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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2202241

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2202241

vendredi 5 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2202241
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationJuge Unique
Avocat requérantDOLLÉ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 05 avril 2022, Mme A C, représentée par Me Dollé, demande au tribunal :

1) d'annuler la décision du 13 décembre 2021 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de faire droit à sa demande d'échange de son permis de conduire kosovar contre un titre de conduite français équivalent ;

2) d'enjoindre le préfet de la Loire-Atlantique de procéder à l'échange de son permis de conduire Kosovar contre un titre français, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai déterminé au besoin sous astreinte ;

3) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991.

Mme C soutient que :

- elle a bien déposé sa demande d'échange dans le délai d'un an suivant l'acquisition de sa résidence normale en France, conformément à l'article 4-1 de l'arrêté du 12 janvier 2012 ;

- sa première carte de séjour lui a été délivrée le 22 janvier 2021.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 mai 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête comme non fondée.

Le ministre soutient que :

- Mme C a obtenu son premier récépissé sous le statut de réfugié le 22 janvier 2020, valable du 22 janvier 2020 au 21 juillet 2020 ;

- la demande d'échange de permis de conduire de la requérante a été déposé le 10 mars 2021, soit plus d'un an après l'acquisition de sa résidence en France et est donc tardive.

Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 mars 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Le 10 mars 2021, Mme C a sollicité l'échange de son permis de conduire kosovar contre un titre français. Par une décision du 13 décembre 2021, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de faire droit à sa demande, au motif de la tardiveté du dépôt de sa demande. Par la présente requête, Mme C demande l'annulation de cette décision.

2. Aux termes des dispositions de l'article R.222-3 du Code de la route : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un Etat ni membre de l'Union européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France jusqu'à l'expiration d'un délai d'un an après l'acquisition de la résidence normale de son titulaire. Pendant ce délai, il peut être échangé contre un permis français, sans que son titulaire soit tenu de subir les examens prévus au premier alinéa de l'article D.221-3. Les conditions de cette reconnaissance et de cet échange sont définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière, après avis du ministre de la justice et du ministre chargé des affaires étrangères. Au terme de ce délai, ce permis n'est plus reconnu et son titulaire perd tout droit de conduire un véhicule pour la conduite duquel le permis de conduire est exigé ". Aux termes des dispositions du I et du II de l'article 4 de l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen : " Tout titulaire d'un permis de conduire délivré régulièrement au nom d'un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen doit obligatoirement demander l'échange de ce titre contre un permis de conduire français dans le délai d'un an qui suit l'acquisition de sa résidence normale en France. Pour les ressortissants étrangers non-ressortissants de l'Union européenne, la date d'acquisition de la résidence normale est celle de la remise du premier titre de séjour. Pour les ressortissants bénéficiant d'un visa long séjour valant titre de séjour, la date d'acquisition de la résidence normale est la date de validation du visa au moyen du téléservice prévu par l'arrêté du 13 février 2019 relatif à la validation du visa long séjour valant titre de séjour, ou à défaut celle de la vignette apposée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration sur le premier visa long séjour valant titre de séjour () ". L'article 11 de ce même arrêté dispose que : " Le délai d'un an pour la reconnaissance et la demande d'échange du permis de conduire pour les bénéficiaires du statut de réfugié, pour les apatrides et les étrangers ayant obtenu la protection subsidiaire, court à compter de la date de remise du récépissé de demande de titre de séjour valant autorisation de séjour portant la mention reconnu réfugié ou la mention a obtenu de la protection subsidiaire ou la mention a demandé la délivrance d'un premier titre de séjour bénéficiaire du statut d'apatride ".

3. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que la demande d'échange d'un permis de conduire étranger doit être présentée, dans le délai d'un an qui suit l'acquisition de la résidence normale en France. Ledit délai court pour les ressortissants étrangers non-ressortissants de l'Union européenne, à compter de la date d'apposition de la vignette de l'Office français de l'immigration et de l'intégration sur le visa log séjour.

4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme C a été mise en possession, le 22 janvier 2020, d'un premier récépissé valant titre de séjour, valable du 22 janvier 2020 au 21 juillet 2020. En application des dispositions de l'arrêté du 12 janvier 2012 susvisées, la requérante disposait d'un délai d'un an à compter de l'acquisition de sa résidence en France, soit le 22 janvier 2021, pour demander l'échange de son permis de conduire kosovar contre un titre de conduite français. Ainsi, le 10 mars 2021, date à laquelle il est constant que l'intéressée a sollicité l'échange dudit permis, le délai d'un an prévu à l'article 4 de l'arrêté du 12 janvier 2012 était expiré depuis le 22 janvier 2021. Si Mme C conteste le motif de refus opposé par le préfet, la tardiveté de sa demande d'échange, celle-ci se borne à soutenir que d'une part, elle a sollicité l'échange de son permis de conduire kosovar contre un titre de conduite français après avoir attendu la délivrance de sa première carte de séjour lui intervenue le 22 janvier 2021. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le préfet de la Loire-Atlantique a pu rejeter la demande d'échange de permis de conduire de Mme C, au motif que celle-ci avait été présentée tardivement.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme C tendant à l'annulation de la décision litigieuse du 13 décembre 2021 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E:

Article 1 : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au préfet de la Loire-Atlantique. Copie en sera adressée au centre d'expertise et de ressources titres - échanges de permis de conduire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 août 2022.

Le magistrat désigné,

H. BLa greffière,

V. IMMELE

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2202241

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