mercredi 28 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2200600 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5e chambre |
| Avocat requérant | SELARL CDA JOLY & OSTER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 31 janvier 2022 et le 8 décembre 2022, M. A, représenté par la SCP Tertio avocats, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Saverne à lui verser la somme de 176 156,62 euros en réparation du préjudice subi résultant de l'opération chirurgicale de son entorse du genou du 20 décembre 2010 avec intérêts au taux légal à compter du 9 août 2021 ;
2°) de condamner le centre hospitalier de Saverne aux entiers frais et dépens ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Saverne la somme de 2 000 euros au bénéfice de son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la responsabilité pour faute de l'hôpital est engagée dès lors que le valgus de sept degrés dont il est victime a pour origine une absence de contrôle radiographique ;
- le préjudice doit être imputé à 50% à l'opération du 20 décembre 2010 ;
- ses préjudices patrimoniaux temporaires sont constitués par des frais d'honoraires médicaux et de déplacement estimés à 25 940,62 euros ainsi que des frais d'assistance temporaire pour tierce personne estimés à 61 900 euros ;
- ses préjudices extrapatrimoniaux temporaires sont constitués par un déficit fonctionnel temporaire évalué à 4 641 euros et des souffrances endurées estimées à 4 000 euros ;
- ses préjudices patrimoniaux permanents sont constitués par une incidence professionnelle estimée à 25 000 euros et par un préjudice scolaire, universitaire ou de formation estimée à 5 000 euros ;
- ses préjudices extrapatrimoniaux permanents sont constitués par un préjudice esthétique estimé à 500 euros, par un déficit fonctionnel permanent estimé à 7 175 euros, des souffrances endurées estimées à 500 euros, un préjudice d'agrément estimé à 5 000 euros, une incidence professionnelle extrapatrimoniale estimée 25 000 euros et un préjudice lié à la conscience d'une pathologie évolutive estimée à 10 000 euros.
Par un mémoire enregistré le 31 août 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Meurthe et Moselle, conclut :
- à la condamnation solidaire du centre hospitalier de Saverne et de la Société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM) au paiement d'une somme de 6 697,22 euros au titre des débours exposés ;
- à la condamnation solidaire du centre hospitalier de Saverne et de la SHAM au paiement d'une somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;
- à la condamnation solidaire du centre hospitalier de Saverne et de la SHAM aux dépens.
La caisse soutient qu'elle est fondée à réclamer le remboursement de sa créance à l'établissement hospitalier en application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 août 2022 et les 9 et 16 décembre 2022, le centre hospitalier de Saverne, représenté par la SELARL CDA Joly et Oster, conclut à ce que le tribunal ramène à de plus justes proportions les demandes indemnitaires de M. A et de la CPAM de Meurthe-et-Moselle.
Il soutient que :
- il s'en remet à la sagesse du tribunal en ce qui concerne le contrôle post-opératoire précoce ;
- les demandes du requérant et de la caisse doivent être rejetées ou réduites selon les chefs de préjudice.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 décembre 2023 la société Relyens venant aux droits de la SHAM, représentée par la SELARL CDA Joly et Oster, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'elle s'en remet aux écritures du centre hospitalier de Saverne.
Par une lettre du 3 janvier 2024, M. A a été invité à produire, sur le fondement des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, les justificatifs de la puissance fiscale du véhicule utilisé pour se rendre à l'expertise ainsi que de la date de réception de la demande indemnitaire préalable. Ces éléments ont été produits.
Par une décision du 23 mai 2022, le bureau d'aide juridictionnelle a constaté la caducité de la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. B.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code du travail ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gros,
- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique,
- et les observations de Me Weis, représentant le centre hospitalier de Saverne et Reylens mutuel insurance.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 1er janvier 1989, a été victime d'une entorse au genou gauche consistant en une rupture du ligament central avec complications périphériques lors de la participation à un match de football en septembre 2008. Il a été opéré le 5 décembre 2008 d'une ligamentoplastie à la clinique de traumatologie de Nancy. À sa demande, il a fait l'objet d'une seconde intervention chirurgicale consistant en une reprise de la ligamentoplastie associée à une ostéotomie de valgisation par addition interne qui s'est déroulée au centre hospitalier de Saverne le 20 décembre 2010. À la suite de cette opération, M. A a présenté une déformation du genou avec un valgus de six degrés. Par ordonnance du 26 octobre 2012, le juge des référés du tribunal, saisi par M. A, a désigné un expert, chirurgien orthopédiste, qui n'a pas été en mesure de procéder à l'évaluation des préjudices en l'absence de consolidation de l'état de santé de M. A en raison d'une dégradation psychologique entraînée par les suites de l'opération. Par une ordonnance du 8 août 2018, le juge des référés, saisi par M. A, a désigné un nouvel expert qui a remis son rapport le 31 janvier 2019. M. A a formé le 9 août 2021 une demande indemnitaire à laquelle le centre hospitalier de Saverne n'a pas donné suite. Par sa requête M. A demande au tribunal de condamner l'établissement hospitalier à lui verser la somme de 176 156,62 euros en réparation du préjudice subi.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité du centre hospitalier de Saverne :
2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute (). ".
3. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'expertise ordonnée par le tribunal en référé, que l'ostéotomie de valgisation par addition interne nécessite un contrôle radiographique du geste osseux postopératoire précoce. Or, en l'espèce, il n'est pas contesté que ce contrôle n'a pas été réalisé de façon rapide et fiable. L'absence de réalisation rapide de cet examen constitue une faute de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier de Saverne dès lors que ce manquement a interdit toute rectification du montage avant consolidation osseuse et entrainé une majoration du valgus de M. A, estimé à six degrés, alors qu'il aurait dû normalement être compris entre 0 et 3 degrés. Le centre hospitalier de Saverne ne conteste d'ailleurs pas dans ses écritures sa responsabilité.
En ce qui concerne les préjudices de M. A :
4. À titre liminaire, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, d'une part, que la date de consolidation de l'état de santé de M. A, qui correspond à la fin du suivi psychiatrique, a été fixée au 4 mai 2017, d'autre part, que le préjudice évalué par l'expert résulte pour moitié de la pathologie initiale liée à l'entorse du genou survenue en 2008 et pour l'autre moitié de la faute commise par le centre hospitalier de Saverne dans les suites de l'intervention chirurgicale du 20 décembre 2010 consistant en une ostéotomie de valgisation.
S'agissant des préjudices patrimoniaux temporaires :
Quant aux dépenses de santé :
5. M. A sollicite l'indemnisation de ses honoraires médicaux et de ses déplacements et frais d'hôtel afférents jusqu'à la date de consolidation. Il résulte toutefois de l'instruction que le requérant, d'une part, n'établit pas que ces honoraires, qui ont consisté en la consultation de onze praticiens, ont été rendus nécessaires par l'ostéotomie du 20 décembre 2010, d'autre part, et en tout état de cause, ne produit aucune facture ou décompte justifiant de la réalité de ces frais. Par suite, ses conclusions pour ce chef de préjudice ne peuvent qu'être rejetées.
Quant à l'assistance à tierce personne :
6. Si M. A soutient qu'il a dû recourir à l'assistance d'une tierce personne en la personne de son frère, puis de son oncle, du 10 août 2011 au 10 octobre 2016, lorsqu'il poursuivait ses études de médecine en Roumanie ainsi qu'à une assistance continue par ses parents et son frère du 11 octobre 2016 jusqu'au jour de sa consolidation, il ne résulte pas de l'instruction, et notamment de l'expertise, qu'une assistance en tierce personne fût nécessaire à la suite de l'acte médical en litige du 20 décembre 2010. En outre, et en tout état de cause, sa demande indemnitaire n'est assortie d'aucune pièce justificative probante. Par suite, ses conclusions pour ce chef de préjudice, incluant des frais de transport pour tierces personnes, ne peuvent qu'être rejetées.
S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux temporaires :
Quant au déficit fonctionnel temporaire :
7. Il résulte de l'instruction que la période de déficit fonctionnel temporaire de M. A est totale pour la période d'hospitalisation du 20 au 29 décembre 2010, se situe à un niveau de classe III du 30 décembre 2010 au 30 avril 2011, puis à un taux de 30% du 1er mai 2011 au 30 juin 2022 et à un niveau de classe I du 1er juillet 2022 jusqu'à la veille de sa consolidation. Il y a lieu de déduire, au titre des suites habituelles liées à la pathologie initiale, une période correspondant à dix jours d'hospitalisation, six semaines avec deux cannes béquilles de classe III et six semaines avec une béquille de classe II, ainsi qu'un mois de récupération fonctionnelle de classe I.
8. Il sera ainsi fait une juste appréciation en fixant à 2 582 euros la somme destinée à réparer le déficit fonctionnel temporaire en lien avec la faute commise par le centre hospitalier de Saverne après application du taux d'imputabilité de 50% mentionné au point 4.
Quant aux souffrances endurées :
9. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que si les souffrances endurées initiales sont estimées à 3,5 sur une échelle de 1 à 7 et à 0,5 à titre permanent, elles sont exclusivement liées à l'entorse initiale. Par suite, les conclusions pour ce chef de préjudice ne peuvent qu'être rejetées.
S'agissant des préjudices patrimoniaux permanents :
Quant à l'incidence professionnelle et scolaire :
10. En premier lieu, si le requérant soutient qu'il ne pourra exercer la profession de médecin comme il l'entendait, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, qu'un exercice professionnel adapté est possible. En tout état de cause, le requérant n'apporte aucun élément de nature à apprécier sa situation professionnelle actuelle, de sorte que les conclusions relatives à l'incidence professionnelle ne peuvent, en l'état de l'instruction, qu'être rejetées.
11. En second lieu, s'il soutient qu'il a été contraint de redoubler une année d'études, il résulte de l'instruction que l'opération en litige, programmée en décembre 2010, l'a été à la demande de l'intéressé en pleine période universitaire. En tout état de cause, il n'apporte pas d'élément de nature établir un lien de causalité direct et certain entre la faute susmentionnée et son deuxième échec en études de médecine.
S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux et permanents :
Quant au préjudice esthétique :
12. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que le préjudice esthétique est estimé à 2 sur 7, dont 0,5 % en lien avec la modification d'axe nécessaire du fait du tibia varum antérieur. Il en sera fait une juste appréciation en fixant à 500 euros la somme destinée à le réparer après application du taux d'imputabilité mentionné au point 4.
Quant au déficit fonctionnel permanent :
13. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que le déficit fonctionnel permanent de M. A, âgé de 28 ans à la date de consolidation, est estimé à un taux de 12 %, dont 5% en lien avec l'entorse initiale, soit un différentiel de 7%. Il en sera fait une juste appréciation en fixant à 9 000 euros la somme destinée à le réparer, ainsi que les souffrances endurées.
Quant au préjudice d'agrément :
14. Si M. A a pratiqué le football en club, il résulte de l'instruction qu'avant même la faute susmentionnée, il se plaignait d'une instabilité du genou gauche, empêchant la course et la pratique de tout sport. En outre, l'expertise souligne que la lésion qu'il a subie initialement a pour conséquence des douleurs, une stabilité précaire, de sorte que les sports en pivot-contact sont déconseillés, voire impossibles. Par suite, en l'absence de lien de causalité avec la faute, les conclusions tendant à la réparation du préjudice d'agrément invoqué ne peuvent qu'être rejetées.
Quant à l'incidence professionnelle extrapatrimoniale :
15. M. A soutient que ce poste de préjudice cherche à indemniser les incidences périphériques du dommage touchant à la sphère professionnelle, de nature extrapatrimoniale, comme l'augmentation de la pénibilité de l'emploi ou encore le préjudice lié à la nécessité d'abandonner la profession qu'il exerçait avant le dommage au profit d'une autre qu'il aurait dû choisir en raison de la survenance de son handicap. Toutefois, dès lors qu'il n'apporte aucun élément, notamment concernant sa situation professionnelle actuelle, sa demande ne peut, en l'état, qu'être rejetée.
Quant au préjudice lié à la conscience d'une pathologie évolutive :
16. M. A soutient que compte tenu de la déviation importante du membre inférieur gauche en valgus, suite à l'ostéotomie, la probabilité d'une arthrose fémoro-tibiale latérale présente ou à venir est très importante, que l'accentuation du genou valgum peut nuire à la marche et qu'avec l'âge, il est souvent un facteur prédisposant à la gonarthrose. Il résulte toutefois de l'instruction, et notamment d'un rapport d'expertise, que l'état de santé de M. A n'est pas susceptible d'aggravation, le risque d'arthrose qu'il craint ayant été évité par l'ostéotomie de valgisation réalisée le 20 décembre 2010. Enfin, à supposer qu'il s'en prévale, il ne résulte pas davantage de l'instruction que la possibilité d'une hernie discale dont il ferait l'objet à l'avenir serait en lien avec l'intervention médicale du 20 décembre 2010. Par suite, ses conclusions pour ce chef de préjudice ne peuvent pas être accueillies.
17. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner le centre hospitalier de Saverne à verser à M. A la somme globale de 12 082 euros avec intérêts au taux légal à compter du 13 août 2021, date de réception de sa demande indemnitaire préalable.
Sur les droits de la CPAM de la Meurthe-et-Moselle :
En ce qui concerne les débours :
18. En premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment de la notification des débours exposés en date du 31 août 2022, que la caisse a exposé des frais de rééducation fonctionnelle et de kinésithérapie du 15 mars au 27 avril 2011 pour un montant de 4 826,40 euros déduction faite des frais afférents à la période correspondant à une ligamentoplastie sans complication. Il résulte en effet de l'expertise d'une part qu'un mois de récupération fonctionnelle est nécessaire après ce type d'opération, d'autre part, que la présence d'une instabilité résiduelle est très fréquente dans la lésion initiale dont a été victime M. A. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, la CPAM est en droit d'obtenir la somme de 2 413,20 euros après application du taux d'imputabilité mentionné au point 4.
19. En deuxième lieu, si la caisse soutient avoir exposé 143,59 euros au titre d'un bilan fonctionnel réalisé le 4 mai 2012, il résulte de l'instruction, et notamment d'un certificat médical du 21 juin 2010, que ce bilan aurait dû être effectué, en tout état de cause, pour établir l'état exact de l'instabilité résiduelle du genou de M. A. Par suite, la demande de la CPAM pour ce poste de dépense doit être rejetée.
20. En dernier lieu, il résulte également de la notification de ses débours du 31 août 2022 que la caisse justifie, jusqu'à la date de consolidation de M. A, avoir exposé 719,95 euros au titre de divers frais médicaux et de kinésithérapie, autres que ceux mentionnés au point 18, en lien avec la faute susmentionnée après application du taux d'imputabilité retenu, à l'exception de frais d'appareillage consistant en une canne anglaise dont il résulte de l'instruction, et notamment de l'expertise, qu'elle n'est pas justifiée.
21. Enfin, eu égard à la date de consolidation du 4 mai 2017 retenue par l'expert en raison d'un certificat de fin de soins établi par le psychiatre qui suivait le requérant, les frais en psychiatrie pour 262,87 euros, qui sont postérieurs à cette date ne peuvent être regardés en lien avec le préjudice en litige et doivent donc être rejetés.
22. Il résulte de ce qui précède qu'il y lieu de condamner solidairement le centre hospitalier de Saverne et son assureur, la société Relyens, à verser à la CPAM de Meurthe-et-Moselle la somme de 3 133,15 euros.
En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :
23. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () / En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget, () / (). ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 18 décembre 2023 susvisé : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 118 € et 1 191 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2024. ".
24. En l'espèce, il y a lieu de condamner solidairement le centre hospitalier de Saverne et la société Relyens à verser à la CPAM de Meurthe-et-Moselle la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité prévue par les dispositions précitées.
Sur les dépens :
25. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / (). ".
26. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 1 800 euros par ordonnance du 14 mai 2019 du juge des référés du tribunal, à la charge définitive du centre hospitalier de Saverne.
27. Il résulte également de l'instruction que M. A a exposé des frais de transport pour se rendre à l'expertise du 9 octobre 2018 à Strasbourg depuis son domicile de Vandoeuvre-les-Nancy (150 km). Il sera fait une exacte évaluation de ce préjudice en le fixant à la somme de 178,50 euros sur la base du barème fiscal kilométrique pour un véhicule de plus de 7 CV.
28. En l'absence de dépens liés à son intervention, les conclusions de la CPAM de la Meurthe-et-Moselle présentées sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
29. Ainsi qu'il a été dit précédemment, le bureau d'aide juridictionnelle a constaté la caducité de la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. A. La somme déterminée par le juge au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ne peut donc être versée à son avocat sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Saverne la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
30. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la CPAM de Meurthe-et-Moselle présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier de Saverne est condamné à verser à M. A la somme de 12 082 (douze mille quatre-vingt-deux) euros avec intérêt au taux légal à compter du 13 août 2021.
Article 2 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 1 800 (mille huit cents) euros par une ordonnance du 14 mai 2019 du juge des référés du tribunal sont mis définitivement à la charge du centre hospitalier de Saverne.
Article 3 : Le centre hospitalier de Saverne versera à M. A la somme de 178,50 euros (cent soixante-dix-huit euros et cinquante centimes) au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le centre hospitalier de Saverne et la société Relyens sont condamnés solidairement à verser à la CPAM de Meurthe-et-Moselle la somme de 3 133,15 euros (trois mille cent trente-trois euros et quinze centimes) et la somme de 1 191 (mille cent quatre-vingt-onze) euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Article 5 : Le centre hospitalier de Saverne versera à M. A une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions de M. A et de la CPAM de Meurte-et-Moselle est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à la caisse primaire d'assurance maladie de Meurthe-et-Moselle, à la société Relyens et au centre hospitalier de Saverne.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Carrier, président,
M. Gros, premier conseiller,
Mme Klipfel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2024.
Le rapporteur,
T. GROS
Le président,
C. CARRIERLe greffier,
P. HAAG
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026