient à leurs assurés. Il n'appartient qu'aux juridictions de l'ordre judiciaire de connaître des actions tendant au paiement des sommes dues par un assureur au titre de ses obligations de droit privé, alors même que l'appréciation de la responsabilité de son assuré dans la réalisation du fait dommageable relèverait de la juridiction administrative. Par suite, ces appels en garantie ne peuvent qu'être rejetés comme présentés devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

6. D'autre part, en l'absence de toute condamnation prononcée, le surplus des appels en garantie est sans objet.

Sur les frais et dépens de l'instance :

7. En premier lieu, M. B C et la société ATHYS ne justifient pas des dépens de l'instance qu'elles demandent de mettre à la charge du GHRMSA. Ces conclusions doivent être rejetées.

8. En second lieu, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société CEGELEC Alsace, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, Alsace une somme de 1 500 euros à verser au GHRMSA, une somme de 1 500 euros à M. B C et la SARL ATHYS, et une somme de 1 500 euros à la société EDEIS. Il y a également lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du GHRMSA une somme de 1 500 euros à verser, à chacune, à la société Gherardi, à la société SOMAH, à la CAMBTP, à la compagnie ALLIANZ IARD, ainsi qu'une somme globale de 1 500 euros aux sociétés Bureau Veritas, QBE Insurance Europe Limited et QBE Syndicate 1886 des Lloyd's, et une somme globale de 1 500 euros aux sociétés MMA IARD SA et MMA IARD Assurances Mutuelles. Dans les circonstances de l'espèce, les autres conclusions présentées au même titre sont rejetées.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de la société CEGELEC Alsace est rejetée.

Article 2 : La société CEGELEC Alsace versera une somme de 1 500 euros au groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace, une somme de 1 500 euros à M. B C et à la SARL ATHYS, et une somme de 1 500 euros à la société EDEIS au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les appels en garantie dirigés contre les sociétés QBE Insurance Limited, QBE Syndicat 1886 des Lloyd's et ALLIANZ IARD sont rejetés comme ne relevant pas de la compétence de la juridiction administrative.

Article 4 : Le groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace versera une somme de 1 500 euros, à chacune, à la société GHERARDI, à la société SOMAH, à la CAMBTP et à la compagnie ALLIANZ IARD, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace versera une somme globale de 1 500 euros aux sociétés Bureau Veritas, QBE Insurance Europe Limited et QBE Syndicate Syndicate 1886 des Lloyd's, ainsi qu'aux sociétés MMA IARD SA et MMA IARD Assurances Mutuelles.

Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à la société CEGELEC Alsace, au groupe hospitalier régional de Mulhouse et Sud Alsace (GHRMSA), à M. B C, à la SARL ATHYS, à la société EDEIS, à la société GHERARDI, à la société SOMAH, à la caisse assurance mutuelle du bâtiment et des travaux publics (CAMBTP), aux sociétés MMA IARD SA et MMA IARD Assurances Mutuelles, à la compagnie ALLIANZ IARD, aux sociétés BUREAU VERITAS CONSTRUCTION, QBE Insurance Europe Limited et QBE Syndicate 1886 des Lloyd's, aux sociétés IMMAEE, SCENE ACOUSTIQUE, SOCEM, MULTISOLS, MULLER ROST SA, à la compagnie MUTUELLE DES ARCHITECTES, à la compagnie SMA SA, à la société ALPHA INSURANCE A/S, à la MJM FROEHLICH et ASSOCIES (mandataire de la société DURANTE), à l'ENTREPRISE ALSACIENNE DE CONSTRUCTIONS - ETABLISSEMENTS MADER.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Rees, président,

M. Boutot, premier conseiller,

Mme Merri, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.

Le rapporteur,

L. BOUTOT

Le président,

P. REES

La greffière,

V. IMMELÉ

La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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