jeudi 20 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2202700 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | GUERBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires enregistrés les 22 avril et 2 mai 2022 et le 30 mars 2023, M. A B, représenté par Me Guerbert, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti avec son épouse au titre de l'année 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- sur la procédure d'imposition : les dispositions de l'article L. 50 du livre des procédures fiscales ont été méconnues ; l'administration n'a pas fait suite à sa demande du 9 octobre 2019 de saisir la commission départementale des impôts et des taxes sur le chiffre d'affaires ;
- sur le bien-fondé de l'imposition : la somme de 46 600 euros aurait dû être imposée sur le fondement des dispositions du 2° de l'article 109-1 du code général des impôts et non pas sur celles du c) de l'article 111 de ce code ;
- sur le bien-fondé des pénalités : elles sont contestées par voie de conséquence de la contestation des droits ; l'administration n'établit pas l'intention d'éluder l'impôt.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 21 octobre 2022 et le 12 mai 2023, l'administratrice générale des finances publiques, chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Est, conclut au rejet de la requête.
L'administratrice générale des finances publiques, chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Est fait valoir que les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mohammed Bouzar, rapporteur,
- et les conclusions de M. Laurent Guth, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a fait l'objet avec son épouse d'un examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle (ESFP) portant sur la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016. Il demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti avec son épouse au titre de l'année 2016.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 12 du livre des procédures fiscales : " Dans les conditions prévues au présent livre, l'administration des impôts peut procéder à l'examen contradictoire de la situation fiscale des personnes physiques au regard de l'impôt sur le revenu, qu'elles aient ou non leur domicile fiscal en France, lorsqu'elles y ont des obligations au titre de cet impôt. / () / Sous peine de nullité de l'imposition, un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle ne peut s'étendre sur une période supérieure à un an à compter de la réception de l'avis de vérification ". Aux termes de l'article L. 50 de ce livre : " Lorsqu'elle a procédé à un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle d'un contribuable au regard de l'impôt sur le revenu, l'administration des impôts ne peut plus procéder à des rectifications pour la même période et pour le même impôt, à moins que le contribuable ne lui ait fourni des éléments incomplets ou inexacts ou que l'administration n'ait dressé un procès-verbal de flagrance fiscale dans les conditions prévues à l'article L. 16-0 BA, au titre d'une période postérieure ". Ces dernières dispositions ne font pas obstacle, en cas de vérification portant sur une période couvrant plusieurs années d'imposition, à ce que l'administration procède à des notifications successives concernant des années différentes, notamment lorsque ces notifications ont pour but d'interrompre, au cours de la vérification, la prescription.
3. L'administration a procédé à la notification de deux propositions de rectification, l'une en date du 20 décembre 2018 qui avait pour objet d'interrompre la prescription concernant l'année 2015 et qui ne porte que sur cette année, l'autre en date du 22 juillet 2019, qui concernait l'année 2016. Contrairement à ce que soutient M. B, par la première proposition de rectification du 20 décembre 2018, l'administration n'a procédé à des rectifications de son impôt sur le revenu que pour l'année 2015. Par conséquent, l'administration a pu régulièrement, par la seconde proposition de rectification du 22 juillet 2019, procédé à la rectification de ce même impôt pour l'année 2016. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la procédure d'imposition a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 50 du livre des procédures fiscales.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 59 du livre des procédures fiscales : " Lorsque le désaccord persiste sur les rectifications notifiées, l'administration, si le contribuable le demande, soumet le litige à l'avis soit de la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires prévue à l'article 1651 du code général des impôts () ". Il résulte de l'instruction que les rectifications des bases soumises à l'impôt sur le revenu de M. B, dans le cadre de la procédure de rectification contradictoire, ont porté sur des revenus distribués, taxés dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, matière qui ne relève pas de la compétence de la commission. Dès lors, l'abstention de l'administration de donner suite à la demande de M. B de saisir la commission départementale des impôts et des taxes sur le chiffre d'affaires n'a pas entaché la procédure d'irrégularité.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
5. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / () / c. Les rémunérations et avantages occultes ; ".
6. L'administration a relevé dans la comptabilité de la SARL Install'Réseaux, dont M. B est le gérant, l'inscription d'un paiement de 46 600 euros le 21 décembre 2016, par le débit du compte fournisseur de la société " Fiber One " avec pour intitulé " collectif fournisseur-Fiber One " et pour motif " prestation de secrétariat ". Elle a également relevé qu'aucune charge relative à des prestations administratives n'avait été enregistrée dans les comptes de la société Install'Réseaux. Par ailleurs, il est apparu, dans le cadre de l'assistance administrative internationale avec le Luxembourg, que le virement de la somme de 46 600 euros n'apparaît pas dans le compte client " Install'Réseaux " de la société Fiber One. Enfin, l'administration a relevé sur les extraits bancaires que le compte bénéficiaire du virement est un compte bancaire personnel de M. B, hébergé au Luxembourg et non déclaré. L'administration a dès lors regardé cette somme comme un avantage occulte au profit de ce dernier.
7. M. B soutient que le virement du 22 décembre 2016 sur son compte bancaire procède d'une erreur de manipulation, les références de son compte personnel figurant sous celles du compte de la société Fiber One. Il soutient également qu'il a, dès le 31 janvier 2017, procédé en conséquence à un nouveau virement de cette même somme depuis son compte personnel sur le compte bancaire de la société Fiber One et qu'il a encore commis une nouvelle erreur en créditant cette somme sur son compte courant d'associé détenu auprès de cette société. Enfin, il soutient que cette nouvelle erreur a été corrigée et suivie du dépôt le 14 mai 2019 auprès des services fiscaux luxembourgeois des déclarations 2016 et 2017 rectifiées. Cependant, il n'en demeure pas moins, en tout état de cause, que pour l'imposition de ses revenus au titre de l'année 2016, la somme de 46 600 euros a été virée sur son compte bancaire personnel, détenu au Luxembourg, compte non déclaré contrairement aux exigences de l'article 1649 A du code général des impôts. Peu importe à cet égard la circonstance alléguée qu'il n'aurait pas retiré cette somme. Dès lors, c'est à bon droit que l'administration a imposé cette somme sur le fondement des dispositions précitées du c) de l'article 111 du code général des impôts.
Sur le bien-fondé de la majoration de 40% :
8. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ; ". Aux termes de l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs, de la taxe sur la valeur ajoutée et des autres taxes sur le chiffre d'affaires, des droits d'enregistrement, de la taxe de publicité foncière et du droit de timbre, la preuve de la mauvaise foi et des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration ".
9. D'une part, il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander la décharge des majorations qui lui ont été appliquées par voie de conséquence de sa contestation des droits.
10. D'autre part, pour établir le manquement délibéré de M. B, l'administration fait valoir que l'intéressé ne pouvait pas ignorer, en sa qualité de gérant de la société distributrice, l'existence d'un avantage occulte résultant du virement de la somme de 46 600 euros sur son compte bancaire personnel luxembourgeois, compte bancaire par ailleurs non déclaré à l'administration fiscale, contrairement aux exigences de l'article 1649 A du code général des impôts. M. B, qui ne peut utilement se prévaloir des éléments de régularisation auxquels il prétend avoir ultérieurement procédé, pour les motifs exposés au point 7 n'est pas fondé à soutenir que l'administration n'établit pas son intention d'éluder l'impôt.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de décharge présentées par M. B doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié M. A B et l'administratrice générale des finances publiques, chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Est.
Délibéré après l'audience du 19 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Julien Iggert, président,
M. Christophe Michel, premier conseiller,
M. Mohammed Bouzar, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juillet 2023.
Le rapporteur,
M. BOUZAR
Le président,
J. IGGERT
Le greffier,
S. PILLET
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026