vendredi 18 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2200021 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | PIALAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 janvier 2022, M. et Mme D et B A, représentés par Me Pialat, demandent au tribunal :
1) d'annuler la décision du 5 juillet 2021 par laquelle la collectivité européenne d'Alsace a confirmé la mise à leur charge de la somme de 27 099,42 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active ;
2) d'annuler la décision du 3 novembre 2021 de la collectivité européenne d'Alsace mettant fin à la médiation ;
3) de mettre à la charge de la collectivité européenne d'Alsace une somme de 2000 euros à leur verser sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Les requérants soutiennent que :
- la notification de la décision d'indu est irrégulière ;
- la collectivité européenne d'Alsace a commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 juin 2022, la collectivité européenne d'Alsace conclut au rejet de la requête comme étant non fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. La collectivité européenne d'Alsace a confirmé la mise à la charge de M. et Mme A d'une dette de 27 099,42 euros résultant d'un trop-perçu de revenu de solidarité active. Par décision du 3 novembre 2021, la collectivité européenne d'Alsace a mis fin à la médiation. Les requérants demandent l'annulation de ces deux décisions.
Sur les conclusions en annulation de la décision portant fin de médiation :
2. La décision du 3 novembre 2021 par laquelle la collectivité européenne d'Alsace met fin à la médiation n'est pas une décision faisant grief aux requérants. En conséquence, ils ne sont pas recevables à en demander l'annulation. Par suite, les conclusions en annulation de cette décision sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions en annulation de l'indu de revenu de solidarité active :
3. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. ". L'article R. 262-6 du même code précise également que : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer () ". De plus, en vertu de l'article R. 262-37 de ce code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ". Aux termes de l'article R 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. Les séjours hors de France qui résultent des contrats mentionnés aux articles L. 262-34 ou L. 262-35 ou du projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1 du code du travail ne sont pas pris en compte dans le calcul de cette durée. En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire. Pour rappel, le foyer est une notion objective et concrète qui doit être appréhendée à partir d'un faisceau d'indices de toute nature - économique, juridique, familiale, sociale, voire affective - et qui atteste de la présence permanente et continue en France "
4. Il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active mis à la charge des requérants et dont les intéressés sollicitent l'annulation, résulte, d'une part de leur résidence permanente en Allemagne et, d'autre part, de la non déclaration de leur revenus fonciers. Si les requérants font valoir qu'ils habitent principalement en France, cette affirmation est contredite par les déclarations de M. A lui-même, qui a reconnu habiter de façon permanente en Allemagne au LEGELSHURSTERSTRASSE 36 D 77731 WILLSTATT LEGELHURST devant l'enquêteur de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin qui a fait son rapport le 27 janvier 2021 et par les déclarations du centre de coopération policière et douanière le même jour qui précise que les requérants sont enregistrés à cette adresse en Allemagne depuis le 12 mars 2006. Il est indifférent que les requérants disposent d'une adresse dite administrative en France au 47 rue de Ganzau à Strasbourg dans la mesure où leur centre d'intérêt principal se trouve en Allemagne. Dans ces conditions, et suite à cette seule circonstance, habitants à l'étranger ils ne pouvaient prétendre à percevoir le revenu de solidarité active à compter de mars 2006 selon les dispositions des articles L 262-2 et R 262-5 du code de l'action sociale et des familles. En conséquence, le moyen tiré de ce que la caisse d'allocations familiales aurait commis une erreur d'appréciation et une erreur de droit doit être écarté.
5. Si les requérants font valoir que l'indu leur a été notifié irrégulièrement à l'adresse indiquée ci-dessus en Allemagne, il résulte de ce qui a été dit au point 4 que cette adresse est leur adresse de résidence. Par suite, et en tout état de cause, ce moyen manque en fait.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la présente requête ne peut être que rejetée y compris, par voie de conséquence, les conclusions au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme D et B A et à la collectivité européenne d'Alsace. Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
H. CLa greffière,
C. ADE
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2200021
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026