vendredi 12 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2201181 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | GALLET |
Vu les procédures suivantes :
I Par une requête n°2201181, enregistrée le 22 février 2022, M. B, représenté par Me Gallet, doit être regardé comme demandant au tribunal :
- d'annuler la décision du 13 avril 2021 de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin fixant deux montants pour la même dette à 5 744,97 euros et 5 813,03 euros ;
- d'annuler la notification des modalités de recouvrement du 28 mai 2021 fixant un nouveau montant de dette à 5 460,34 euros ;
- d'annuler la décision explicite par laquelle le président de la Collectivité européenne d'alsace a refusé le 20 septembre 2021 d'annuler la dette de 5 813,03€ suite à sa réclamation préalable ;
- d'annuler la décision explicite de fin de médiation du 30 décembre 2021 ;
- de le décharger de toutes ses dettes ;
- de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin la somme de 2400 euros au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- la décision ne comporte pas le nom prénom et la signature de l'autorité ;
- la caisse d'allocations familiales a méconnu la procédure contradictoire ;
- la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin a commis une erreur de droit et une erreur de fait.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er juillet 2022, la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête comme étant non fondée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2022, la collectivité européenne d'Alsace conclut au rejet de la requête, à titre principale, pour irrecevabilité et, à titre subsidiaire, comme étant non fondée.
II Par une requête n°2201193, enregistrée le 22 février 2022, M. B, représenté par Me Gallet, demande au tribunal :
- d'annuler les décisions de la Caisse d'allocation familiale du Bas Rhin et la décision du 3 janvier 2022 de rejet de la demande de Monsieur B de constater son droit au versement de la prime exceptionnelle de fin d'année de 228,67 euros ;
- de le décharger de toutes ses dettes ;
- d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de rembourser les sommes indument prélevées ;
- de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin la somme de 2 400 euros au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- la décision ne comporte pas le nom prénom et la signature de l'autorité ;
- la caisse d'allocations familiales a méconnu la procédure contradictoire ;
- la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin a commis une erreur de droit et une erreur de fait.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er juillet 2022, la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête comme étant non fondée.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n°2201181 et n°2201193 sont relatives à la situation d'un même requérant et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite il y a lieu de statuer par un seul jugement.
2. La caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin a mis à la charge de M. B par décision du 13 avril 2021 une dette de 5 813,03 euros résultant d'un trop-perçu de revenu de solidarité active pour la période de juillet 2019 à décembre 2020. Par recours administratif préalable le requérant a demandé l'annulation de cette décision auprès de la collectivité européenne d'Alsace. Le président de cette collectivité a rejeté cette demande par décision du 20 septembre 2021. M. B conteste le bien-fondé de sa dette et demande l'annulation de la décision de la Collectivité européenne d'alsace et celle de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin. Il demande également l'annulation de la décision du 30 décembre 2021 de la collectivité européenne d'Alsace mettant fin à la médiation et la décision du 23 mai 2021 de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin fixant les modalités de recouvrement de son indu de revenu de solidarité active.
3. La caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin a mis à la charge de M. B une dette de 228,67 euros d'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année au titre de l'année 2019. Le requérant a contesté cette décision qui a été confirmé par la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin par décision du 3 janvier 2022. Le requérant demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions en annulation de la décision portant fin de médiation :
4. La décision du 30 décembre 2021 par laquelle la collectivité européenne d'Alsace a mis fin à la médiation n'est pas une décision faisant grief au requérant. En conséquence, il n'est pas recevable à en demander l'annulation. Par suite, les conclusions en annulation de cette décision sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions en annulation de l'indu de revenu de solidarité active :
En ce qui concerne la décision du 13 avril 2021 de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin :
5. Aux termes de l'article L.262-47 du code de l'action sociale et des familles : " toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental "
6. Le recours administratif effectué par M. B devant le président de la collectivité européenne d'Alsace contre la décision du 13 avril 2021 de la caisse d'allocation familiale du Bas-Rhin, conformément aux dispositions de l'article L.262-47 du code de l'action sociale et des familles précité, ayant un caractère obligatoire, la décision du 20 septembre 2021 prise par le président de la collectivité européenne d'Alsace à la suite de ce recours s'est substituée à la décision initiale. Par suite, les conclusions dirigées contre la décision du 13 avril 2021 de la caisse d'allocation familiale du Bas-Rhin sont irrecevables et ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
En ce qui concerne la décision du 28 mai 2021 fixant les modalités de recouvrement de l'indu de revenu de solidarité active :
7. Le courrier du 28 mai 2021 de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin, qui ne fait que fixer les modalités de recouvrement de l'indu de revenu de solidarité active et n'est pas un titre de recette, n'est qu'une information envoyée au requérant et n'est donc pas une décision qui lui fait grief. Par suite le requérant n'est pas recevable à en demander son annulation. Les conclusions en annulation de cette décision sont donc irrecevables et doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision du 20 septembre 2021 du président de la Collectivité Européenne d'Alsace :
8. Si le requérant fait valoir que la procédure contradictoire n'a pas été respectée, il résulte de l'instruction qu'il a fait un recours administratif préalable contre la décision de la caisse d'allocations familiales et qu'il a pu s'exprimé tout au long du contrôle de sa situation diligentée par la collectivité européenne d'Alsace pour vérifier sa situation financière. Par suite le moyen tiré de l'absence de procédure contradictoire doit être écarté.
9. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. ". L'article R. 262-6 du même code précise également que : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer () ". De plus, en vertu de l'article R. 262-37 de ce code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".
10. Il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active de 5 813,03 euros mis à la charge de M. B par la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin et dont l'intéressé sollicite l'annulation, provient de la prise en compte des aides régulières qu'il a obtenu de la part de sa famille qui s'élèvent à un montant total de 12 673 euros et de ses revenus foncier d'un montant de 900 euros. Ces revenus devaient être déclarés et pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active. Si le requérant fait valoir que le montant de 5 000 euros versé par sa tante serait un prêt remboursable, il ne le démontre pas par les pièces produites au dossier. Dans ces conditions cette somme devait être considérée comme une libéralité qui devait également être déclarée. En conséquence la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin pouvait prendre en compte ces sommes pour le calcul du revenu de solidarité active et il n'est pas fondé à se plaindre de ce que la collectivité européenne d'Alsace par décision du 20 septembre 2021 a confirmé la décision de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin mettant à sa charge l'indu de revenu de solidarité active contesté.
Sur les conclusions en annulation de l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année au titre de l'année 2019 :
11. Si le requérant fait valoir que la décision du 3 janvier 2022 de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin ne comporte pas le nom et prénom et la qualité du signataire, ce moyen manque en fait.
12. Si le requérant fait valoir que la procédure contradictoire n'a pas été respectée, il résulte de l'instruction qu'il a fait un recours administratif préalable le 8 juillet 2021 contre la décision de la caisse d'allocations familiales en faisant valoir ses observations. Par suite le moyen tiré de l'absence de procédure contradictoire doit être écarté.
13. En vertu de l'article 3 du décret n° 2019-1313 du 10 décembre 2019 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2019, ou, à défaut, du mois de décembre 2019.
14. Il résulte de l'instruction que M. B ne pouvait bénéficier du revenu de solidarité active au mois de novembre et décembre 2019. Dans ces conditions il ne pouvait prétendre au versement de la prime exceptionnelle de fin d'année au titre de cette année. Par suite il n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 3 janvier 2022 de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes n°2201181 et n°2201193 ne peuvent qu'être rejetées y compris, par voie de conséquences, les conclusions à fin d'injonction et au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1. Les requête n°2201181 et n°2201193 de M. B sont rejetées.
Article 2. Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la Collectivité européenne d'Alsace et à la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023
Le magistrat désigné,
H. ALa greffière,
S. AMIRACH
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées chacun en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2201181-2201193
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026