lundi 12 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2200063 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL TAX TEAM ET CONSEILS SOCIÉTÉ D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 janvier 2022, Mme B A, représentée par
Me Barrois, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 dans les rôles de la commune de Woippy (57140) ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les 6 parties de terrains qu'elle loue à 6 entreprises différentes ne rentrent pas ou partiellement pas dans le champ d'application de la taxe foncière sur les propriétés bâties dès lors que ces terrains ne sont pas en totalité ou en partie affectés à un usage commercial ni aménagés pour un tel usage.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er décembre 2022 le directeur régional des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête
Il soutient que les moyens présentés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hélène Bronnenkant,
- les conclusions de M. Laurent Guth, rapporteur public,
- et les observations de M. D représentant le directeur régional des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est propriétaire d'un ensemble de biens immobiliers situé 9074 route de Thionville à Woippy (57104) cadastré section 38 numéro 74 subdivisé en six parties données en location à six locataires différents. L'administration fiscale a assujetti à la taxe foncière sur les propriétés bâties l'ensemble des biens donnés en location par Mme A. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2019 et 2020 pour un montant total de
75 218 euros.
Sur le bien-fondé des impositions en litige :
2. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code. ". Aux termes de l'article 1381 de ce code : " Sont également soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties : " ().5° A l'exception de ceux mentionnés au dernier alinéa de l'article 1393, les terrains non cultivés employés à un usage commercial ou industriel, tels que chantiers, lieux de dépôt de marchandises et autres emplacements de même nature, soit que le propriétaire les occupe, soit qu'il les fasse occuper par d'autres à titre gratuit ou onéreux ".
3. D'une part, sont employés à un usage industriel, au sens de l'article 1381, 5° du code général des impôts, les terrains non cultivés sur lesquels est menée à bien une activité qui nécessite d'importants moyens techniques, non seulement lorsque cette activité consiste dans la fabrication ou la transformation de biens corporels mobiliers, mais aussi lorsque le rôle des installations techniques, matériels et outillages mis en œuvre, fût-ce pour les besoins d'une autre activité, est prépondérant.
4. D'autre part, l'usage commercial peut être soit le fait du propriétaire lui-même soit du locataire du terrain. Si le terrain non cultivé est donné à bail et n'a pas été préalablement spécialement aménagé par le propriétaire pour un usage commercial, l'activité commerciale du locataire est une condition suffisante à l'assujettissement du terrain à la taxe foncière sur les propriétés bâties.
En ce qui concerne le terrain pris à bail par l'entreprise Jean Lefevbre :
5. Mme A a conclu avec la société Entreprise Jean Lefebvre Lorrain, entreprise de travaux publics, un bail faisant état, s'agissant de la destination du terrain loué, de son utilisation exclusive pour " une activité de stockage et recyclage de matériaux, à leur tri, concassage, criblage, traitement, à l'exception de toute autre activité ". Il ressort des photographies produites par la requérante que l'ensemble du terrain est nécessaire à la circulation des engins. Ainsi l'activité exercée sur ce terrain par la société Entreprise Jean Lefebvre, qui relève des impôts commerciaux et qui ne nécessite pas d'importants moyens techniques, est de nature commerciale. C'est à bon droit que l'administration fiscale a assujetti ce terrain à la taxe foncière sur les propriétés bâties sur le fondement du 5° de l'article 1381 du code général des impôts.
En ce qui concerne le terrain pris à bail par l'entreprise Go formation :
6. Il résulte de l'instruction que la société Go formation loue à Mme A un terrain pour son activité de formation de conducteurs d'engins de chantier. Cette activité étant de nature commerciale, c'est à bon droit que le terrain a été assujetti à la taxe foncière sur les propriétés bâties. Si la requérante produit un avenant au contrat de bail aux termes duquel l'entreprise Go formation n'utilise que 7 000 m² de terrain pour son activité commerciale, il ne résulte pas de l'instruction que les 10 000 m² restant aient été rendus disponibles pour un autre usage.
En ce qui concerne terrain pris à bail par l'entreprise Distrimetal Oxycoupage :
7. Il résulte de l'instruction que Mme A a été assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties s'agissant du terrain pris à bail par l'entreprise Distrimetal Oxycoupage sur le fondement du 4° de l'article 1381 du code général des impôts. Par suite le moyen tiré de ce que le terrain ne pourrait être soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties sur le fondement de l'article 1381 5° doit être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne le terrain pris à bail par l'entreprise Educarest :
8. Il résulte de l'instruction que le terrain en litige est loué " exclusivement à usage de formation et enseignement de conduite " et qu'il comporte deux pistes permettant l'exercice de cette activité. L'activité du locataire étant soumise aux impôts commerciaux, elle est de ce seul fait de nature commerciale. C'est à bon droit que le terrain a été assujetti à la taxe foncière sur les propriétés bâties. Si Mme A soutient que seuls 200 m² supportent les pistes goudronnées, il ne résulte pas de l'instruction que les 7 800 m² restant aient été rendus disponibles pour un autre usage.
En ce qui concerne le terrain pris à bail par l'entreprise Unibéton :
9. Il résulte de l'instruction que la société Unibéton utilise le terrain qu'elle loue à Mme A en tant que lieu d'implantation d'une centrale béton, bassin de décantation et espace de stockage pour son activité de centrale de béton. Cette activité qui ne met pas en œuvre d'importants moyens techniques, est de nature commerciale. Il résulte des propres écritures de la requérante que l'ensemble du terrain est effectivement affecté à cette activité commerciale. C'est à bon droit que l'administration a soumis ce terrain à la taxe foncière sur les propriétés bâties.
En ce qui concerne le terrain loué à la société Inéo :
10. Il résulte de l'instruction que la requérante louait ce bien jusqu'en 2015 à la société Inéo comme lieu de dépôt d'engins et de marchandises nécessaires à la réalisation de son activité commerciale de réalisation de travaux électriques. Si la société Inéo a cessé d'occuper ce terrain, il ne résulte pas de l'instruction qu'il ait été rendu disponible pour un autre usage.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée, y compris en ce qu'elle tend au versement de frais d'instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A et au directeur régional des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin.
Délibéré après l'audience du 29 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Julien Iggert, président,
Mme Hélène Bronnenkant, première conseillère,
M. E C, magistrat honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 février 2024.
Le rapporteur,
H. BRONNENKANT
Le président,
J. IGGERT
Le greffier,
S. PILLET
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026