vendredi 22 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2201119 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | BOURCHENIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 février et 31 mai 2022, M. D E, représenté par Me Bourchenin, demande au tribunal :
1) d'annuler la décision du 24 août 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire et lui a enjoint de le restituer ;
2) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer son permis de conduire, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jours de retard ;
3) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer les points retirés à la suite des infractions contestées, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jours de retard ;
4) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 900 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. E soutient que :
- la décision litigieuse a été prise par une autorité incompétente ;
- il n'aurait jamais réceptionné la décision référencée " 48SI " portant invalidation de son permis de conduire ;
- les décisions portant retraits de points ne lui auraient jamais été notifiées ;
- il n'aurait pas bénéficié de l'information préalable aux retraits de points prévue aux articles L.223-1, L.223-3 et R.223-3 du code de la route ;
- le stage de sensibilisation à la sécurité routière des 17 et 18 décembre 2021 aurait du être pris en compte pour le décompte de ses points.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 mai 2022, le ministre de l'intérieur conclut à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête pour tardiveté, et à titre subsidiaire, au rejet de la requête comme non fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. E a perdu plus de douze points sur son permis de conduire à la suite d'une série d'infractions répertoriées sur son relevé d'information intégral. Par une décision référencée "48SI " en date du 24 août 2020, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité du permis de conduire de M. E pour solde de points nul et lui a enjoint de restituer ce document à l'administration. Par la présente requête, M. E demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes des dispositions de l'article R. 421-1 du Code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". L'alinéa 5 de l'article R.223-3 du même Code dispose que : " Si le retrait de points aboutit à un nombre nul de points affectés au permis de conduire, l'auteur de l'infraction est informé par le ministre de l'intérieur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception du nombre de points retirés. Cette lettre récapitule les précédents retraits de points ayant concouru au solde nul, prononce l'invalidation du permis de conduire et enjoint à l'intéressé de restituer celui-ci au préfet du département ou de la collectivité d'outre-mer de son lieu de résidence dans un délai de dix jours francs à compter de sa réception ".
3. En vertu des dispositions de l'article R.421-1 du code de justice administrative, le destinataire d'une décision administrative individuelle dispose, pour déférer cette décision devant la juridiction administrative, d'un délai de deux mois à compter de la notification qui doit lui en être faite.
4. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé. Lorsque la notification a été faite par lettre recommandée avec accusé de réception, cette preuve doit être regardée comme apportée lorsqu'il est établi que la lettre a été régulièrement présentée au domicile du destinataire. En cas de retour à l'administration du pli contenant la décision, cette preuve peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes portées sur l'enveloppe, soit, à défaut, d'une attestation de l'administration postale ou d'autres éléments de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postal, conformément à la réglementation en vigueur, d'un avis d'instance prévenant le destinataire de ce que le pli était à sa disposition au bureau de poste.
5. Aucun principe général ni aucune disposition législative ou réglementaire ne fait obligation au titulaire d'un permis de conduire de déclarer à l'autorité administrative sa nouvelle adresse en cas de changement de domicile. Il en résulte qu'alors même qu'il n'aurait pas signalé ce changement aux services compétents, la présentation à une adresse ou il ne réside plus du pli notifiant une décision relative à son permis de conduire et prise à l'initiative de l'administration n'est pas de nature à faire courir à son encontre le délai de recours contentieux. Dans un tel cas, il appartient toutefois au titulaire du permis de conduire de démontrer par tous moyens la date à laquelle il a déménagé.
6. Il résulte de l'instruction que le ministre de l'intérieur produit la photocopie de l'avis de réception postal afférent à la décision " 48SI " dont il se prévaut. Il ressort des mentions portées sur ledit avis que le pli dont il s'agit, envoyé par le " B.N.D.C ", Bureau national des droits à conduire, a été adressé à M. E en recommandé avec accusé de réception n°2C 155 287 5725 1, et a été présenté le 24 août 2020 à l'adresse libellée " 2 allée des deux communes - 91210 Draveil ", adresse habituelle de M. E à cette date. Ce pli sur lequel le facteur a coché par deux fois la case " pli avisé et non réclamé ", est retourné à l'administration accompagné de la date manuscrite. M. E soutient toutefois qu'il n'habitait plus à cette adresse lors de la notification de la décision litigieuse, mais chez Mme A B à l'adresse sise " 20 rue des Ebisoires - 78370 Plaisir " depuis le 16 mars 2020. Il produit à cet effet la copie d'une facture de téléphone en date du 23 avril 2020, une attestation d'hébergement ainsi qu'une copie de la taxe foncière au titre de l'année 2020 mentionnant cette adresse. Toutefois, il est constant d'une part, que ces pièces versées à l'instance couvrent la période antérieure à la notification de la décision " 48SI " et, d'autre part, que le pli retourné à l'administration n'est pas revêtu de la mention " N'habite plus à l'adresse indiquée " (NPAI). A cet égard, s'il apparait d'une part, que le préfet de la Meurthe-et-Moselle connaissait son adresse actuelle par l'envoi d'un courrier en date du 26 janvier 2022 l'informant du fait qu'il ne pouvait bénéficier de l'apport de son stage de sensibilisation à la sécurité routière, en raison de la réception le 24 août 2020 d'une décision " 48SI " et, d'autre part, qu'aucune signature n'est apposée sur l'accusé de réception, il n'en demeure pas moins que le requérant ne fournit aucune information permettant de démontrer qu'il n'a pas été avisé du pli litigieux. M. E ne peut donc se borner à soutenir qu'il n'a pas eu connaissance de la décision " 48SI " le 24 août 2020 sans en apporter la preuve. Dès lors, M. E doit être regardé comme ayant reçu notification de la décision litigieuse, dont il n'est pas contesté qu'elle n'aurait pas été assortie de l'indication des voies et délais de recours.
7. En conséquence la présentation par pli recommandé à l'adresse de M. E le 24 août 2020, de la décision " 48SI " lui notifiant le dernier retrait de points, récapitulant les retraits de points et invalidant son titre de conduite, vaut notification de ces décisions et a fait courir le délai de recours contentieux contre chacune d'entre elles, même si le pli n'a pas été retiré par l'intéressé. Par suite, la requête susvisée enregistrée au greffe du tribunal de céans le 18 février 2022, soit au-delà du délai de deux mois fixé par les dispositions susmentionnées de l'article R.421-1 du code de justice administrative, est tardive et irrecevable.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D E et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
H. C La greffière,
C. ADE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2201119
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026