LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2108720

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2108720

mardi 9 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2108720
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre
Avocat requérantSELARL GRAND EST AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 20 décembre 2021 et le 3 février 2023, Mme C A, représentée par Me Lachaize, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2015 et 2016 ainsi que de l'amende prévue à l'article 1788 A du code général des impôts ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A soutient que :

- il n'est pas établi qu'elle est imposable en France ;

- la procédure d'évaluation d'office prévue à l'article L. 73 du livre des procédures fiscales a été irrégulièrement mise en œuvre ;

- l'administration n'établit pas qu'elle était dans la situation d'être imposée d'office ;

- l'administration ne démontre pas l'existence d'une activité occulte de vente de métaux.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 mai 2022, l'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Est conclut au rejet de la requête.

L'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Est fait valoir que les moyens présentés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D B,

- et les conclusions de M. Laurent Guth, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a fait l'objet d'une vérification de comptabilité du 18 octobre 2019 au 26 juin 2020, qui a porté sur la période du 1er janvier 2009 au 31 décembre 2018, après que les autorités fiscales allemandes ont transmis spontanément aux autorités fiscales françaises le 24 novembre 2017 des informations concernant une activité de vente de métaux exercée par l'intéressée. L'administration a considéré que Mme A avait exercé une activité occulte au sens de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales dès lors qu'elle ne s'était pas fait connaître d'un centre de formalité des entreprises et n'avait pas davantage souscrit ses déclarations fiscales dans les délais légaux. Mme A demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2015 et 2016 ainsi que de l'amende prévue à l'article 1788 A du code général des impôts.

Sur le principe de l'imposition en France :

2. Aux termes de l'article 4A du code général des impôts : " Les personnes qui ont en France leur domicile fiscal sont passibles de l'impôt sur le revenu en raison de l'ensemble de leurs revenus ". Aux termes de l'article 4 B du même code : " 1. Sont considérées comme ayant leur domicile fiscal en France au sens de l'article 4 A : / a. Les personnes qui ont en France leur foyer ou le lieu de leur séjour principal ; / b. Celles qui exercent en France une activité professionnelle, salariée ou non, à moins qu'elles ne justifient que cette activité y est exercée à titre accessoire ; ".

3. En l'espèce, il est constant que Mme A a en France son domicile fiscal, au sens des dispositions de l'article 4 B du code général des impôts. Par conséquent, à supposer le moyen soulevé, elle n'est pas fondée à soutenir que l'administration n'établit pas qu'elle est imposable en France.

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 73 du livre des procédures fiscales : " Peuvent être évalués d'office : / 1° Le bénéfice imposable des contribuables qui perçoivent des revenus provenant d'entreprises industrielles, commerciales ou artisanales, ou des revenus d'exploitations agricoles imposables selon un régime de bénéfice réel, lorsque la déclaration annuelle prévue à l'article 53 A du code général des impôts n'a pas été déposée dans le délai légal ; ". Mme A ne peut utilement soutenir que la procédure d'évaluation mise en œuvre par l'administration pour opérer des rehaussements de bénéfices industriels et commerciaux serait irrégulière au motif, inopérant, que l'administration n'a pas préalablement démontré l'existence d'un bénéfice imposable en France.

5. En second lieu, aux termes de l'article L. 66 du même livre : " Sont taxés d'office : / () / 3° aux taxes sur le chiffre d'affaires, les personnes qui n'ont pas déposé dans le délai légal les déclarations qu'elles sont tenues de souscrire en leur qualité de redevables des taxes ; ". Aux termes du 3. du II de l'article 1586 du code général des impôts : " 3. La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises est recouvrée et contrôlée selon les mêmes procédures et sous les mêmes sanctions, garanties, sûretés et privilèges que la taxe sur la valeur ajoutée ". Mme A ne peut utilement soutenir que la procédure de taxation d'office mise en œuvre par l'administration pour déterminer les droits de cotisations sur la valeur ajoutée des entreprises serait irrégulière au motif, également inopérant, que l'administration n'aurait pas apporté la preuve de l'existence d'une activité occulte.

Sur le bien-fondé des impositions :

6. En vertu de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales, l'activité occulte est réputée exercée lorsque le contribuable n'a pas déposé dans le délai légal les déclarations qu'il était tenu de souscrire et soit n'a pas fait connaître son activité à un centre de formalités des entreprises ou au greffe du tribunal de commerce, soit s'est livré à une activité illicite. Et aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ".

7. Pour établir l'existence d'une activité occulte de vente de métaux, l'administration s'est fondée sur un faisceau d'indices. Elle a obtenu des informations des autorités fiscales allemandes le 24 novembre 2017 selon lesquelles de nombreuses quantités de métaux avaient été vendues par Mme A à une entreprise allemande, la société Saarländische Rohprodukte Gmbh (SRP), pour un montant total de 732 728 euros en 2015 et 693 271 euros en 2016, ces ventes ayant toutes été réglées en espèces. L'administration a relevé que ces métaux avaient été acheminés au moyen notamment d'un camion porte benne bleu immatriculé en Allemagne sous le numéro " SB-K-247 ", dont la présence a par ailleurs été constatée à Sarreguemines, en face d'un immeuble appartenant à la famille de Mme A, telle qu'attestée par une photographie transmise à l'administration par le fils de la requérante ainsi que par des clichés photographiques édités par Google Street View pris en juillet 2016. L'administration a également relevé que des métaux avaient été vendus le 13 janvier 2016 et acheminés au moyen d'un autre véhicule immatriculé en France sous le numéro " AR 439 AG ", qui est immatriculé au nom de Mme A. Par ailleurs, ainsi que le fait valoir l'administration, Mme A a dirigé par le passé, en France et en Allemagne, des sociétés ayant pour activité la récupération et la vente de métaux, notamment dans l'immeuble mentionné situé à Sarreguemines, immeuble qui a abrité l'activité de stockage et de vente de métaux lors des années en litige. Enfin, l'administration a également obtenu dans l'exercice de son droit de communication plusieurs factures de la SAS Lorraine Fers et Métaux émises sur une période du 26 juin 2012 au 19 février 2014, relatives à la vente par Mme A à cette société de différents métaux, ainsi que la copie de plusieurs chèques de la banque Caisse fédérale de crédit mutuel, qui correspondent tous, à l'exception d'un seul, aux montants de ces factures. Au regard de l'ensemble de ces informations, l'administration établit l'exercice par Mme A d'une activité de vente de métaux.

8. Si Mme A, à qui il appartient de démontrer le caractère exagéré des impositions contestées en vertu de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales, soutient que les copies des chèques correspondent à une indemnisation due par son ex-époux au titre de travaux qu'elle avait fait réaliser sur le site à Sarreguemines, elle n'apporte aucun élément à l'appui de ces allégations. La circonstance que les factures ont été émises par la SAS Lorraine Fers et Métaux et non par elle-même n'est pas de nature à remettre en cause l'ensemble des éléments réunis par l'administration et rappelés plus haut. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient Mme A, le règlement (UE) n° 904/2010 du 7 octobre 2010 sur le fondement duquel les autorités fiscales allemandes ont transmis à l'administration française les informations la concernant autorise, en tout état de cause, à son article 55, par renvoi à l'article 2 de la directive 2008/55/CE du Conseil du 26 mai 2008, l'exploitation de ces informations pour établir notamment les droits en matière d'impôt sur le revenu. La circonstance que la " déclaration commune du 7 septembre 2020 " qui aurait également fondé la transmission de ces mêmes informations ne serait pas accessible n'est en tout état de cause pas de nature à justifier, comme invoqué, la décharge des impositions contestées. Mme A ne saurait par ailleurs sérieusement soutenir que les informations transmises par les autorités fiscales allemandes ne sont pas fiables alors qu'elle n'apporte pas le moindre élément en ce sens à l'appui de ses allégations. De plus, contrairement à ce qu'elle soutient, l'administration ne s'est pas exclusivement fondée sur ces informations pour fonder les impositions contestées mais a, au contraire, réuni d'autres indices, rappelés au point précédent, pour conforter ces informations. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'administration n'a pas effectivement démontré qu'elle avait exercé une activité occulte de vente de métaux, activité qui constitue par ailleurs, au sens de l'article 34 du code général des impôts, une activité commerciale dont les bénéfices constituent des bénéfices industriels et commerciaux.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fins de décharge présentées par Mme A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1 : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à l'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Est.

Délibéré après l'audience du 3 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Xavier Faessel, président,

M. Christophe Michel, premier conseiller,

M. Mohammed Bouzar, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.

Le rapporteur,

M. BOUZAR

Le président,

X. FAESSEL

Le greffier,

S. PILLET

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions