lundi 12 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2201746 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | LE BIGOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mars 2022, Mme A B, représentée par Me Le Bigot, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (Hus) ont rejeté sa demande tendant à obtenir la modification de l'attestation de l'employeur destinée à Pôle emploi établie le 28 octobre 2021 ainsi que la copie des différents contrats à durée déterminée correspondant à son activité auprès de l'EHPAD Bois-Fleuri du 1er mars 2021 au 31 août 2021 ;
2°) d'enjoindre aux Hus de lui communiquer cette attestation modifiée ainsi que les contrats à durée déterminée réclamés, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de condamner les Hus à lui verser la somme de 3 000 euros en réparation de son préjudice moral ainsi qu'une somme à déterminer au titre de son préjudice financier ;
4°) de mettre à la charge des Hus une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a accompli son service jusqu'à son terme et que c'est à tort que l'attestation destinée à Pôle emploi mentionne, au titre de la cession de son emploi, la " rupture anticipée d'un contrat à durée déterminée à l'initiative du salarié " ;
- elle a subi un préjudice moral, qu'il convient de réparer à hauteur de 3 000 euros ainsi qu'un préjudice matériel résultant de sa non-perception de l'allocation d'assurance chômage, qu'elle chiffrera ultérieurement.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 mars 2023, le directeur général des Hus, représenté par Me Magnaval, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les conclusions indemnitaires relatives au préjudice matériel sont irrecevables dès lors qu'elles ne sont pas chiffrées ;
- les conclusions relatives à la communication de ses contrats de travail sont irrecevables dès lors que la requérante ne justifie pas avoir saisi préalablement la commission d'accès aux documents administratifs ;
- les moyens invoqués par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le décret n° 2020-741 du 16 juin 2020 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mohammed Bouzar, rapporteur,
- les conclusions de M. Laurent Guth, rapporteur public,
- et les observations de Me Maroudin-Viramalé substituant Me Magnaval, pour les Hus.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été recrutée par les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (Hus) comme infirmière en soins généraux 1er grade (ISGS) et affectée à l'Ehpad Bois-Fleuri, en vertu d'un contrat conclu le 27 février 2021, pour une période d'un mois à compter du 1er mars 2021, renouvelable sur proposition des Hus lorsque l'agent donne son acceptation dans un délai de huit jours à compter de cette proposition. Mme B, qui a travaillé jusqu'au 31 août 2021, a informé les Hus par un courriel du 19 août 2021 qu'elle ne comptait pas renouveler son contrat. Les Hus ont établi le 28 octobre 2021 l'attestation destinée à Pôle emploi et coché, dans la rubrique n° 5 dédiée au motif de la rupture du contrat de travail, la case 37 intitulée " rupture anticipée d'un contrat à durée déterminée () à l'initiative du salarié ". Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal, à titre principal, d'annuler la décision implicite rejetant ses demandes tendant à modifier cette mention et à obtenir la communication de ses contrats à durée déterminée.
Sur la fin de non-recevoir opposée par les Hus aux conclusions relatives à la communication des contrats à durée déterminée successifs en vertu desquels Mme B a exercé ses fonctions jusqu'au 31 août 2021 :
2. Aux termes de l'article L. 342-1 du code des relations entre le public et l'administration : " La Commission d'accès aux documents administratifs émet des avis lorsqu'elle est saisie par une personne à qui est opposé un refus de communication ou un refus de publication d'un document administratif (). La saisine pour avis de la commission est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux ".
3. Il est constant que Mme B n'a pas préalablement saisi pour avis la Commission d'accès aux documents administratifs de sa demande de communication des contrats à durée déterminée. Par conséquent, ses conclusions d'annulation et d'injonction sont irrecevables et doivent par suite être rejetées.
Sur le surplus des conclusions :
4. D'une part, aux termes de l'article L. 5421-1 du code du travail : " En complément des mesures tendant à faciliter leur reclassement ou leur conversion, les personnes aptes au travail et recherchant un emploi ont droit à un revenu de remplacement dans les conditions fixées au présent titre ". Aux termes de l'article L. 5424-1 de ce code : " Ont droit à une allocation d'assurance, lorsque leur privation d'emploi est involontaire ou assimilée à une privation involontaire ou en cas de cessation d'un commun accord de leur relation de travail avec leur employeur, et lorsqu'ils satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure, dans les conditions prévues aux articles L. 5422-2 et L. 5422-3 : / () / 2° Les agents non titulaires des collectivités territoriales et les agents non statutaires des établissements publics administratifs autres que ceux de l'Etat et ceux mentionnés au 4° ainsi que les agents non statutaires des groupements d'intérêt public ; / () ". Par ailleurs, en vertu de l'article L. 5424-2 du même code, les employeurs publics précités assurent en principe la charge et la gestion de l'allocation d'assurance chômage, sauf décision de leur part de conclure une convention de gestion avec Pôle emploi, afin de lui en confier la gestion. Enfin, aux termes de l'article R. 1234-9 du code du travail : " L'employeur délivre au salarié, au moment de l'expiration ou de la rupture du contrat de travail, les attestations et justifications qui lui permettent d'exercer ses droits aux prestations mentionnées à l'article L. 5421-2 et transmet sans délai ces mêmes attestations à Pôle emploi ".
5. D'autre part, l'article 2 du décret du 16 juin 2020 relatif au régime particulier d'assurance chômage applicable à certains agents publics et salariés du secteur public prévoit que : " Sont considérés comme ayant été involontairement privés d'emploi : / () / 2° Les personnels de droit public ou de droit privé dont le contrat est arrivé à son terme et n'est pas renouvelé à l'initiative de l'employeur ; ". Aux termes de son article 3 : " Sont assimilés aux personnels involontairement privés d'emploi : / () / 2° Les personnels de droit public ou de droit privé ayant refusé le renouvellement de leur contrat pour un motif légitime lié à des considérations d'ordre personnel ou à une modification substantielle du contrat non justifiée par l'employeur ".
6. Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de déterminer si les circonstances dans lesquelles un contrat de travail à durée déterminée n'a pas été renouvelé permettent de l'assimiler à une perte involontaire d'emploi. A ce titre, l'agent qui refuse le renouvellement de son contrat de travail ne peut être regardé comme involontairement privé d'emploi, à moins que ce refus soit fondé sur un motif légitime, qui peut être lié notamment à des considérations d'ordre personnel ou au fait que le contrat a été modifié de façon substantielle et sans justification par l'employeur.
7. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a informé les Hus par un courriel du 19 août 2021 qu'elle ne comptait pas renouveler son contrat qui arrivait à expiration le 31 août 2021. Mme B ne fait état d'aucun motif légitime ayant justifié sa décision de ne pas reconduire son contrat au-delà de son terme. Dès lors, elle ne pouvait être regardée comme privée involontairement d'emploi. Par suite, en l'absence d'autres cases dans l'attestation destinée à Pôle emploi correspondant exactement à sa situation, les Hus ont légalement pu cocher la case n° 37 portant l'intitulé " rupture anticipée d'un contrat à durée déterminée () à l'initiative du salarié ". Il s'ensuit que les conclusions à fin d'annulation de Mme B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à enjoindre aux Hus de modifier l'attestation établie le 28 octobre 2021 destinée à Pôle emploi.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par Mme B doivent également et en tout état de cause être rejetées.
9. Enfin, les Hus n'étant pas la partie perdante, les conclusions présentées par Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées. Par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par les Hus au titre de ces mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par les Hôpitaux universitaires de Strasbourg au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg.
Délibéré après l'audience du 29 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Julien Iggert, président,
M. Mohammed Bouzar, premier conseiller,
Mme Laetitia Kalt, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 12 février 2024.
Le rapporteur,
M. BOUZAR
Le président,
J. IGGERT
Le greffier,
S. PILLET
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026